De plus, les vieilles promesses de réduire l'importance de l'énergie nucléaire n'ont jamais été tenues. Que penser alors de ce nouveau discours pro-environnemental que le premier ministre ontarien et son Ministre de l'Énergie et de l'Infrastructure tiennent depuis peu ?
Fonctionnement à revoir
Une province de cette importance au Canada ne peut pas «se verdir» par le seul biais d'une loi sur l'énergie verte car c'est tout son fonctionnement qu'elle doit revoir. L'énergie touche à tous les secteurs d'activités d'importance dans notre société, les principaux étant les transports et la production énergétique. Ainsi, est-on sincèrement intéressé à investir les grosses subventions fédérales actuelles dans de nouveaux types d'usines fabriquant des autos hybrides ou d'autres véhicules à carburants mixtes afin de réduire l'utilisation de produits pétroliers polluants ?
Si l'on se fie à ce qui se passe présentement avec GM et Chrysler, on n'a pas cette impression. On ne sent pas également que le gouvernement McGuinty est intéressé à soutenir le remplacement massif de vieux autobus ou camions par d'autres fonctionnant avec des énergies plus vertes.
On n'a jamais parlé beaucoup non plus du développement du secteur des biocarburants faits avec les eaux usées, les putrescibles urbains ou les matières organiques agricoles ou forestières. Nouveaux types de véhicules, nouveaux types de moteurs, nouveaux types de carburants ne semblent pas intéresser les élus qui prétendent pourtant «verdir» la province au niveau énergétique.
16 tonnes de GES par année
C'est sans doute dans le domaine de la production et de la consommation de nouvelles énergies vertes que l'Ontario pourrait améliorer son bilan environnemental d'émissions de gaz à effet de serre (GES). Il faut rappeler que chaque Ontarien produit 16 tonnes de GES par année, comparativement à 11 tonnes pour chaque Québécois.
Est-ce que les politiciens qui parlent présentement en faveur de l'énergie verte auront l'audace de construire les futures usines énergétiques utilisant uniquement la géothermie, l'éolien et le photovoltaïque afin d'augmenter leur importance dans l'offre globale d'électricité de la province ? On ne peut pas parler d'énergie verte si l'on continue de construire des centrales au charbon, au mazout, au gaz ou à l'énergie nucléaire. Greenpeace et Ontario Clean Air Alliance ont raison de critiquer le futur projet de loi sur les énergies vertes si les méthodes de production énergétique ne changent pas d'orientation.
Enfin, les citoyens se feront certainement un plaisir de participer à des programmes de réduction de consommation d'énergie s'ils en profitent au niveau financier mais ce sont surtout les industries et les commerces qui doivent modifier leurs vieilles technologies si l'on veut que les réductions de consommation soient massives.
Le discours des élus ontariens est rassurant et à l'ordre du jour. Il ressemble à celui de monsieur Obama des États-Unis. Alors, veut-on simplement plaire à nos voisins américains ou a-t-on la volonté sincère et inébranlable de transformer l'économie classique actuelle en une autre plus verte, afin de bâtir les assises d'un nouveau départ qui permettra de progresser pendant tout le xxie siècle ? À mon avis, l'Ontario est en train d'y jouer sa destinée.
jbergeron@ledroit.com











