Avoir un enfant pour unir le couple?

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Avoir un enfant est vu par certains comme... (Archives La Presse)

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Avoir un enfant est vu par certains comme une façon pour un couple de se rapprocher. C'est cependant une décision qui peut comporter son lot de stress.

Archives La Presse

 

Nadia Gagnier
Le Droit

Stéphanie et Antoine sont quelque peu malheureux. Leur couple bat de l'aile. Ils se sont peu à peu éloignés l'un de l'autre avec les mois, les années. En fait, cela a commencé à partir du moment où le quotidien s'est installé dans leur relation. Ils croient s'aimer encore, malgré leur éloignement et leur manque de communication, et ils aimeraient retrouver le bonheur des premiers mois de leur relation. Stéphanie en parle à l'une de ses copines, qui lui dit que d'avoir un enfant ressouderait leur couple, leur donnerait un projet commun, les rendrait heureux. Mais lorsque Stéphanie, emballée par cette «solution-bébé», en parle à Antoine, ce dernier n'est pas si sûr que ce soit l'idée du siècle. Déçue par le manque d'enthousiasme d'Antoine, Stéphanie est perplexe... il est vrai qu'elle a souvent vu des couples heureux, le regard lumineux après avoir eu un enfant, mais il est également vrai qu'elle a vu des couples s'éloigner encore plus l'un de l'autre après l'arrivée d'un poupon dans leur maison. Finalement, elle se dit que pour se rapprocher, ils devraient peut-être commencer à développer des projets communs moins stressants que l'arrivée d'un enfant, et consulter en thérapie de couple!

 

Changement radical

Avoir un enfant est, la plupart du temps, une expérience positive, mais qui comporte son lot de stress. Bref, ça change une vie! Pour ne nommer que quelques-uns des stresseurs associés au fait d'avoir un enfant, disons qu'il y a: les inquiétudes, la possibilité d'un baby blues, les nuits blanches, la possibilité de désaccords entre les conjoints sur les soins et les méthodes d'éducation, le partage des tâches telles que le changement de couche, préparer les biberons, laver les vêtements de bébé... Sans compter le stress financier que représente l'arrivée d'un enfant. De plus, il arrive souvent que le couple dirige l'expression de son affection vers l'enfant, en oubliant un peu de donner de l'affection au conjoint ce qui peut les isoler l'un de l'autre et apporter de l'insatisfaction. Bref, avoir un bébé peut être une source de rapprochement, mais également une nouvelle source de conflit pour le couple qui ne s'entendait déjà plus, ou qui s'éloignait déjà l'un de l'autre.

D'un autre côté, pour un couple qui va déjà bien, le fait d'avoir un enfant peut vraiment être une source de bonheur commun. Je dirais même que pour le couple qui avait déjà une bonne communication, avoir un enfant les forcera à communiquer encore plus souvent et plus efficacement. Souvent, nos petits travers que notre conjoint ou conjointe nous reprochait se corrigeront un peu, car on voudra éviter que notre enfant les imite (ex.: utiliser un langage vulgaire). En fait, quand un couple a préalablement une bonne communication, est heureux d'être ensemble, et les deux membres ont envie d'être parents, l'arrivée d'un bébé pourrait effectivement les rapprocher et les amener à être encore plus épanouis.

C'est cet impact positif de l'arrivée d'un enfant qui peut amener certains couples malheureux à prendre la décision d'avoir un enfant pour se rapprocher. Même dans les médias, on retrouve souvent une image un peu «rose» de la grossesse, de l'accouchement et de la vie avec un bébé. Mais la réalité est parfois moins rose.

Avoir un enfant, ce n'est pas une solution magique aux problèmes de couple. En fait, l'arrivée d'un enfant, c'est un défi pour le couple. Ça passe ou ça casse! Pour que ça passe, il faut quelques «ingrédients de base»: de la complicité, une certaine capacité d'adaptation, une bonne gestion du stress et des émotions, une bonne dose de jugement, beaucoup de communication, certaines habiletés de négociation, une capacité d'introspection, de la curiosité pour la recherche d'informations, de la confiance en soi, des habiletés de prise de décision, du temps, de l'énergie, de l'attention et surtout... Un grand coeur et beaucoup d'amour!

 

Une psy vous répond

Q : Je suis un papa âgé de 55 ans et j'ai une fille qui aura bientôt 14 ans. Sa mère et moi sommes séparés depuis environ 9 ans, mais nous n'avons aucun problème de communication pour l'éducation de notre fille. Ce matin, mon ex-femme m'a envoyé un courriel que notre fille lui a écrit pour lui faire part du cadeau qu'elle aimerait avoir pour son prochain anniversaire.

Il s'agit d'un « piercing «, entre les deux yeux (sur l'arrête du nez, il paraît que ça s'appelle un bridge) ! Le problème, c'est que sa mère et moi ne sommes pas d'accord, mais nous voulons faire le bon choix et ne pas nous la mettre à dos.

Des parents pas certains de leur choix.

R : D'abord, je pense que pour les questions de look, il faut choisir nos batailles ! Autrement dit, les ados doivent être encadrés jusqu'à un certain point, mais les parents doivent tout de même tolérer une certaine « expérimentation « de leur part. Les ados sont en quête d'identité, et ils sont parfois mal à l'aise avec leur nouveau corps qui change rapidement. Cela se traduit parfois par des changements de look, auxquels les parents ont parfois de la difficulté à s'adapter ! Au moins, l'adolescence est une bonne période de la vie pour faire des essais-erreurs au plan des choix vestimentaires et de l'apparence. Lorsque votre fille aura 30 ans et qu'elle sera employée dans une compagnie, ce ne sera probablement plus un temps approprié pour faire l'essai d'une coupe « mohawk « ! L'important, c'est de reconnaître son besoin d'explorer les looks, son désir d'extravagance, tout en situant des limites à l'intérieur de votre zone de confort. Et cette zone de confort peut varier d'un parent à l'autre c'est une question de goûts et de valeurs. Si une demande qu'elle vous fait vous semble déraisonnable, dites-lui que pour le moment, c'est non, mais que vous êtes conscient qu'elle pourra faire ce qu'elle veut à 18 ans. Suggérez-lui une alternative qui pourrait lui plaire. D'un autre côté, si vous voulez lui faire plaisir et que vous considérez que vous pourriez peut-être « plier « en lui donner votre autorisation malgré un léger malaise de votre part, vous pourriez accepter en imposant certaines conditions par exemple en exigeant qu'elle enlève son « piercing « lors des occasions où vous jugez que ce n'est pas approprié. Si vous êtes vraiment inconfortable avec cette demande qu'elle vous fait, refusez. Elle vivra sûrement une frustration, mais les frustrations font partie de la vie et elle survivra ! Peut-être que d'ici à ce qu'elle atteigne l'âge de 18 ans, elle aura le temps de changer d'idée, ou encore de se trouver un look tout aussi original et à son goût, qui vous choque moins.

Bonne chance !

 

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