2009, prélude à des jours meilleurs

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Jean-Marie Bergeron
Le Droit

Nombreux étaient ceux et celles qui pensaient que l'année 2009 serait un grand cru en environnement. Des spécialistes du monde entier se creusaient les méninges pour trouver de nouvelles idées menant au remplacement du protocole de Kyoto et tout ce monde se donnait rendez-vous au Danemark pour en parler. Nous avons suivi de loin les péripéties de cette rencontre à Copenhague qui fut, à mon avis, loin d'être édifiante. Plus particulièrement, le Canada et les représentants de ses provinces les plus vertes se sont engueulés sur la place publique devant des millions de spectateurs. De plus, le Canada a récolté de nombreux prix «fossiles du jour» lors de cette rencontre fort médiatisée, de sorte que son image en sort un peu ternie.

Ce sont plutôt certaines de ses provinces vertes qui ont gagné en popularité en matière de protection de l'environnement et de réduction de gaz à effet de serre (GES). Le monde entier sait maintenant que des provinces du Canada ont des plans d'action plus forts que celui du gouvernement central, ce qui le forcera peut-être à améliorer son plan d'action en la matière. L'alliance des quatre provinces les plus vertes au pays pourrait mettre en branle un mouvement positif à l'échelle nationale pour réduire un peu partout les GES. Par contre, le défi est immense, vu le retard enregistré dans les programmes déjà en place et l'absence d'appui des instances fédérales. Par exemple, le tout nouveau rapport annuel de l'Ontario en la matière (Climate change action plan - annual report 2008-2009) annonce que la province ne pourra pas attendre ses objectifs de réduction de GES dans un avenir acceptable, comme il était prévu. Harvey Mead, l'ex-commissaire au développement durable du Québec en est venu lui aussi à la même conclusion pour le Québec. Le plan d'action déjà en place ferait rater la cible de réduction de GES par 15 millions de tonnes, ce qui ramènerait la province tout juste au-dessus des émissions de 1990. On serait encore loin des promesses de 20% de réduction par rapport à l'année cible. Mais les provinces se rapprochent, s'entraident et discutent pour améliorer leur performance environnementale, ce qui est une chose très positive.

 

À la ville d'Ottawa

À un niveau plus local, la ville d'Ottawa a été classée «moyennement bonne» en environnement par l'équipe de Corporate Knights, qui dresse ce type de classement entre les villes canadiennes de taille équivalente. La Ville de Gatineau ne participe pas à ce genre de classement de sorte qu'elle ne peut pas se comparer à ses semblables dans le but de s'améliorer. C'est dommage.

Dans un autre registre, d'excellents projets environnementaux sont en voie de concrétisation des deux côtés de la rivière dans le secteur des transports en commun, de la récupération des matières putrescibles et en ce qui concerne la réduction de surverses d'égouts collecteurs d'eaux usées. De plus, Ottawa - mais pas Gatineau - fait des efforts concrets pour augmenter la densification urbaine. Enfin, aucune des deux villes n'a encore développé de réelles mesures incitatives pour encourager les gens à délaisser leur auto pour aller travailler, de sorte que les centres-villes resteront embouteillés et pollués. Il est d'ailleurs dommage que les deux villes n'harmonisent pas leurs plans d'action en environnement.

Programmes verts

Finalement, les citoyens ont été encouragés, en cours d'année, à profiter de divers programmes dont la finalité peut être reliée à la protection de l'environnement. Le plus important a été le programme fédéral d'aide à la rénovation qui, espérons-le, a pu servir à plusieurs pour mieux isoler les maisons, remplacer les systèmes énergétiques fonctionnant aux énergies fossiles, poser de meilleures fenêtres,etc.

Quoi qu'il se passe au niveau international ou national, il est tout aussi important d'accomplir des actions locales, «dans sa propre cour», pour se donner la satisfaction de contribuer à l'effort collectif de lutte contre cette pollution planétaire qui divise tant les nations. Quand on peut dire «moi, je l'ai fait», on est en droit d'entrevoir l'avenir avec plus d'optimisme.

 

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