C'est la grande question que tous les représentants des pays du globe se posent en préparant le Sommet de Copenhague sur les changements climatiques.
C'est aussi la question que chacun de nous devra se poser dans un avenir rapproché, même ici, dans la région.
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Pourquoi? Parce qu'une partie de la réponse est politique. Plus le gouvernement fédéral retarde la mise en oeuvre de projets abaissant fortement les émissions carboniques, plus on se place dans une situation difficile dans l'avenir.
Car le réchauffement global qui pointe à l'horizon se bâtit depuis deux siècles, sans que l'on sache quand la digue va se rompre. Les événements qui font présentement la manchette de façon sporadique sur toute la planète constitueront alors la réalité quotidienne.
D'après ce que l'on connaît sur les fluctuations climatiques au cours des âges, les concentrations de gaz carbonique (CO2) dans l'atmosphère ont toujours varié entre 180 et 280 parties par million (ppm) entre les périodes glacières. C'est ainsi que la planète a fonctionné depuis des millions d'années.
Au xviiiesiècle, quand la révolution industrielle débuta, les concentrations de CO2 avoisinaient 275 ppm. À la fin de la Deuxième Guerre, elles étaient à 315 ppm. Dans les années 1980, elles avaient atteint 350 ppm.
Chose plus grave encore, elles dépassaient déjà la capacité de la planète à neutraliser leurs effets néfastes sur les écosystèmes.
Mais l'économie mondiale a continué de se développer en utilisant les énergies fossiles (charbon, gaz naturel, pétrole), de sorte que les concentrations de gaz carbonique s'élèvent aujourd'hui à 385 ppm.
Nous nous dirigeons certainement vers un monde qui devra vivre avec 450 ppm de CO2 dans l'atmosphère, voire 550 ppm si le développement économique continue à son rythme actuel.
Si vous croyez que ce sont des chiffres sans importance, rappelez-vous que le passage de 280 à 380 ppm est responsable de la fonte de presque tous les glaciers de montagnes du monde, du déglaçage de l'océan arctique au cours de l'été, de la fonte du pergélisol des pays nordiques et de l'accélération de la désertification des pays du Sud.
Tout cela pour moins d'un degré Celsius d'augmentation de température mondiale!
Des conséquences immenses
L'ajout de 100 autres ppm de gaz carbonique dans l'atmosphère pourrait faire augmenter la température de trois autres degrés Celsius, de dix degrés dans les habitats nordiques du Canada à l'intérieur des prochains 30 ans.
En un mot, les gens du Yukon et des Territoires-du-Nord-Ouest pourraient vivre à des températures ressemblant à celles de Gatineau ou d'Ottawa. Et les gens du monde entier fréquenteraient des océans plus élevés d'un mètre, tandis que la plupart des écosystèmes seraient méconnaissables après avoir perdu le quart de leur biodiversité.
La vie dans un monde à 550 ppm de gaz carbonique est difficile à imaginer, car seuls les descendants des dinosaures en connaissaient les secrets.
D'ores et déjà , il est trop tard pour vouloir vivre à des concentrations de CO2 en deçà de 350 ppm: ce niveau a déjà été dépassé il y a deux décennies.
Chose plus inquiétante, cette situation permet dorénavant au réchauffement global de se nourrir de lui-même et de s'amplifier.
Il est donc important de stopper la contribution humaine à ce procédé pour ne pas l'accélérer davantage. Le peu d'intérêt montré par les gouvernements du monde pour le protocole de Kyoto laisse penser que l'humanité va continuer à nourrir ce monstre encore bien des années, ce qui nous fera certainement franchir la barrière de 450 ppm avant 2030 et celle de 550 ppm vers le milieu du présent siècle.
Le Canada participe allègrement à cette course au développement économique à forte production carbonique, même s'il sera un jour parmi les pays victimes du réchauffement.
Peut-on vraiment laisser notre gouvernement agir ainsi? Si vous cherchez une réponse, demandez donc à vos enfants!
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