Deux ex-enseignantes en mission

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Christiane Vinet et Raymonde Malette ont trimé trois... (Jean-François Dugas, Le Droit)

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Christiane Vinet et Raymonde Malette ont trimé trois ans sur Les murs de mots, un livre qui propose une méthode originale pour élargir le vocabulaire des jeunes. Et ce n'est qu'une première étape pour les deux jeunes retraitées.

Jean-François Dugas, Le Droit

Jean-François Dugas
Le Droit

Christiane Vinet et Raymonde Malette savourent les mots de la langue de Molière depuis longtemps. Très longtemps même. Mais les enseignantes se désolent d'une tangente grandissante: la déficience du vocabulaire de plusieurs jeunes francophones. Elles ont agi pour renverser la vapeur.

«Nous travaillions en littératie depuis 10-15 ans et nous avons constaté que les enfants ne possédaient pas de vocabulaire. Nous nous sommes dit que nous ferions un projet ensemble», explique MmeMalette.

 

Une fois l'heure de la retraite venue, en s'appuyant sur leur trentaine d'années d'expérience en enseignement, les deux professeures ont créé un outil pédagogique unique en son genre pour rectifier le tir.

Le livre Les murs de mots qui sera lancé demain après-midi à l'École élémentaire catholique Sainte-Félicité de Clarence Creek, dans l'Est ontarien est le résultat de trois ans de travail acharné.

Le bouquin offre notamment 43 jeux qui permettent aux jeunes d'acquérir un meilleur vocabulaire. Il fournit aussi des exemples de «murs de mots»: un professeur est encouragé, littéralement, à inscrire des mots à la vue de tous sur un carton, le tableau ou autre , pour faciliter leur rétention.

«Selon les spécialistes, on doit voir un mot 20 fois avant de le retenir», avance MmeMallette.

Impressionné par l'idée, c'est le plus important éditeur francophone nord-américain dans le domaine de l'éducation, La Chenelière, qui a endossé leur projet.

«C'est la première fois au Canada qu'il y a une telle ressource didactique pour les professeurs francophones. Ils n'ont aucune ressource du genre. Ils doivent partir de zéro et ils n'ont tout simplement pas le temps. Du côté anglophone, il y a une tonne de ressources», signale MmeVinet.

Au service de la francophonie

Le duo utilise aussi d'autres moyens pour améliorer le rendement scolaire des jeunes. «Animées par la pédagogie», elles ont mis sur pied une entreprise pour offrir des CAP des Communautés d'apprentissage professionnel sur mesure au sein des écoles.

Les CAP se veulent essentiellement des réunions entre les intervenants d'une école pour améliorer le rendement des élèves.

«Les CAP sont en train de mourir dans les conseils scolaires. Pour rendre les CAP autonomes, nous voyons la nécessité de démarrer et accompagner des CAP faits sur mesure. Nous sentons aussi le besoin d'aller de l'avant avec un deuxième livre qui serait une ressource pédagogique pertinente», souligne MmeVinet, qui a participé autrefois à la mise sur pied de CAP au sein du Conseil scolaire de district catholique de l'Est ontarien (CSDCEO).

En prenant les rênes de telles réunions, MmeVinet et Mallette espèrent donner un répit aux directions d'écoles et aux jeunes enseignantes, souvent débordés de travail ou inexpérimentés dans la matière.

Un véritable travail de moine

Avides de transmettre l'amour des mots à la prochaine génération, les deux enseignantes ont entrepris un travail de moine afin de catégoriser tous les livres de littérature jeunesse, selon les 18 niveaux de lecture identifiés par le ministère de l'Éducation de l'Ontario, au sein de différentes bibliothèques scolaires.

«Nous avons gradué 25 bibliothèques complètes au CSDCEO. Ou près de 13000 titres, selon notre liste, souligne MmeMalette. Encore une fois, les professeurs n'ont pas le temps d'effectuer un tel travail. Des parents bénévoles doivent le faire.»

Ou des enseignantes à la retraite prêtes à donner un coup de pouce. «Il faut aller chercher l'expertise là où elle se trouve», propose MmeMalette.

 

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