Plus tard dans la saison, août correspond à des fruits plus gros qui mettent plus de temps à mûrir. Certains qualifient de «fruits tendres» trois familles différentes mais apparentées que sont celles des pêches, des prunes et des poires. Nous avons la chance, dans l'est du Canada, de pouvoir compter sur une région productrice assez proche, la région du Niagara, qui nous fournit en fruits frais et délicieux, à prix abordables et écologiquement responsables.
Jusqu'à récemment, seuls les deux premiers critères comptaient vraiment. Au cours des dernières années, nous avons progressivement ajouté celui de la responsabilité écologique qui favorise les aliments produits localement au détriment de ceux qui doivent parcourir des heures et des heures par bateau ou par camion. Sans égard à leur qualité, les aliments qui voyagent longtemps avant de se rendre jusqu'à nous sont souvent cueillis avant maturité. Les carburants utilisés pour les transporter empoisonnent notre nature.
Un fruit du sud
Dans la région de la capitale, il n'y a pas de culture de fruits tendres pour des raisons climatiques et il faut s'approvisionner dans le sud de l'Ontario. Ça ne respecte pas tout à fait les règles de la «diète de 100 milles» qui suggère qu'on ne se nourrisse que d'aliments produits dans la région immédiate mais dans les régions plus au nord comme la nôtre, il faut bien ajouter un peu de couleur à nos assiettes, non?
La pêche, ou Prunus vulgaris Miller de son nom scientifique, est l'un des cadeaux du mois d'août. Son nom a évolué de la Perse (de persicum à pesche à pêche) et c'est le grec Alexandre le Grand qui aurait ramené des noyaux de pêche à la suite de la conquête de la Perse, en 334 avant Jésus-Christ. C'est cependant de Chine que nous viendraient les premières pêches, il y a plusieurs millénaires.
Un délice royal
Les Canadiens ne sont plus tellement royalistes mais c'est un peu grâce à la royauté que nous avons des pêches comme nous les connaissons aujourd'hui. Louis XIV, roi de France, était un fin amateur de pêches, dit-on, et il avait chargé un homme avec un pouce vert incroyable, Jean-Baptiste de La Quintinie (1624-1688), de fournir la cour royale en fruits et légumes frais.
C'était en 1670 et La Quintinie était déjà réputé à Paris. Il a aménagé un jardin si beau et si bon qu'il existe encore, et a été classé monument historique! La Quintinie, un avocat qui a trouvé mieux à faire de sa vie en se consacrant à l'horticulture, a perfectionné les techniques des greffes, des fruits et légumes primeur (grâce aux serres, à la protection du vent par des murets) ainsi que la culture en espalier, qui constitue à tailler l'arbre fruitier de manière à en réduire l'espace nécessaire sans réduire le rendement.
La Quintinie a ainsi développé une trentaine de variétés de pêches pour le plus grand plaisir du roi Louis XIV.
Les fruits tendres du sud de l'Ontario sont en saison. Les prix des pêches sont aussi bas que vous les trouverez à n'importe quel moment de l'année: sur le marché By, les étals proposent les paniers de 3livres à 5$. Mais cherchez un peu dans vos circulaires et vous ferez mieux. Ces jours-ci, Métro et Loblaw, entre autres, les offrent à 2,99$! En prime, ces fruits sont gorgés de saveur, de bonnes calories et d'éléments nutritifs. Pourquoi s'en passer?
Un juste prix
En réalité, il ne faut pas encourager l'obsession des prix. Le cultivateur doit obtenir un juste prix pour le fruit... de son travail, et ce juste prix n'est certainement pas une fraction de 2,99$! Il faut par contre reconnaître que les grandes chaînes coupent les prix pour attirer les consommateurs et à 2,99$ (la théorie du loss leader, dans le jargon du marketing), il y a de bonnes chances que Loblaw et Métro paient plus de 2,99$ le panier de pêches.
Les quelque 500 producteurs de la vallée du Niagara fourniront entre 15000et 20000 tonnes de pêches. Avec les prunes et les poires, ces fruits tendres arroseront la région de quelque 50 millions$ en retombées économiques.
C'est un peu ça aussi, l'importance de l'achat local! Acheter des fruits d'ailleurs alors que nous en avons des comparables sinon meilleurs, équivaut à envoyer nos dollars à l'extérieur du pays. Un peu de fierté alimentaire ne fait pas de tort.
Les laisser reposer
Les pêches ne doivent pas être consommées tout de suite. Elles gagneront en saveur si vous les laissez reposer un jour ou deux, peut-être même trois, sur le comptoir de la cuisine. Il faut les surveiller à tous les jours parce qu'elles mûrissent chacune à leur rythme bien à elles. Quand une commence à ramollir, c'est qu'elle est prête à consommer. N'attendez pas deux jours de plus car de vilaines taches brunes apparaîtront en surface. La pêche est encore bonne à manger, on n'a qu'à retirer la partie trop mûre.
Gonflées de saveur de saison, à prix modique, il ne faut certainement pas s'en priver. Et le Guide alimentaire canadien suggère que les adolescents, par exemple, consomment sept à huit portions de fruits et légumes par jour pour nourrir leur croissance. Pêches, prunes et poires sont toutes désignées pour procurer une alimentation saine et variée.
Les pêches sont versatiles. Elles garnissent bien les céréales du matin, ou une collation de yogourt ou de crème glacée. Elles peuvent constituer une bonne base de smoothie, on peut en faire des confitures, les mettre en conserve dans le sirop, en rehausser un chutney ou nourrir un bon ketchup aux fruits.
613-562-0333, poste 763
pjury@ledroit.com
Sur la fourchette
Un nouveau restaurant turc, Topkapi, a ouvert récemment ses portes au 484, rue Preston, à Ottawa. Il est le fruit du travail du couple Chantal Fauvelle et Nail Erdogan. Réservations au (613) 230-8828, ou sur Internet, à www.topkapirestaurant.ca.
-Famous Frenchy est un nouveau comptoir de restauration rapide qui ne manque pas d'audace. Les propriétaires, Shonn Bid-ner and Josée Trudel, y proposent un hambourgeois spécial « Tri-ple pontage coronarien «. Triple boulette de viande, évidemment, mais que double fromage et double bacon. Les plus aventuriers se donneront rendez-vous sept jours sur sept au 506, rue Rideau, à Ottawa.
-Un bel ajout s'est dressé sur le marché By, là où Oregano's a survécu inexpli-cablement pendant deux décennies à servir des autobus de touristes affamés et désorientés, de toute évidence. À la place, le début de l'été a vu l'ouver-ture d'une pizzeria à la mode, The Grand pizzeria & Bar. Lancé par les mêmes restaurateurs qui ont l'Em-pire Grill, Zak's Diner et Métropolitain Brasserie & Restaurant. Avec une grande terrasse et un intérieur très design, The Grand a redonné de la vie à une intersection qui en avait bien besoin.











