Et ce sacre permettra au Franco-Ontarien natif d'Orléans de représenter son pays sur l'échelle internationale aux championnats du monde disputés le 25juillet prochain aux États-Unis. Mais au-delà de ces succès, cette histoire manifeste l'amour entre un père et son fils.
Roger Roy n'a jamais tenté de dissuader sa progéniture de pratiquer un sport. Comme tout bon père, il s'intéresse aux passions de son fils au lieu d'imposer les siennes. Sans savoir dans quoi il s'embarque, il s'y lance à pieds joints, par pur amour.
«Je me suis dit: 'Ça y est, je suis pogné'«, se rappelle le paternel avec humour.
Les débuts
L'intérêt pour cette nouvelle discipline a pris naissance tout bonnement.
«On a regardé un film de boîte à savon. À la fin du film, j'ai demandé à mon père si on pouvait en faire. Il a accepté et l'année suivante on a fait une course de boîte à savon», explique le petit bonhomme de 10 ans.
Véritable élément de déclic, Miracle sur la deuxième ligne (Miracle in Lane 2), un film de Disney, fait en sorte que le duo part à la découverte du monde inconnu des boîtes à savon.
Malgré les recherches de Roger Roy, l'absence de pistes appropriées est flagrante dans la région, tant à Gatineau qu'à Ottawa. Les premières descentes d'Alexandre, alors âgé de sept ans, se produisent donc dans une place plutôt inusitée: un stationnement d'un poste de police d'Orléans...
Plus tard, les deux complices se mesureront à d'autres compétiteurs dans la région de Toronto. Le père est omniprésent à chaque étape de l'aventure.
Accidents de parcours inclus, Alexandre développe ses habiletés petit à petit. Car il faut le souligner, la différence au fil d'arrivée en millième de secondes se joue en fonction des talents du pilote et de ses connaissances des nombreux éléments qui entrent en ligne de compte.
Et croyez-le ou non, tous les éléments entrent en jeu quand vient le temps de déterminer la vitesse d'une piste. Vent, soleil, nuages, période de la journée: tous ces facteurs jouent un rôle prépondérant au moment ou on dévale une pente de quelque 300 mètres entre 50 à 60km/h.
Histoire de famille
Au fil des ans, Roger Roy a continué à s'investir coeur et âme. C'est loin d'une corvée pour assurer le plaisir de l'aîné de ses fils. Et voilà maintenant que le cadet, Félix-Olivier, sept ans, a lui aussi la piqûre. Il pratique désormais le sport depuis deux ans.
«C'est une histoire de famille. C'est un beau sport familial. On ne met pas de pression sur les enfants. On fait cela pour qu'ils s'amusent et s'ils gagnent, c'est un bonus», mentionne M.Roy.
Ce dernier risque donc de se lever à 4h et faire 3h30 de route sur une base régulière pour encore une dizaine d'années afin de se rendre à la seule piste réglementaire du Canada, à Peterborough, pour que ses jeunes pratiquent leur art.
Championnat mondial
C'est justement à cet endroit qu'Alexandre a remporté le titre de champion canadien de la classe Super stock le mois dernier. En mai, il avait battu de justesse la championne en titre pour se qualifier. «J'ai fait deux courses cette année et j'ai gagné les deux», se félicite-t-il.
Il sera donc l'un des trois coureurs qui représenteront le Canada aux Championnats mondiaux dans différentes classes à Akron, en Ohio.
«J'ai hâte. Aux États-Unis, il y aura environ 600 jeunes. Ici, on est deux en même temps, là-bas c'est trois en même temps (qui font la course)», s'émerveille-t-il déjà.
Le clan Roy quitte dimanche pour le grand événement. Même si la course n'a lieu que le samedi suivant, une semaine de festivités et de préparation souligne le grand jour. C'est un peu la semaine du Super Bowl, version boîtes à savon.
Le bolide d'Alexandre sera donc sur place bien avant la compétition, comme ceux de ses compétiteurs venus des États-Unis, d'Asie et d'Europe.
Alexandre pourrait bien vivre son «miracle sur la deuxième ligne.» Comme dans son film préféré. Chose certaine, père et fils devraient vivre des moments inoubliables.











