L'événement a rassemblé tout près de 700 personnes, à l'auditorium de l'école secondaire publique De La Salle. Le diplômé de la concentration Théâtre de l'établissement y présentait la première de son spectacle dans le cadre du Tournoi franco-ontarien de volley-ball féminin. D'ici quelques mois, il espère partir en tournée, dans diverses communautés francophones de l'Ontario, afin d'y présenter son numéro.
«Pour moi, c'est un exutoire d'être sur scène. Faire un show, ça ne sert pas qu'à divertir, mais aussi à réfléchir, et à faire réfléchir», dit-il.
Le spectacle, entièrement conçu, produit et réalisé par le jeune talent - entre deux quarts de travail chez The Works - aborde des sujets qui lui sont chers, mais qui concernent tous les jeunes de son âge: la recherche du sens de la vie... et de l'amour.
«Quand j'ai commencé à écrire, je ne savais pas trop vers quoi je m'orientais. J'étais célibataire, je venais de terminer le secondaire, je ne comprenais pas les filles qui ne me comprenaient pas, et je me posais des questions. Puis, je me suis rendu compte que je réfléchissais peut-être trop.» Cette hyperréflexion fait d'ailleurs l'objet de l'un des numéros du spectacle, ou le «vrai» Bisaillon discute avec une version préenregistrée de lui-même.
Identité franco omniprésente
Immanquablement, l'identité franco-ontarienne occupe une certaine place dans le spectacle de L'Incompris. «C'est un peu ironique, j'ai toujours vécu en Ontario, dans un monde anglais, mais mon anglais n'est pas si bon que ça. Pour tout dire, je ne m'étais pas rendu compte de l'aspect «typiquement franco-ontarien» de mon spectacle jusqu'à tout récemment, dit-il. Mais plusieurs de mes personnages roulent leur «r» comme le font les gens de Sudbury. Et ma propre identité teinte mon spectacle.»
Mais Alex Bisaillon se garde de bien de décrire son spectacle d'humour comme une comédie franco-ontarienne. Au contraire. Avec L'Incompris, le jeune homme espère percer à Montréal, et fouler un jour les planches du Gala Juste pour Rire.
École nationale de l'humour
Après avoir étudié le théâtre pendant quatre ans, le jeune homme ressentait le besoin d'être lui-même sur scène. C'est ce qui l'a mené à monter un premier spectacle, puis un deuxième. Un DVD de certains de ses numéros est d'ailleurs en production, et devrait être mis en vente sur le site www.alexbisaillon.com au mois de mars.
«Tout ça, je le fais avec un objectif en tête: poser ma candidature à l'École nationale de l'humour.» L'institution montréalaise est en quelque sorte un passage obligé pour ceux qui aspirent à devenir humoristes en français, au Canada.
Alex Bisaillon souhaite un jour être le «Patrick Groulx de De La Salle». L'humoriste, chanteur et comédien a grandi à Ottawa, étudiant notamment au Collège catholique Samuel-Genest. «C'est quelqu'un que j'admire énormément, notamment parce qu'il était un outsider quand il est arrivé sur la scène québécoise de l'humour. Je m'en vais (à Montréal) sans rien connaître ni personne, mais avec l'intention de les convaincre que j'ai ce qu'il faut pour étudier à l'École.»
À suivre...











