«L'important, c'est de participer!»

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Sous une attitude de mauvais perdant se cache... (Archives)

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Sous une attitude de mauvais perdant se cache souvent une anxiété de performance, voire une peur des conséquences terribles qui pourraient suivre. Même nous, adultes, sommes parfois effrayés par les conséquences possibles d'un échec, d'une erreur. Sous la colère de perdre se cache donc une certaine détresse.

Archives

 

Nadia Gagnier
Le Droit

Félix, 4 ans, réagit très mal lorsqu'il perd à un jeu. Il pleure, il se fâche, il dit qu'il ne veut plus jouer...

Ses parents sont fâchés de son attitude, mais ils s'inquiètent également des conséquences possibles si leur fils ne comprend pas un jour qu'on peut avoir du plaisir en jouant, même lorsque l'on perd. Ils tentent de changer son attitude en essayant de le convaincre que jouer est amusant même lorsque l'on perd, et que l'important, c'est de participer.

 

Mais Félix fait la sourde oreille: il a des réactions extrêmes et ses parents craignent que ses amis le rejettent si ça continue ainsi.

Certains enfants ont naturellement un esprit plus compétitif et veulent absolument ne pas faire d'erreur, être les meilleurs, être le premier et toujours gagner. Je dis «naturellement», mais parfois, l'enfant adopte cette attitude en observant un de ses parents: il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l'apprentissage par imitation!

De plus, il ne faut pas oublier que nous vivons dans une société de performance où «gagner» et «réussir» sont extrêmement valorisés, tandis que «perdre» et «faire une erreur» sont associés à un statut inférieur. Dans ce contexte social, difficile de transmettre à un enfant de 4 ans le message qu'on peut s'amuser même si l'on perd. Pensez seulement aux Jeux olympiques qui débuteront dans quelques semaines: vos enfants verront à l'écran des gagnants qui sourient et des perdants qui pleurent.

Une anxiété de performance

Sous les comportements dérangeants de cette attitude de mauvais perdant se cache souvent une anxiété de performance et une croyance que les conséquences de perdre peuvent être terribles.

Même nous, adultes, sommes parfois effrayés par les conséquences possibles d'un échec, d'une erreur. Sous la colère de perdre se cache donc une certaine détresse.

Les parents réagissent à cette attitude de toutes sortes de façons. Certains punissent l'enfant parce qu'une attitude de mauvais perdant est un mauvais comportement. D'autres perçoivent la détresse cachée sous la colère de l'enfant et tentent de le rassurer et de le consoler lorsqu'il perd. Certains parents font exprès pour faire perdre l'enfant lorsqu'ils jouent avec lui, pour «casser» son attitude, d'autres font exprès pour le laisser toujours gagner afin d'éviter la tempête. Enfin, certains parents tentent de convaincre leur enfant d'adopter une attitude positive, d'utiliser le principe de la pensée positive... «J'ai perdu, mais je suis joyeux car je me suis amusé quand même!»

L'importance du modèle

Souvent, la meilleure attitude à prendre en tant que parent est de tenter soi-même d'être un bon perdant, afin d'être un modèle positif pour l'enfant. Il est également important de jouer honnêtement, sans faire «exprès» pour perdre ou gagner. L'enfant doit apprendre la réalité et dans la vie, parfois on gagne, parfois on perd. Toutefois, il est important de choisir des jeux qui ne sont pas trop difficiles pour l'enfant et peut-être de donner des «handicaps» aux plus vieux qui jouent avec lui, histoire d'équilibrer les chances.

Il est également important de faire des jeux où la compétition est mise de côté et fait place à la coopération. Un bricolage collectif, un grand casse-tête en famille: n'importe quoi qui favorise l'entraide et dans lequel il n'y a ni perdant, ni gagnant.

Aussi, lorsque l'enfant perd et réagit mal, ne tentez surtout pas de le convaincre que ce n'est pas grave de perdre... surtout avec les messages contraires qu'il recevra des médias, de ses amis et parfois même de vous (quand vous lui dites qu'il faut avoir de bonnes notes pour réussir, par exemple)!

Lorsque l'enfant est triste ou frustré après avoir perdu, mieux vaut valider son émotion en lui disant que perdre est décevant, qu'on comprend qu'il aurait préféré gagner. Sa détresse sera alors diminuée de moitié puisqu'il se sentira compris.

Alors seulement, il pourra être ouvert au discours de type «l'important, c'est de participer»!

 

Une psy vous répond

Q : À la suite d'une rencontre avec l'éducatrice de notre garçon de 5 ans au CPE, nous devons entamer certaines démarches, car elle soupçonne que notre enfant souffre du « trouble d'opposition «. J'aimerais savoir quelle est la démarche initiale à adopter ? Devons-nous commencer par son médecin de famille ou chercher à obtenir l'aide d'un spécialiste ?

R : Les symptômes du trouble d'opposition sont les suivants : l'enfant perd le contrôle de sa colère ; il s'obstine et argumente avec les adultes ; il défie les consignes et les règlements, ou refuse de s'y plier ; il ennuie ou agace délibérément les autres ; l'enfant blâme les autres pour ses erreurs ou ses mauvais comportements ; il est irritable ou facilement dérangé par les autres ; il est souvent rancunier ou vindicatif.

La première étape de votre démarche est de faire évaluer l'enfant et la situation familiale par un professionnel afin de bien diagnostiquer le problème et d'en identifier la cause. Ensuite seulement, on pourra bien adapter les interventions aux besoins de l'enfant.

Le psychiatre est un médecin spécialiste de la santé mentale. Il est souvent à la tête d'une équipe multidisciplinaire dans une clinique de psychiatrie. Il peut traiter les troubles de la santé mentale par la thérapie et/ou la médication.

Comme il est un spécialiste, une référence du pédiatre ou du médecin de famille peut être nécessaire.

Le psychologue est un professionnel pouvant évaluer les troubles affectifs et du comportement par des entrevues, de l'observation, des tests, et les traiter par diverses formes de thérapie ou le coaching parental (dans le cas d'un enfant).

Le psychologue n'est pas un médecin et ne peut donc pas prescrire de médicaments.

La psychiatrie est souvent réservée aux cas plus lourds. Je vous suggère donc de commencer par obtenir l'évaluation d'un psychologue qui, une fois le problème bien cerné, saura vous aider ou vous orienter vers les bonnes ressources pour le traitement.

Si vous souhaitez consulter un psychologue, vous pouvez le faire dans les différents milieux suivants :

au CLSC de votre voisinage ;

en privé (service de référence de l'Ordre des psychologues du Québec 1-800-561-1223) ;

dans une clinique universitaire (des stagiaires en psychologie, supervisés par des psychologues d'expérience, y offrent souvent des services d'évaluation à prix modique).

 

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