Les délégués de ces établissements se sont donnés comme mission de défendre le droit des jeunes de l'Ontario d'étudier entièrement en français dans le programme et la région de leur choix. Un défi qui n'est pas mince à relever, compte tenu de l'offre de programme actuelle.
«Oui, les Franco-Ontariens sont bilingues, mais on exige la même accessibilité que nos collègues anglophones à des cours, des profs et des manuels de qualité», martèle Alain Dupuis, coprésident de l'organisation.
Pour le RÉFO, il s'agit simplement d'une question d'équité. «Lorsqu'on sort du secondaire, les collèges et universités font miroiter l'éducation de langue française pour attirer les jeunes. Or, souvent, il est impossible d'effectuer 100% de son programme dans sa langue, car il n'y a pas suffisamment de cours offerts. Encore en 2009, nombre d'étudiants doivent à contrecoeur apprendre en anglais pour compléter leur diplôme», illustre M.Dupuis.
Cette situation a cours même à l'Université d'Ottawa, où il n'est pas rare de devoir prendre plus d'un cours en anglais pour compléter sa dernière année de formation. «Quand on parle de domaines comme le génie, où le jargon est assez complexe, c'est la meilleure façon d'encourager des francophones à étudier en anglais», dit M.Dupuis.
Le commissaire aux services en français de la province, François Boileau, salue la création du RÉFO. Il souligne qu'il existe un certain flou juridique au sujet de l'accès à l'éducation postsecondaire dans la langue de la minorité. «Certains juristes estiment que les clauses de la Charte canadienne des droits et libertés portant sur l'éducation primaire et secondaire peuvent aussi concerner l'accès au postsecondaire. C'est intéressant, quoique cela n'ait jamais été démontré devant les tribunaux», note-t-il.
Le RÉFO souhaite par ailleurs la création de nouveaux programmes en français dans les disciplines où il n'en existe pas en Ontario, comme en architecture et en dentisterie. Me Boileau croit cependant qu'à défaut d'être tout à fait identique à ce qui se fait en anglais, l'offre en français peut se faire autrement. «S'il n'y a pas de demande suffisante ici, le gouvernement pourrait réserver des places en architecture pour les Franco-Ontariens à l'extérieur de la province», avance-t-il.
Le REFO aimerait aussi que la province mette sur pied un programme de transfert de crédits afin de permettre aux étudiants francophones de migrer plus facilement d'un établissement à un autre, surtout si certains cours ne peuvent être complétés en français dans le lieu d'origine. «La mobilité est difficile en Ontario. Un étudiant de Hearst qui veut venir étudier à Ottawa devra souvent reprendre une année complète de son bac. Dans un contexte où il n'y a pas une complétude de programmes en français, cela pourrait faciliter la poursuite des études», avance M.Dupuis.
À l'assemblée de Sudbury, les représentants présents ont élu un conseil d'administration formé de trois coprésidents et de onze délégués des collèges et universités. Près du tiers des élus proviennent de l'Université d'Ottawa. Avec ses 11000 étudiants francophones, l'université s'accapare à elle seule la moitié des étudiants francophones de la province.
«Quand on habite Ottawa, l'accès à l'enseignement en français peut sembler acquis, reconnaît M.Dupuis. Mais c'est beaucoup moins évident pour les jeunes de Windsor, de Brampton, de Peterborough.»
Collèges et universités francophones ou bilingues de l'Ontario
Le Campus d'Alfred de l'Université de Guelph
La Cité collégiale
Le Collège Boréal
Le Collège Glendon de l'Université York
L'Institut des études pédagogiques de l'Ontario de l'Université de Toronto
Le Collège dominicain, et les universités de Hearst, d'Ottawa, de Sudbury, Laurentienne et St-Paul.
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