Celui que l'on surnomme «Charlie», a vécu toute sa vie à Clarence Creek, dans l'Est ontarien. Aujourd'hui directeur général et grand manitou des Castors de Clarence de la Ligue de hockey junior B de l'Est ontarien, il s'implique au sein de l'organisation depuis 1983.
Bref, il est le visage du club. Une sorte de Charles Henry ou Brian Kilrea, sans leur notoriété, toutefois. Comme eux, le hockey domine sa vie.
«C'est comme une drogue dont je ne peux pas me passer, avoue-t-il. Ça fait des années que je dis que je vais lâcher mais je suis un accroc. J'ai besoin de ma piqûre.» Si on ajoute ses six années au sein du hockey mineur de 1978 à 1983, ce sont 33 années qu'il consacre au sport. Ce dévouement attire l'attention.
Lavictoire figure au nombre des 16 «héros méconnus» francophones de l'Est ontarien qui ont été honorés par la province de l'Ontario, hier soir, à Saint-Isidore.
Et dire qu'il manquait un match des séries une chose impensable contre l'ennemi juré Ottawa Ouest hier pour récolter son prix...
Jean-Charles Lavictoire n'a jamais pratiqué d'autres activités d'hiver tel que le ski, la pêche sur glace ou la motoneige. «Le hockey a pris toute la place.»
Lavictoire n'a jamais cherché à trouver refuge dans le sud non plus. «Je n'ai jamais passé une semaine de congé en Floride. J'avais trop peur de négliger le hockey.»
Pour les jeunes
Au fil des ans, il en a vu bien des jeunes défiler sous ses yeux.
À 16 ans, un certain Benoît Pouliot, maintenant membre du Canadien de Montréal, enfilait le chandail des Castors.
C'est justement ce goût de travailler avec les jeunes et de suivre leur évolution qui le démarque à titre de bénévole. «C'est ma plus grande fierté de pouvoir éloigner les jeunes du trouble et de les garder loin de la rue.»
Ses efforts ont été remarqués et notés.
«Charlie a toujours été là pour les jeunes. Son but premier a toujours été de développer de bons jeunes joueurs et de les voir se rendre loin, que ce soit dans la vie ou dans le sport», affirme Sébastien Laplante, ancien assistant au capitaine des Castors et actuel entraîneur adjoint du club de Clarence Creek.
«Il a été un mentor pour moi et après toutes ses années. J'ai appris beaucoup de cet homme pour l'avoir côtoyé pendant huit ans. Sa passion restera à jamais graver dans ma mémoire et dans mon coeur. Il aime ce qu'il fait et cette énergie est contagieuse.»
Un tel hommage vaut son pesant d'or. Médaille ou non.











