Ah! La constance et la cohérence dans les interventions... Tous les parents entendent souvent parler de ces deux concepts. La constance signifie que les règles de la maison sont toujours les mêmes et que les interventions, lorsque l'enfant ne respecte pas une consigne, sont toujours les mêmes. La cohérence peut vouloir dire deux choses. Il y a la cohérence entre les deux parents qui signifie que les deux parents font respecter les mêmes règles et se soutiennent mutuellement lors d'interventions. Il y a également la cohérence entre les avertissements et les conséquences réelles. Si un parent avertit son enfant qu'il aura une conséquence s'il ne respecte pas une consigne, l'enfant aura réellement cette conséquence s'il brise réellement la consigne. Croyez-moi, c'est beaucoup plus simple à dire et à comprendre qu'à appliquer concrètement... tout simplement parce que les parents sont des humains aux humeurs changeantes, et non des robots. L'important, c'est de viser l'objectif d'être constant et cohérent... pas d'être parfait!
Des gages de sécurité
La constance et la cohérence sont importantes à ce point, car elles permettent aux jeunes enfants de bien intégrer les règles, les attentes et les consignes de leurs parents. Ainsi, ils peuvent s'y adapter plus rapidement et prendre confiance en eux. Donc, même si une règle est frustrante pour l'enfant, si elle est constante, il finit par s'y adapter, et si les parents sont cohérents, il sera sécurisé.
À l'inverse, si les parents manquent de constance et de cohérence dans leurs interventions, entre autres parce qu'ils ont peur de frustrer leur enfant, parce qu'ils achètent la paix pour ensuite perdre patience les jours où ils sont plus stressés, l'enfant sera insécurisé par l'imprévisibilité des interventions de ses parents. C'est comme si vous aviez un patron qui changerait votre description de tâche chaque jour (pour le manque de constante) ou comme si vous aviez deux patrons qui n'ont pas les mêmes attentes envers vous (pour le manque de cohérence).
Les parents qui offrent un encadrement constant et cohérent à leur enfant s'assurent que leur autorité soit crédible aux yeux de celui-ci. De plus, cela limite les chances que l'enfant s'oppose aux consignes. En effet, un manque de constance et de cohérence fait en sorte qu'il ne sait pas où se situent les limites... et tant qu'un enfant ne sait pas avec certitude où se situent les limites de son encadrement, il les cherche... ou il cherche à les repousser!
Pour faciliter l'atteinte de la constance et de la cohérence dans les interventions, je suggère souvent aux parents d'écrire un «code de vie» pour la maison, avec les règles et les attentes clairement spécifiées. Ils peuvent même prévoir quels seront les privilèges et les conséquences appliquées en cas de respect ou de non-respect des consignes. Ce truc peut sembler banal, mais quand les deux parents sont devant leurs papiers et crayons, c'est à ce moment qu'ils s'aperçoivent que leurs attentes ne sont pas si claires, même dans leur propre esprit! Pour ceux qui trouvent ça trop structuré, songez au fait que la famille est la première institution sociale où l'on apprend à vivre en groupe et c'est la seule institution où les règles ne sont pas écrites. Partout ailleurs, à l'école comme à la garderie, les enfants fonctionnent avec des règles écrites, en s'y adaptant très bien... sans se sentir brimés.
Enfin, si vous réussissez à bien encadrer vos enfants, n'oubliez surtout pas qu'ils ont tout autant besoin d'attention et d'affection. C'est ce qui distingue un parent d'un patron... car je vois rarement des patrons faire des câlins et des bisous à leurs employés!
Une psy vous répond
Q: Je suis la maman de deux filles, une de 12 ans et l'autre de 20 mois... et je suis enceinte de 6 mois. À cause d'un manque d'espace à la maison (il n'y a que deux chambres à coucher à l'étage), j'envisage de faire dormir ma fille de 20 mois au sous-sol, lorsque mon bébé naîtra. Bien que sa soeur de 12 ans ait déjà une chambre aménagée au sous-sol et qu'elle s'y est très bien adaptée, je m'inquiète de l'impact de ce changement sur une enfant aussi jeune que 20 mois. Est-ce trop jeune pour la faire dormir si loin de ses parents?
R: Il est possible qu'une enfant de 20 mois se sente insécurisée par le fait de perdre la proximité de ses parents durant la nuit. Mais sachez que les enfants peuvent avoir différents niveaux de capacité d'adaptation. Habituellement, comment réagit-elle à la nouveauté (ex.: nouvelles personnes, nouveaux lieux, nouveaux aliments...)? Si elle y réagit bien, elle pourrait s'adapter facilement à une nouvelle chambre au sous-sol, surtout si sa grande soeur y est présente. Si cette dernière s'amuse avec elle et qu'elle lui donne parfois des soins, elle peut la percevoir comme une figure de sécurité, ce qui l'aidera à tolérer de dormir plus loin de vous. Vous pourrirez laisser un walkie-talkie à votre aînée afin qu'elle puise vous appeler rapidement si un problème survient au cours de la nuit (ex.: cauchemar) et qu'elle a besoin de votre assistance. Idéalement, il faudrait faire le changement de chambre avant la naissance de bébé, pendant que vous avez encore le temps de gérer les difficultés qui pourraient survenir. Par exemple, il sera peut-être nécessaire de prolonger un peu la routine de dodo, histoire de la sécuriser et de l'aider à s'adapter à cette transition. Si votre fille de 20 mois vous semble insécure, il serait préférable de la laisser dormir au même étage que vous. Dans ce cas, vous pourriez installer bébé dans un Moïse dans votre chambre, tant qu'il ne fait pas ses nuits. Lorsqu'il fera ses nuits, il pourra partager sa chambre avec sa grande soeur. Bonne chance!










