Ricardo prépare son entrée aux États-Unis

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Ricardo prépare son entrée aux États-Unis

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Maintenant que Ricardo Larrivée a fait ses marques dans le ROC et que le Canada s'est habitué à lui, tout semble pointer vers un passage de Ricardo vers les États-Unis. Le chef au sourire ravageur était au SLO cette fin de semaine.

Martin Roy, Le Droit

Pierre Jury
Le Droit

Ricardo Larrivée a mis des années avant de faire le saut vers la télévision anglaise. Entre Ricardo et Ricardo and Friends, il a mis quatre ans pour être bien sûr que ça marcherait et que son équipe y croyait. «J'ai vu dans les yeux de mon équipe qu'ils y croyaient. Ça m'a donné le dernier encouragement de faire le saut vers le Canada anglais.

Depuis quelque temps, ce sont les États-Unis qui cognent à la porte... et il devrait faire le pas «d'ici un an environ». De Radio-Canada au Food Network Canada au Food Channel?

 

«Encore là, je ne voulais pas trop y penser avant que je ne me sente confortable au Canada anglais. J'avais comme besoin de cette assurance psychologique. Et la réponse est très enthousiaste. Si nous avons grandi à voir des fermes à la télévision avec des émissions comme La Semaine verte, ce n'est pas pareil au Canada anglais. Ils semblent très fiers lorsque l'on parle des producteurs agricoles de leurs régions.»

Maintenant qu'il maîtrise les spécificités du Canada et que le Canada s'est habitué à lui, tout semble pointer vers un passage vers les États-Unis. Il y a déjà plusieurs Américains, le long du 49e parallèle, qui sont des fidèles téléspectateurs depuis 2006, il le voit par le courrier qui entre dans la boîte qu'il a fondée, Ricardo Média Inc.

Ce ne serait donc qu'une question de temps avant que le Québécois ne tente le grand coup pour devenir une vedette nord-américaine au même titre que les Bobby Flay, Paula Deen, Giada de Laurentiis, ou même une vedette internationale comme Gordon Ramsay, Jamie Oliver et autres Nigella Lawson.

La France

La France, elle, attendra. Julie Andrieu, Jean-Luc Petitrenaud et Maïté peuvent dormir tranquille. «Les Québécois ont comme un sentiment d'infériorité envers la France», estime le communicateur gourmand qui vogue de succès en succès depuis 2000 dans les journaux, son magazine éponyme Ricardo et son émission quotidienne à la télévision de Radio-Canada, éponyme aussi, Ricardo.

«Les Québécois veulent tous y réussir, et moi aussi. Mais la réalité, c'est que hormis la langue française, nous n'avons pas grand-chose en commun avec les Français. Alors que si je suis à Toronto ou à Chicago même, nous ne parlons pas la même langue mais nous pensons pareil, nous avons la même façon de procéder.

«Nous sommes très démocratiques alors qu'eux (les Français), ils sont encore monarchiques, très respectueux de la hiérarchie. Par exemple, cela fait deux ans que nous discutons de collaborations possibles, d'éditions de livres, de capsules télé,etc. Pendant une réunion, je me suis tourné vers une secrétaire et je lui ai demandé son avis. Ici, on n'en fait pas un plat. Là-bas, c'était un impair. J'ai eu beau expliquer au président que mon public, c'était cette dame et que son opinion comptait... on a alors convenu que le temps n'était pas encore venu.»

Ricardo - la plupart des gens ignorent son nom de famille, Larrivée - était de passage en Outaouais, en fin de semaine, pour dédicacer des centaines de copies de son dernier livre, Ricardo - Parce qu'on a tous de la visite, publié aux Éditions La Presse en octobre 2008. C'est son troisième livre, après Ma cuisine week-end, publié en 2004, et La chimie des desserts, coécrit avec Christina Blais en 2006.

15000 internautes abonnés

Récemment, Ricardo Larrivée et la quarantaine de collaborateurs qui travaillent à ses côtés dans son studio (et sa future cusine-laboratoire) à Chambly, sur la rive sud de Montréal, ont mis en place un élément critique de sa plateforme internationale, un site Internet ricardocuisine.com. Cela leur a permis de confirmer encore davantage l'intérêt hors-Canada pour ce que fait Ricardo.

«En un mois, nous comptons déjà sur 15000 abonnés, annonce-t-il fièrement. Je ne suis pas très porté sur les technologies, pour moi, un ordinateur est un outil et je préfère le contact du papier avec les journaux, les livres, c'est mon rituel. Il n'empêche que nous ne pouvions ne pas être sur Internet.»

Et il n'y a pas encore de version anglaise.

Cet engouement électronique dans la francophonie reflétait une demande internationale pour le magazine Ricardo, qui commence à sortir du Québec.

La France pourra toujours s'en nourrir. Ricardo y va régulièrement, lui, pour se nourrir de la connaissance et des saveurs du Vieux-Continent. L'été prochain, il y passera plus d'un mois, en famille, à vivre dans de petites villes, à faire son marché avec les gens de la place, à s'acclimater. Parce qu'un jour, il faudra bien y voir. Et là, il se dira prêt à faire le grand saut, à déménager en France pour une longue période.

Cher, bien manger?

Ce qui étonne, c'est qu'il n'est pas pressé. Comme il n'était pas pressé d'aller au Canada anglais, ni pressé aujourd'hui d'aller vers le marché américain.

Cela revient à une «mission» que Ricardo Larrivée et son épouse, la nutritionniste Brigitte Coutu, se sont donnée. Celle d'encourager les gens à mieux manger.

Quels sont les obstacles à une meilleure nutrition des familles? Le temps? «Je dis alors que les gens méritent bien ça, pour eux-mêmes et leurs proches, de prendre un peu de temps, une heure, pour préparer leurs repas.»

L'argent? «Bien manger est une économie! En route vers Gatineau, nous sommes arrêtés manger dans un truck stop où j'arrêtais quand j'étudiais à Ottawa. Chez Herb's, le long de l'autoroute. Ça nous a coûté 50$! Pour du fast food, pas de dessert! Puis samedi soir, nous sommes sortis au restaurant Victoria Trattoria, sur le marché By, à Ottawa, avec des amis et les enfants. Ça nous a coûté 150$ pour la famille avec une bouteille de vin! Moi, je peux cuisiner tous les soupers de la semaine pour ce prix, pour quatre personnes... et il y aura plein de restants pour faire les lunchs!»

Alors, c'est cher, se nourrir?

Et si la seule chose qui manque, c'est un peu de savoir-faire, le sourire permanent et l'empire de Ricardo (appuyé par les Éditions Gesca, propriétaire du quotidien LeDroit) - qui sont là en renfort. À la télévision, sur Internet, avec le magazine, en français, en anglais.

Bref, il n'y a pas de raison de ne pas bien se nourrir, croit-il.

 

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