Né à Moncton d'une mère wallonne et d'un père iranien, le fondateur de la société Bfinance basée à Londres n'avait que six mois quand ses parents ont décidé de lui troquer les homards du Nouveau-Brunswick pour la queue de castor ottavienne!
Après des études en mathématique financière à l'Université Western Ontario, l'appel du large se fait sentir. «Je voulais voir l'Europe», se remémore le jeune homme d'affaires. Il aboutit alors au très sélect INSEAD (Institut européen d'administration des affaires) de Fontainebleau près de Paris pour un MBA.
Puis il y a 10 ans, après avoir travaillé quelque temps à New York et à Paris, David Vafai créait sa boîte. Depuis, avec sa conjointe française et leurs trois enfants, il navigue, quand il vient en vacances à Ottawa voir sa mère, entre les eaux du lac Philippe dans le parc de la Gatineau et celles du milieu financier londonien!
Faire des affaires en Europe
À la tête d'une entreprise comptant près de 75 personnes regroupées principalement à Londres et Paris mais également à Montréal, Toronto, Milan et Munich, Bfinance se spécialise dans la recherche de financement banquier pour de prestigieux clients répartis dans une vingtaine de pays.
En clair, cela signifie que la société accompagne ses clients dans toutes les étapes de leurs opérations financières et bancaires pour en accroître l'efficacité et la rentabilité. Parmi les clients de Bfinance, on compte notamment ÉDF (Électricité de France), la pétrolière Total ou encore la Suédoise Alstom. Des clients québécois? L'Université Concordia et Desjardins pour leurs fonds de pension respectifs.
Miser sur l'humain
Après avoir axé au début leur modèle d'affaires sur la plate-forme d'Internet, David Vafai et ses collaborateurs se sont finalement rendu compte que «les gens ne vont pas nécessairement sur Internet pour faire leur marché financier. Bien sûr qu'on utilise des moteurs de recherche. Mais on s'est davantage tourné maintenant vers une relation d'homme à homme.»
Difficile de parler à un businessman sans aborder la question de la crise d'éthique qui entache le secteur financier. David Vafai estime que ce qui s'est passé récemment avec toutes les affaires de fraude comme celle de l'Américain Bernard Madoff relève d'une question de mentalité. «Dans la chaîne économique, c'est clair certaines gens avaient des intentions malsaines.»
Quant à la crise, selon lui, elle était prévisible en raison du fait que les valeurs immobilières ont progressé plus rapidement que la croissance du PIB. «En Angleterre, j'ai vu des gens qui hypothéquaient leur maison jusqu'à 120% du prix. Et les banques finançaient cela...»
Bfinance 10 ans plus tard
Si la situation économique actuelle est difficile, elle aura tout de même permis à David Vafai et ses associés de racheter l'ensemble des parts de Bfinance à l'occasion du 10e anniversaire de la compagnie. «Nos actionnaires de départ avaient envie de se retirer. La conjoncture était propice à ce rachat. Maintenant, 100% des employés ont des actions ou des bons de souscription d'actions. C'est super positif.»
Après avoir célébré à Marrakech avec tous ses employés les 10 ans de Bfinance, M.Vafai a les yeux tournés vers l'Asie et le Moyen-Orient pour développer de nouveaux marchés.
Et à travers tout ça, existe-t-il pour ce francophone d'Ottawa une place pour une certaine identité franco-ontarienne? «Bien sûr que je me sens un peu Franco-Ontarien même si parfois je me trouve plutôt citoyen du monde. J'ai quand même grandi ici et j'en garde de bons souvenirs...»










