De Kyoto à Copenhague

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Jean-Marie Bergeron
Le Droit

En décembre prochain, l'ONU donne rendez-vous à toutes les nations de la Terre à Copenhague afin d'améliorer le protocole de Kyoto.

Est-ce possible quand on sait que les pays affichent toujours les divisions idéologiques habituelles face à la lutte aux changements climatiques: d'un côté, les pays développés souhaitent une approche planétaire où chaque pays ferait sa part tandis que les pays en développement ou émergents exigent que les principaux efforts soient faits par les pays industrialisés qui sont responsables de la situation actuelle.

Un vrai dialogue de sourds qui n'augure rien de bon pour cette rencontre!

La position du Canada, défendue par le premier ministre Stephen Harper, est de rédiger un tout nouveau protocole définissant la responsabilité de tous les pays pour réduire au minimum les émissions de gaz à effet de serre (GES) de façon à ne pas faire monter la température terrestre de plus de 2°C.

 

Effort minimal, quoi!

Les groupes environnementaux, soutenus par une majorité de pays membres de l'ONU, sont contre un tel scénario, alléguant que la pollution actuelle de la planète a déjà fait augmenter les concentrations de dioxyde de carbone (CO2) de 100 parties par million (ppm) avant même que la plupart des nations de la Terre aient pu se développer.

Dans le fond, ce que personne n'ose dire tout haut est que la majorité des pays de la planète veulent se développer et polluer comme l'ont fait les pays développés, même si les concentrations de CO2 augmentent encore de 100 ppm.

La question n'est pas: ont-ils le droit de le faire? Mais bien: est-ce que la Terre pourrait soutenir les humains à une concentration de CO2 de 480 ppm?

Là-dessus, les scientifiques se prononcent d'une seule voix: à 450 ppm et plus, la survie de l'humanité serait compromise. Alors, que va-t-on faire à Copenhague et pourquoi le Canada est-il si réticent à prendre les devants en montrant la voie aux pays qui hésitent à réduire leurs émissions de GES?

Voyou environnemental

Le Canada comme les États-Unis refusent de réduire leurs émissions de GES.

À l'intérieur de ces deux pays, ce sont certaines provinces et états qui ont pris ce leadership, alors qu'ailleurs dans le monde, ce sont les pays eux-mêmes qui assument cette responsabilité.

Ainsi, la Suède cible une baisse de 40%, le Royaume-Uni de 34%, le Japon de 25%, l'Union Européenne de 20%, l'Ontario de 15%, les états et provinces du Western Climate Initiative de 12%, ceux du Nord-Est américain de 10%, le Québec entre 10 et 20%.

Et le Canada? 0%.

Le Canada ne veut pas partager le fardeau mondial de cette réduction d'émissions de GES et on peut alors comprendre l'opinion de certains pays qui traitent le Canada de voyou environnemental.

Nous, Canadiens, avons donc du pain sur la planche pour reprendre le terrain perdu.

Copenhague pourrait être une occasion unique pour se rallier aux nations qui veulent contribuer significativement à une telle lutte contre les GES.

Réduction de 20%

Dans un éventuel protocole que les 192 pays membres des Nations unies pourraient signer, le Canada, qui ressemble à beaucoup de pays européens, devrait s'engager à réduire de 20% ses émissions de GES d'ici 2020.

Concrètement, la cible visée représenterait une baisse des émissions de GES d'environ 275 millions de tonnes en 10 ans, soit 27 millions de tonnes par année ou 0,8 tonne par citoyen. Finies les phrases creuses comme: «il faut choisir des cibles réalistes avant d'agir», que certains politiciens répètent parce qu'ils ne veulent rien faire.

Ne serait-il pas temps de se remettre au travail pour accomplir des oeuvres aussi gigantesques que celles de nos ancêtres qui ont ouvert le Grand Nord et qui ont construit le chemin de fer pancanadien avec des outils pour le moins rudimentaires?

Le défi d'au-jourd'hui n'est pas moins grand et les enjeux sont tout aussi importants.

Notre survie en tant que nation et humanité passe par un nouveau paradigme digne du xxiesiècle: la société durable ou la disparition!

 

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