Que faire lorsque mon enfant est trop... gentil!

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Que faire lorsque mon enfant est trop... gentil!

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Nadia Gagnier
Le Droit

Andréanne, 12 ans, a toujours été sage comme une image. Jamais ses parents n'ont eu de commentaires négatifs de la part de ses professeurs ou des éducateurs. En fait, Andréanne est très douce et elle n'aime pas les conflits. Elle se montre très conciliante avec ses amies, et lorsque ces dernières entrent en conflit, elle s'éloigne, préférant ne pas s'en mêler. Ses parents commencent à remarquer que cette douceur et cette gentillesse peuvent comporter des inconvénients : Andréanne est timide, elle ne s'affirme pas, elle est complètement désarmée lorsqu'une amie se met en colère contre elle, et on abuse parfois de sa gentillesse (ex : ses amies ne lui remettent pas les livres qu'elle leur prête, et elle n'ose pas leur demander de lui rendre). Ils réalisent que cette douceur et cette gentillesse qu'ils valorisaient tant chez elle sont peut-être associées à une peur de déplaire... qui pourrait éventuellement lui nuire dans ses relations. En fait, ça commence déjà!

 

Vous vous dites peut-être que les parents d'Andréanne ont un «beau» problème, en ce sens qu'il est peut-être moins difficile pour un parent d'avoir un enfant trop gentil qu'un enfant agressif ou impulsif, qui s'affirme trop... Erreur! Même si un enfant comme Andréanne n'est pas très confrontant pour un parent, même si son tempérament l'amène à être sage en classe et qu'il est louangé par les professeurs, la peur de déplaire peut passer inaperçue pendant très longtemps, jusqu'à ce qu'elle cause une grande détresse, qui surprendra alors les parents.

Certains enfants, comme Andréanne, auront tout de même un bon groupe d'amis, mais la timidité que vivent ces enfants peut leur amener des difficultés à s'intégrer socialement. Leur difficulté à se défendre les rend plus vulnérables à l'intimidation par les pairs... certains deviendront les victimes idéales des fier-à-bras et autres «baveux» de l'école.

Certains adultes se reconnaissent peut-être dans cette peur de déplaire, de dire non, d'affirmer une frustration... si c'est le cas, c'est la preuve que ce problème amène souvent les gens à souffrir en silence. Pour certains, ce n'est qu'à l'âge adulte qu'ils consulteront, leur détresse étant passée inaperçue aux yeux des adultes qui les entouraient lorsqu'ils étaient jeunes.

Affirmation de soi

Pour prévenir ou diminuer ce problème chez un enfant, les parents peuvent lui apprendre des techniques d'AFFIRMATION DE SOI. L'affirmation de soi consiste à se faire respecter, tout en respectant les autres... c'est l'équilibre entre deux attitudes extrêmes suivantes :

- La passivité : respecter les autres au point de négliger le respect de soi

- L'agressivité : se faire respecter, au détriment du respect des autres.

Les techniques d'affirmation de soi sont en fait des techniques d'écoute et de communication permettant à l'enfant (ou à l'adulte) de se rapprocher de cet équilibre. Ces techniques permettent d'apprendre à désarmer quelqu'un qui se montre en colère contre soi, à refuser poliment une demande déraisonnable de la part d'autrui, à affirmer une opinion, un désaccord ou des frustrations dans le respect de l'autre, en parlant au «JE»... il existe même des exercices d'expression non verbale (la posture, regarder dans les yeux...) pour afficher une confiance en soi. Mais apprendre ces techniques au plan théorique n'est pas suffisant... il faut savoir les mettre en pratique.

Pour y arriver, les parents peuvent faire des mises en situation, des jeux de rôle dans lesquels l'enfant devra utiliser ses nouvelles connaissances. Le parent peut jouer le rôle d'un ami en colère contre l'enfant ou encore le rôle d'un ami auquel l'enfant doit affirmer un désaccord. Après le jeu de rôle, le parent peut encourager l'enfant à commenter ce qui s'est passé, à exprimer comment il s'est senti avant de recommencer. Cela constitue un «terrain de pratique» sécuritaire où l'enfant peut prendre confiance en sa capacité de s'affirmer, avant d'en faire l'essai dans de vraies situations. Et surtout, chers parents, ne vous sentez pas coupable d'avoir valorisé la gentillesse chez votre enfant, si ce dernier éprouve des difficultés à s'affirmer.

Votre rôle est maintenant de lui apprendre à ne pas se laisser se marcher sur les pieds... tout en continuant à être gentil!

Pour plus d'informations, je vous suggère de lire S'affirmer et communiquer, par Jean-Marie Boisvert et Madeleine Beaudry, aux Éditions de l'Homme.

drenadia@ledroit.com

 

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