Jérôme Tremblay, l'ami de la jeunesse

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La communauté francophone de l'Ontario a surnommé Jérôme... (Courtoisie)

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La communauté francophone de l'Ontario a surnommé Jérôme Tremblay, «l'ami de la jeunesse».

Courtoisie

 

Denis Gratton
Le Droit

La communauté francophone de l'Ontario l'a surnommé «l'ami de la jeunesse». Et avec raison.

Quand Jérôme Tremblay a pris sa retraite en 1994 de son poste de directeur de l'école Charlotte-Lemieux, dans l'ouest d'Ottawa, il a décidé de se donner une deuxième «carrière» pour venir en aide aux enfants et aux familles francophones dans le besoin.

Pour ce faire, il a créé bénévolement en moins de quatre ans la Coopérative Ami Jeunesse, un organisme qui depuis maintenant 11 ans offre gratuitement de la nourriture, des vêtements, de l'ameublement et du matériel scolaire aux familles francophones d'Ottawa qui vivent sous le seuil de la pauvreté.

 

En 1998, année de sa fondation, la Coopérative Ami Jeunesse est venue en aide à 75 familles et 188 enfants. Dix ans plus tard, en 2008, cet organisme a tendu la main à 1564 familles et 4521 enfants. Et le nombre de bénéficiaires ne cesse de croître.

«Quand j'étais directeur de l'école Charlotte-Lemieux, j'ai vu tellement de pauvreté, ça n'avait pas de bon sens, raconte M.Tremblay. Il y avait une vague d'immigrants qui arrivaient et la majorité de ces gens étaient très pauvres. Les enfants arrivaient à l'école en hiver sans bottes aux pieds et sans mitaines aux mains. Beaucoup de parents ne pouvaient payer le matériel scolaire nécessaire. C'était vraiment triste. Alors quand j'ai pris ma retraite, je me suis dit que j'allais faire quelque chose pour aider ces enfants. J'ai donc créé la coopérative Ami Jeunesse, et je suis encore le président de cet organisme», d'ajouter l'homme de 73 ans.

M.Tremblay a dû cogner à plusieurs portes pour obtenir de l'aide dans la création de «sa» coopérative. Et c'est enfin à la Caisse populaire Champlain qu'il a trouvé l'aide financière nécessaire pour démarrer son projet.

«J'ai demandé aux dirigeants de la Caisse: qu'est-ce que vous diriez si on aidait les enfants pauvres? Et quelqu'un a répliqué: «il n'y en a pas dans ce coin-ci», se souvient M.Tremblay. Alors j'ai fait le tour des écoles francophones de l'Ouest d'Ottawa, on a fait un sondage, et les gens à la Caisse étaient estomaqués de voir les résultats. Ce sont 20000 enfants francophones de l'Ouest d'Ottawa qui vivent sous le seuil de la pauvreté. Un sur cinq. Alors la Caisse Champlain a embarqué et c'est grâce à son aide financière qu'Ami Jeunesse a vu le jour.

«Je suis très fier de cette réussite, poursuit M.Tremblay. J'ai toujours travaillé pour les enfants dans le besoin, pour la jeunesse. Les enfants sont l'avenir de notre communauté, on ne peut pas les laisser tomber.»

Originaire de Mattawa, dans le Nord de l'Ontario, Jérôme Tremblay est venu s'établir à Ottawa en 1981. Et il s'est impliqué au sein des organismes franco-ontariens de la région dès son arrivée. «La francophonie me tient à coeur depuis toujours», dit-il, lui qui a fondé en 1963 «Les Compagnons des francs loisirs», à North Bay, un organisme qui a fêté ses 46 ans cette année.

Honoré pour son engagement et son dévouement par d'innombrables organismes francophones d'Ottawa, dont l'ACFO et l'Hôpital pour enfants de l'Est de l'Ontario, M.Tremblay ne songe même pas à sa retraite, malgré ses 73 ans.

«Tant que ma santé tiendra le coup, je serai là, lance-t-il. Je donne 30heures de bénévolat par semaine à Ami Jeunesse et je ne compte pas diminuer ces heures. Les demandes d'aide ne cessent d'augmenter, donc mon équipe et moi devons y voir. Mais je prends une petite pause cette semaine, je quitte pour la chasse à l'orignal à mon chalet de Mattawa. Quelques jours dans le bois suffisent pour refaire le plein», conclut-il en souriant.

 

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