Les défis de la famille du xxiesiècle

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Les défis de la famille du xxiesiècle

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Examiner nos vieilles photos de famille nous amène à constater bien vite que la réalité des parents d'hier et d'aujourd'hui est très différente. Il suffit de penser aux nouvelles technologies et à l'entrée des femmes sur le marché du travail pour en saisir l'ampleur.

Archives La Presse

 

Nadia Gagnier
Le Droit

Benoît et Janique, ainsi que leurs deux enfants âgés de 3 et 5 ans, sont en visite chez les parents de Benoît, qui habitent à quelques heures de route de chez eux.

Pour l'occasion, la mère de Benoît a ressorti les vieux albums photo de la famille, éveillant chez chacun un sentiment de nostalgie tout en regardant ces images du bon vieux temps! Évidemment, les enfants étaient curieux de voir les photos d'enfance de leur papa. Sur le chemin du retour, Benoît et Janique se mettent à discuter des différences entre la réalité des parents d'aujourd'hui et celle de leurs propres parents.

 

Ils n'ont pu s'empêcher de remarquer que dans les photos de party de famille, tout le monde fumait et les enfants s'amusaient allégrement dans toute cette «boucane», les enfants voyageaient dans le coffre de la station-wagon familiale sans être attachés, la télé et la radio étaient les seules sources de divertissement électronique (Internet n'étant pas encore inventé), personne ne portait de casque à vélo...

Cette semaine, du 11 au 17mai 2009, c'est la semaine québécoise des familles. J'en suis consciente parce que depuis plusieurs années, de nombreux organismes m'invitent à donner des conférences dans le cadre de cette semaine. Un peu comme Benoît et Janique, cela m'a amené à réfléchir aux changements qu'ont subi les familles depuis les dernières décennies, et aux défis que ces changements posent aux parents d'aujourd'hui.

La peur de l'inconnu

Quand on pense à la réalité dans laquelle vivaient nos parents lorsque nous étions enfants (dans mon cas, dans les années 1970), ces changements sont facilement identifiables: l'arrivée des femmes sur le marché du travail, la création des garderies et autres CPE, les séparations et les familles reconstituées, l'arrivée d'Internet et d'autres nouvelles technologies (téléphones cellulaires, courriel...), la réforme scolaire...

Ces changements de société font en sorte qu'on ne peut pas nécessairement toujours se fier aux modèles que représentent nos parents pour nous guider dans notre rôle, parce qu'ils n'ont pas été confrontés à ces réalités. Mais inconsciemment, on se compare à eux, ce qui génère parfois un sentiment de culpabilité...

Nous avons moins le temps de cuisiner les bons petits plats faits maison de notre mère; nos parents ne se sont jamais séparés et n'ont jamais eu à nous annoncer leur divorce ou à nous présenter un nouveau conjoint; on se sent coupable de retourner au travail après un congé de maternité en laissant notre enfant à la garderie, alors que notre mère est restée à la maison pour nous; on ne sait pas comment encadrer l'utilisation d'Internet par les enfants à la maison car nos parents n'ont pas eu à le faire pour nous...

Des changements positifs

Attention! Loin de moi l'idée d'insinuer que ces changements ne comportent que des points négatifs pour les nouvelles générations de familles.

Aujourd'hui, les femmes peuvent faire des choix que nos mères et nos grands-mères n'avaient pas le loisir de faire. Grâce aux CPE les enfants socialisent et sont stimulés en bas âge... On peut même y dépister certains problèmes de développement et faire de l'intervention précoce. Les parents d'aujourd'hui se séparent plus souvent et à un plus jeune âge, mais ils sont plus conscients de l'importance de conserver un bon lien de coparentalité.

Au-delà d'amener un défi aux parents qui souhaitent encadrer son utilisation par leurs enfants, Internet leur donne accès à une foule d'informations qui peut les aider dans leur rôle parental.

Est-ce que notre époque est plus facile, plus difficile? Je pense que les deux époques sont différentes, et que chacune comporte ses avantages et ses inconvénients... personnellement, j'aime bien les avantages que nous procurent les récentes avancées technologiques! Mais, pour les parents, ces changements impliquent d'accepter de s'adapter, de faire des essais-erreurs, de trouver des nouvelles solutions, sans se comparer aux générations antérieures qui ne vivaient pas dans la même réalité... et de ne pas oublier que malgré tout ce qui change autour de la famille, les enfants, eux, ont toujours les mêmes besoins: être nourri, logé, vêtu, aimé, stimulé, encadré...

Malgré tous ces changements, la famille reste l'institution sociale la plus importante, la première où tout être humain doit développer un sentiment de sécurité, son estime de soi et faire ses premiers apprentissages... et c'est tout un défi pour les parents! Le plus beau des défis!

 

UN PSY VOUS RÉPOND

Q : Je suis une grand-mère âgée de 50 ans. Mon fils demeure à Montréal, et je suis à Québec. On se voit aux 2 mois environ. Il a la garde légale de son fils de 3 ans, car la mère a quitté le foyer conjugal. Ce qui me préoccupe c'est qu'à chaque fois qu'Antoine est en contact avec un autre enfant, il veut lui faire mal. Aussi, il cherche souvent à attirer l'attention, plus souvent par des écarts de conduite que de manière positive. Selon moi, ces comportements n'annoncent rien de bon pour l'avenir et ça m'inquiète énormément. Comment puis-je aider mon fils ?

R : À trois ans, il peut être normal de manifester de l'agressivité beaucoup d'enfants le font à cet âge parce qu'ils n'ont pas encore appris à exprimer leur colère autrement. C'est le rôle des parents et des éducateurs de leur apprendre comment agir autrement. Mais il peut arriver que certains enfants, plus agressifs que la moyenne, réagissent au stress de cette manière. Votre petit-fils vient de vivre la séparation de ses parents il est fort possible que cette situation lui amène du stress qui pourrait être à la source de son agressivité.

Pour ce qui est de ses comportements de recherche d'attention, il faut être bien conscient que tous les enfants ont besoin d'attention et qu'ils n'ont pas le mode d'emploi pour savoir comment l'obtenir de la part de leur parent. Comme leurs « mauvais comportements « leur amènent souvent beaucoup d'attention (même s'il s'agit souvent d'attention négative), cela les encourage à les maintenir.

Votre fils peut faire l'essai de plusieurs solutions : l'orienter vers des comportements positifs, souligner et renforcer ces bons comportements, lui donner de l'attention régulièrement, l'avertir lorsqu'il se montre agressif, lui imposer une conséquence (ex. : retrait dans la chambre) lorsqu'il continue de se montrer agressif malgré l'avertissement, se réconcilier après un retrait dans la chambre (en suggérant un comportement alternatif à l'agressivité), diminuer le stress autour de lui, l'exposer à des situations sociales où il apprendra à partager Mais, dans un contexte de monoparentalité, il pourrait éprouver des difficultés à appliquer toutes ces solutions avec constance et persévérance. Il aura peut-être besoin de soutien pour en obtenir, il pourrait contacter le centre de référence du Grand Montréal (514-527-1375), où on pourrait l'orienter vers les ressources appropriées à ses besoins.

 

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