Une première pour l'Ontario français

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Une première pour l\'Ontario français

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Geneviève Pilon aura la chance de représenter l'Ontario à Paris, en juillet, dans le cadre du Parlement francophone des jeunes, au grand plaisir du député de Glengarry-Prescott-Russell,  Jean-Marc Lalonde.

Jean-François Dugas, Le Droit

Jean-François Dugas
Le Droit

Pour la toute première fois de son histoire, l'Ontario siégera au Parlement francophone des jeunes (PFJ) et deux étudiants de l'Université d'Ottawa représenteront la province à l'événement bisannuel international cet été, notamment une Franco-Ontarienne de Clarence Creek, dans l'Est ontarien.

Geneviève Pilon attend avec impatience de mettre le cap sur Paris afin de participer à la cinquième session du PFJ, qui se déroule du 4 au 6 juillet.

 

«C'est certain que c'est un honneur de représenter la communauté francophone de l'Ontario au sein de la francophonie internationale. J'ai vraiment hâte et je me considère privilégiée parce que c'est une expérience unique qui va contribuer à élargir mes horizons.»

La décision de créer le PFJ remonte au Sommet de Moncton, qui a réuni, en septembre 1999, les chefs d'État et de gouvernements de l'Assemblée parlementaire de la francophonie (APF). La première session a eu lieu à Québec en 2001. Ont suivi ensuite celles au Niger, en Belgique et au Gabon à deux années d'intervalle.

Un combat de longue date

Le défi d'assurer la place de l'Ontario au PFJ de 2009 a été un travail long et ardu.

Pas facile d'effacer le stéréotype à l'effet que cette province est strictement anglaise, alors que 600000 francophones et environ 1,3 million de francophiles y habitent. «Nous sommes en milieu minoritaire. Au Québec, il a fallu qu'ils se battent dans les années passées, tandis que nous autres, c'est encore un combat. Si on veut prendre notre place, on a intérêt à se faire connaître», soutient Geneviève Pilon.

Bref, le combat dure depuis quelques années. Un des généraux de cette bataille se nomme Jean-Marc Lalonde, député provincial de Glengarry-Prescott-Russell.

«C'est très important pour nous d'être reconnu. Trop souvent, les gens sont surpris de voir que le français est parlé en Ontario. Il fallait démontrer qu'on vit en français chez nous», dit-il.

Pour faire avancer sa cause, il a même fondé un parlement jeunesse en province. Depuis trois ans, un représentant de chacune des 72 écoles secondaires francophones de l'Ontario siège à Queen's Park.

Une participation au PFJ s'avérait donc toute une tribune pour l'Ontario sur la scène internationale. Il fallait à tout prix éveiller la communauté mondiale à l'existence des Franco-Ontariens,

« Nous ne pouvions pas participer au parlement jeunesse parce que pour y être présent, il fallait être reconnu par l'Organisation internationale de la francophonie (OIF) et l'Ontario n'était pas membre», explique le député.

M.Lalonde a commencé son lobbying auprès de l'OIF dès 2002, lors d'un sommet de la francophonie à Beyrouth, au Liban.

«Nous voulions absolument rentrer dans l'OIF, mais c'est le Québec qui nous bloquait. Ils s'appuyaient sur plusieurs critères, tels l'absence de conseils scolaires francophones et de la télévision française, pour s'opposer à notre adhésion. Or, nous avons cela en Ontario!», s'exclame M. Lalonde.

Réussite

Finalement, la bonne nouvelle est tombée le 22 janvier dernier, lors d'une réception organisée conjointement par l'ambassade du Canada et l'ambassade de la France, aux Nations unies, à New York.

«Un responsable de l'organisation du PFJ pour l'OIF m'a approché pour me confirmer que l'Ontario avait sa place», explique M. Lalonde avec un large sourire.

Malgré l'euphorie de la réussite, on était tenu d'agir vite. Les candidatures des deux représentants ontariens devaient être acheminées à l'OIF à la mi-février pour leur approbation finale.

L'étudiant en sciences de la santé originaire de North Bay, Marc Veilleux, et Geneviève Pilon, étudiante à la Faculté de Droit de l'Université d'Ottawa ont été sélectionnés pour l'aventure.

Fonctionnement du PFJ

Rendus sur place, les deux représentants vivront une expérience calquée sur la réalité.

Le PFJ fonctionne comme un véritable parlement. Son objectif est l'adoption de quatre textes abordés en commission, qui seront ensuite présentés à l'issue de l'assemblée plénière de l'APF, puis au Sommet des chefs d'État.

Les sujets abordés en comités de travail auront pour thème les enfants soldats, le travail des enfants, les jeunes et les partis politiques, ainsi que les conséquences sociales (crise alimentaire, crise financièreetc.) sur la jeunesse.

«J'espère que notre travail va être productif et que ce qu'on va apporter à la table va définitivement être pris en considération et pas juste être mis sur une étagère», indique Geneviève Pilon.

D'ailleurs, ayant déjà un baccalauréat dans le domaine de la mondialisation, la représentante ontarienne estime que la jeunesse a sa place sur la scène mondiale.

«Je trouve que c'est pertinent d'avoir le point de vue de notre génération. Notre génération commence de plus en plus à développer une conscience vis-à-vis des enjeux internationaux. On veut s'impliquer davantage et on a certainement notre mot à dire.»

 

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