Le nouvel enfant chéri de la bouffe

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Louis-François Marcotte est le dernier enfant chéri de... (Photo courtoisie)

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Louis-François Marcotte est le dernier enfant chéri de la télé culinaire. Propriétaire de deux restaurants à  Montréal - le Simpléchic et Le Local - , il est connu des habitués de Canal Vie : il y anime Le goût de Louis à chaque semaine.

Photo courtoisie

Pierre Jury
Le Droit

Louis-François Marcotte est sans contredit le nouvel enfant chéri de la gastronomie à Montréal. Et peut-être bien du Québec tout entier.

Sans rien enlever à Daniel Pinard, Ricardo Larrivée et Josée Di Stasio ils font partie du paysage depuis plusieurs années , le public est toujours à la recherche de nouveaux visages. Et il a découvert Louis-François Marcotte.

 

La beauté de la télévision culinaire, c'est qu'il y a de la place pour tout le monde. La récente notoriété du jeune Marcotte n'enlève donc rien à l'illustre trio Pinard Ricardo Di Stasio. Leurs cotes d'écoute ne fléchiront pas.

D'abord, parce que le chef Louis-François n'est encore présent que sur un canal spécialisé (Canal Vie, avec une l'émission hebdomadaire Le goût de Louis, depuis 2006) et que la nature même de ces chaînes limitées aux seuls abonnés du câble limite un tant soit peu leur rayonnement. Et puis parce que le public démontre jusqu'ici un appétit vorace et en apparence sans fond pour les émissions de cuisine.

Comme Ricardo Larrivée, Louis-François Marcotte est beau garçon. Il plaît. Sa barbe de trois jours, ses cheveux en bataille, son air légèrement fripé, tout est comme un déguisement pour ce jeune homme d'à peine 26 ans qui accumule les occupations : en plus de la télé, il gère un service traiteur et deux restaurants, Simpléchic et Le Local. C'est d'ailleurs ce dernier qui l'a vraiment propulsé à l'échelle nationale, quand il a récolté le deuxième rang des meilleurs nouveaux restos au Canada en 2008, le prestigieux classement du magazine enRoute.

Mais il carbure à 200 à l'heure et sa tête n'arrête pas.

La passion du métier

Je l'ai rencontré chez Bâton Rouge, la semaine dernière, en marge d'un « Party de filles « organisé par la radio Rock Détente. Il était arrivé la veille du Club Med de Punta Cana, en République dominicaine, où avait eu lieu un festival gastronomique. Et il venait d'apprendre qu'il était invité à l'émission Tout le monde en parle, sur les ondes de Radio-Canada.

Prenant le temps de respirer, il se réjouissait que « le métier de cuisinier, qui a manqué de noblesse pendant longtemps, soit sur une courbe ascendante. Ça vient briser un mythe «

« Nous prenons de plus en plus conscience de ce que nous mangeons, chez les jeunes tout particulièrement «, croit-il. Il est heureux que l'époque est révolue, espère-t-il, d'envoyer son enfant à l'école avec comme seul lunch « un Pepsi, deux pizzas-pochettes et un Mae West comme dessert «.

« Plus d'hommes s'affirment en cuisine. Pour nous les chefs, la cuisine, c'est facile parce que nous en avons fait notre métier. Mais pour le mécanicien, voir Jean Soulard ou Ricardo Larrivée, ça semble peut-être moins accessible. Pourtant, faire une sauce italienne, c'est pas très compliqué. Et un enfant qui voit son père en cuisine, c'est un bon exemple. «

La malbouffe, ça le connaît. Il y a deux ans, il a animé un documentaire en six émissions sur l'alimentation dans les cafétérias des écoles secondaires, questionnant les autorités scolaires et gouvernementales, des nutritionnistes et observant sur le terrain ce qui se faisait. Cette série a amorcé un débat sur l'alimentation des jeunes. Pendant ce temps, le chef Louis-François Marcotte lançait son premier resto et préparait un premier livre de cuisine, Simple et chic, publié aux Éditions Flammarion Québec.

Ces jours-ci, si on le voit davantage, c'est qu'il vient de lancer son second, Sexy : cuisiner pour deux, toujours chez le même éditeur. Un peu plus mince, 130 pages au lieu de 170, mais toujours avec les photos (croquées par Christian Tremblay) de « LFM « un peu floues, en pleine action, ainsi que des images de plats léchées, appétissants et accessibles à un large public.

Le début d'une aventure

« C'est le premier d'une série de quatre livres que nous prévoyons, et justement, je serai à la campagne, le week-end prochain, pour les illustrations du prochain, qui portera sur la chasse et la pêche. Cela devrait sortir au printemps 2010. «

Un feu roulant, vous dites ?

« C'est vrai qu'un restaurant, c'est tellement enivrant. Cela occupe 60 % de mon temps, c'est mon assise. Mais il faut savoir laisser aller, déléguer. On peut devenir obsédé à l'idée de toucher à chaque assiette qui sort de sa cuisine. Puis il y a l'émission que nous tournons maintenant tous les mardis, mais au restaurant, ce qui fait que je perds moins de temps à aller et venir. (Et qu'il produit maintenant lui-même.) J'ai donc appris à lâcher prise. «

Ce qui lui fait dire que la mention d'enRoute, « elle est une belle récompense pour les 90 personnes qui forment cette équipe depuis ses débuts «. Pas un mot sur la part qui lui échoit.

Peut-être est-ce parce qu'il a déjà la tête ailleurs. En plus des prochains livres, il envisage déjà un autre restaurant à Montréal. Il aurait dans sa mire de redonner son lustre au Chalet de la montagne, sur le Mont-Royal.

Pour joindre Pierre Jury :

613-562-7763

 

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