Le prix et le service au rendez-vous

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Le prix et le service au rendez-vous

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Michel Lafleur, LeDroit

Pierre Jury
Le Droit

Le plus bel atout du restaurant Mamma Teresa s'avère sans contredit le service. Cela part du patron, Giuliano Boselli, qui vous accueille à l'entrée. Si vous y êtes déjà allé, il agira comme s'il vous reconnaît. Ce sera la même chose même si vous n'y avez jamais mis les pieds. Il vous fera sentir comme chez vous dès les premiers pas.

Il n'est pas du genre pompeux qui vous accueille d'un ton princier. Du plus modestement vêtu au premier ministre (ok, peut-être pas le premier ministre... disons, un obscur député d'arrière-banc), M.Boselli offrira de prendre le manteau et l'escortera à sa table. (Le premier ministre dînera plutôt dans un des salons discrets à l'étage.) Il ne trône pas: il met la main à la pâte, change les nappes, verse de l'eau quand le «bus boy» (ou commis-débarrasseur) ne tient plus le rythme, retire les couverts quand vous avez terminé. Bref, il travaille aussi fort que tous ses serveurs et leur montre le chemin. Il est l'essence de ce qu'est un «restaurateur».M.Boselli n'était encore qu'un adolescent lorsque sa mère a fondé Mamma Teresa en 1970, dans une maison cossue de la rue Somerset, à l'angle de O'Connor. Au fil des années, l'endroit est devenu un repaire de politiciens et autres personnalités d'Ottawa. M.Boselli est très fier de son mur de l'entrée où les «vedettes» d'hier et d'aujourd'hui affichent leur photo dédicacée au patron. Les vedettes sont absentes le soir de notre passage: en lieu et place, des gens bien ordinaires, plutôt âgés, sauf pour ce propret attaché politique qui a visiblement invité sa non moins proprette escorte pour l'impressionner en lui disant que Pierre Elliott Trudeau avait probablement mangé à la table qu'ils partageaient. Si le personnel vient qu'à découvrir que c'est son anniversaire, les serveurs qui portent tous chemise blanche, boucle noire et tablier blanc seraient à ses côtés pour lui chanter bon anniversaire comme chez Saint-Hubert BBQ.

Service impeccable

Le service est à peu près impeccable. Rapide aussi. Ils débutent toujours avec de délicieuses olives du Portugal en entrée, et du pain de pauvre qualité (qui causera la ruine de la bruschetta qui doit obligatoirement reposer sur du pain de premier plan).

Une visite en 2003 (Cote Jury 14,5/20) avait été marquée par une salle à manger abîmée, poussiéreuse, vieillie. Peut-être M.Boselli avait-il l'esprit ailleurs, avec sa «mamma» vieillie et à l'article du trépas. On le comprendra. Aucune trace de cette mauvaise impression n'a été perçue cette fois. Ouf.

Le menu est vaste et vous y trouverez toutes les adaptations nord-américaines des plats italiens traditionnels... et plus encore. Comme ce pâté de foie de poulet, une recette héritée d'une cliente juive: il est aussi bon que chez Nate's, rue Rideau. Côté présentation par contre, ça fait triste: deux boulettes placées sur une tristounette feuille de salade au fond d'une assiette blanche et ordinaire. Ce manque d'inspiration se constate dans à peu près tout le menu. Ça fait très «années 1970»: rien ne change chez Mamma Teresa... et c'est pour ça que le monde y retourne. Pour ça, et pour les prix, résolument modestes. On a beau dire que des pâtes, ça ne coûte pas cher, cela demeure tout de même un tour de force de proposer un repas cinq-services à 29,95$, incluant dessert et café.

La carte des vins est aussi à la portée de toutes les bourses avec une grande majorité de vins autour de 35$. Si vous voulez payer plus, le patron vous dirigera vers sa cave, la «Cantina di Giuliano», où il garde ses meilleures bouteilles.

Ah, le prix

Ce dessert n'était peut-être qu'une minuscule pointe de gâteau au citron mais il était fait maison, et bien fait en plus.

Cette douceur compensait un peu pour le reste d'un repas somme toute bien ordinaire. La minestrone est bien faite, pas grasse du tout, et avec plein de légumes et de légumineuses. Mais un cuisinier a oublié de mettre les pâtes canneroni au bon moment et elles sont encore trop «al dente» quand elles sont servies. Les spaghettis carbonara sont plus huileux que crémeux. L'antipasto est garni de charcuteries les plus communes: pour du prosciutto di Parma, il faut payer plus cher. L'assiette de poulet pané garni de mozzarella, avec sa portion de spaghettis, est d'un morne ordinaire.

L'ensemble n'est pas mauvais mais il y a mieux ailleurs. Mais...

Ah oui, le prix. C'est vrai.

Pour deux personnes, prévoyez entre 50 et 60$, plus consommations, taxes et service.

Mamma Teresa,

300, rue Somerset ouest,

Ottawa, Ontario

613-236-3023

www.mammateresa.com

Cote Jury 14,5/20

 

 

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