Il aurait été impensable de refuser un tel mandat, dit celle qui a oeuvré pendant plusieurs décennies tant à la haute fonction publique qu'à Radio-Canada.
«Mon père a milité longtemps à l'exécutif de l'ACFÉO, à partir des années 1940. Il a été membre fondateur du club Richelieu de Sudbury, de la Caisse populaire de Sudbury... Au-delà de la communauté, c'est donc très personnel de rendre hommages à ceux qui ont contribué aux progrès de l'Ontario français depuis 100 ans», dit-elle. Et puis, le tout premier président de l'ACFÉO était sénateur, après tout...
Aujourd'hui comme hier, la distance qui sépare les différentes collectivités francophones demeure un obstacle, estime-t-elle. «Il y a le téléphone et le courriel, oui, mais au-delà des communications personnelles, au-delà des groupes comme l'AFO, nous devons disposer d'institutions fortes.» En ce sens, l'autonomie accordée par la province à TFO en 2006 marque un progrès.
«Montfort a pu répliquer au gouvernement (progressiste-conservateur ontarien), car elle disposait d'une armée de militants, et de moyens de communication pour agir. La population de Windsor n'avait pas ces outils quand on leur a enlevé leur station. Cette communauté est déjà fragilisée à cause de la proximité avec les États-Unis.»
N'empêche, des progrès ont été faits depuis le rapatriement de la constitution canadienne en 1982, assure le sénateur libéral. L'aile provinciale de son parti a fait adopter la loi sur les services en français de l'Ontario, quelques années plus tard, avant de l'amender en 2007 pour créer un poste de commissaire provincial chargé de traiter les plaintes du public. Et elle a travaillé avec le sénateur Jean-Robert Gauthier afin de modifier la loi sur les langues officielles, en vue de lui donner plus de mordant, «l'un de ses grands succès au sénat».
Un autre des projets de loi qu'elle défendait, aux côtés du sénateur Gauthier, n'a pas connu le même sort: celui de déclarer la capitale du Canada officiellement bilingue. «Je ne me l'explique pas. Rendu où nous en sommes, c'est tout simplement inexplicable», clame-t-elle.
Les Franco-ontariens peuvent-ils espérer, un jour, de vivre dans une province bilingue? «L'Ontario doit aspirer à devenir bilingue. Cela va arriver un jour, au bon moment, dans les bonnes circonstances, lorsque la province aura atteint la maturité. Il est nécessaire (que) cette richesse du bilinguisme devienne de plus en plus visible, évidente à tous. Mais il reste beaucoup à faire.»











