Le grand plaisir de jouer en famille

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Au-delà du type de jeu, ce qui influence... (Archives Le Droit)

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Au-delà du type de jeu, ce qui influence surtout la relation parent-enfant, c'est l'attitude du parent.

Archives Le Droit

 

Nadia Gagnier
Le Droit

Marie-Hélène et Jean-François sont les courageux parents de trois jeunes garçons de 2, 4 et 6 ans. Ils se documentent de temps en temps sur les différentes théories de l'éducation et de la psychologie de l'enfance.

À travers leurs lectures, ils remarquent que l'importance de jouer avec leurs enfants et de leur donner régulièrement de l'attention est un thème récurrent.

 

De ce côté, ils n'éprouvent pas de difficulté... Ils adorent jouer avec leurs enfants! D'ailleurs, ils remarquent que lorsqu'ils ont plus de temps pour jouer avec eux, les relations familiales deviennent plus harmonieuses et les enfants sont plus détendus.

Par contre, ils remarquent que certaines périodes de jeu sont plus positives que d'autres... et se demandent s'il existe des jeux plus efficaces que d'autres.

Après tout, les psychologues qui utilisent la thérapie par le jeu doivent sûrement avoir quelques trucs. Ils ne jouent sûrement pas n'importe comment avec leurs jeunes clients!

Marie-Hélène et Jean-François ont raison. Il existe différents types de jeux: compétitifs ou collaboratifs, d'équipe ou individuels, physiques ou intellectuels, créatifs ou éducatifs,etc.

Mais au-delà du type de jeu, ce qui influence surtout la relation entre un parent et son enfant, c'est l'attitude du parent.

En lisant ces lignes, certains parmi vous se diront peut-être: «Bon, ça y est! Non seulement il faut faire attention dans les soins et l'encadrement, mais voilà que les psys veulent diriger notre façon de jouer avec eux... et la spontanéité dans tout ça?»

Détendez-vous! L'attitude à adopter durant vos périodes de jeu avec vos enfants n'a rien de bien compliqué: vous le faites probablement déjà.

»Équilibrer» la relation

Dans une journée, les interactions parents-enfants sont souvent guidées par l'encadrement du parent. Pensez toutes les fois où vous devez donner une consigne, refuser une demande ou faire cesser un comportement inadéquat.

La majeure partie de la journée, ce sont les parents qui contrôlent la vie familiale. Les périodes de jeux avec les enfants devraient donc servir à donner le contrôle aux enfants et à prendre une pause de votre rôle «encadrant», afin d'apporter un équilibre dans la relation parent-enfant.

Ainsi, une période de jeu «équilibrante» pour la relation parent-enfant devrait comporter les attitudes parentales suivantes:

louanger et valoriser l'enfant en complimentant ses actions, ses réalisations ou ses qualités personnelles (par exemple, «tu es très bon pour colorier à l'intérieur des lignes»);

refléter les dires de l'enfant, en répétant en vos propres mots ses verbalisations (autre exemple: si l'enfant dit «Le dinosaure va se cacher pour la nuit», vous dites «Oh! Je comprends, durant la nuit, ton dinosaure va se cacher.»);

imiter l'enfant (si l'enfant dessine un soleil, on dessine un soleil nous aussi);

décrire ce que l'enfant fait («Tu changes les souliers de la princesse»);

être enthousiaste et démontrer, par notre langage non verbal, notre intérêt envers l'enfant et envers ce qu'il fait (mettre beaucoup d'intonation, garder le contact visuel avec l'enfant ou lui sourire, par exemple).

De nombreux impacts positifs

Des études conduites auprès de familles abusives ou dysfonctionnelles nous indiquent que le simple fait d'adopter ces cinq attitudes parentales durant le jeu a de nombreux impacts positifs, car:

elles favorisent la qualité de la relation parent-enfant;

elles favorisent le développement et le maintien de bons comportements chez l'enfant (comme le partage);

elles favorisent l'estime de soi de l'enfant;

elles permettent de démontrer à l'enfant qu'on s'intéresse à lui;

elles permettent à l'enfant d'avoir un sentiment de contrôle sur sa vie;

elles favorisent l'apprentissage de concepts (quand le parent décrit ce qu'il fait, il lui apprend des concepts comme «plus», «moins», «en haut», «dessus»);

elles permettent de maintenir l'attention de l'enfant sur le jeu.

Pour toutes ces raisons, accorder régulièrement des périodes de jeu à son enfant est important. Mais encore faut-il savoir comment bien jouer.

En effet, certaines attitudes sont à éviter, comme poser des questions avec un ton critique («pourquoi fais-tu ça?», par exemple), diriger le jeu en donnant des ordres à l'enfant ou critiquer ouvertement ses actions dans le jeu.

Évidemment, ces attitudes parentales sont normales en dehors des périodes de jeu... Vous devez répondre au besoin d'encadrement de l'enfant et dirigeant ses actions, en lui donnant des consignes et en refusant ses comportements inadéquats.

Mais durant les périodes de jeu, permettez-vous d'être moins contrôlant avec lui et surtout, tentez d'avoir du plaisir!

 

Une psy vous répond:

Q: Mon garçon de deux ans et demi refuse de s'habiller seul. De plus, lorsque je l'habille, il bouge dans tous les sens, donne des coups de pieds et ne coopère pas, rendant la tâche très ardue. J'aimerais avoir des trucs pour que l'heure de l'habillage soit plus agréable, ainsi que pour développer son autonomie.

R: Souvent, la période de l'habillage coïncide avec un moment de la journée où les parents sont pressés et stressés... La routine du matin! Or, comme tout apprentissage, apprendre à un enfant comment s'habiller demande du temps et de la patience. De plus, l'enfant doit être motivé à faire l'apprentissage, ce qui nécessite parfois d'adopter une approche ludique (de jeu) afin de capter son attention et son intérêt. Je vous suggère donc de prendre du temps le soir ou la fin de semaine, lorsque vous êtes calme et pas pressé, pour apprendre doucement à votre enfant à s'habiller. Vous pouvez commencer par lire des petits livres dans lesquels le personnage principal apprend à s'habiller (ex.: Caillou ou autre), vous amuser en habillant ou déshabillant une poupée ou un toutou, faire donner les consignes de l'habillage par une marionnette... Bref, il faut enlever du stress et ajouter du plaisir autour de la tâche de l'habillage! Cet apprentissage peut se faire graduellement. Durant les périodes où vous lui montrez calmement comment faire, soyez attentif aux tâches pour lesquelles il devient autonome (par exemple, enfiler un gilet) et les tâches pour lesquelles il a encore besoin de votre aide (par exemple, nouer ses lacets de souliers). Durant la semaine, tentez de mieux gérer la routine du matin afin d'être moins stressé, quitte à vous éveiller 15 minutes plus tôt, s'il le faut. Vous pourriez profiter de ce surplus de temps pour faire suivre la tâche de l'habillage par un 5 à 10 minutes d'activités agréables avant le départ pour la garderie (ex.: jouer dehors dans les feuilles). Ainsi, il associera sa collaboration à l'habillage à un moment privilégié avec vous, plutôt qu'à vote stress et à sa séparation d'avec vous. Bonne chance!

 

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