Toujours difficile
Marie-Hélène a raison: ce n'est pas parce que les séparations sont fréquentes et moins taboues aujourd'hui qu'à l'époque de nos parents ou de nos grands-parents, qu'elles ne causent plus de sentiments de tristesse, de deuil et de déchirement. Les enfants, tout comme les parents d'une famille qui vient de vivre une séparation passent par toute une gamme d'émotions avant d'éventuellement pouvoir retrouver un certain équilibre.
Chez les parents, il peut y avoir de la colère contre l'ex-conjoint, une perte d'estime de soi reliée au rejet ou à l'échec du couple, des inquiétudes par rapport au fait de devoir vivre seul, à la possibilité d'éventuellement refaire sa vie, au rôle de parent monoparental... Chez les enfants, il peut y avoir la croyance qu'ils sont responsables de la séparation et des conflits, l'inquiétude de perdre un des deux parents pour toujours, le fantasme qu'ils vont un jour se réconcilier...
Toutes ses émotions peuvent apporter des réactions différentes chez les enfants et les parents, mais ce qui est difficile à gérer, c'est que les réactions des enfants pourraient accentuer les réactions des parents et vice-versa. Par exemple, un enfant que la séparation des parents rend insécure pourrait demander plus d'attention à ceux-ci pour tenter de se sécuriser. Si la séparation a rendu un de ses parents plus impatient, ce dernier pourrait se fâcher contre les demandes d'attention de l'enfant et ainsi, augmenter davantage son niveau d'insécurité.
Donc, les interactions parents-enfants, suite à une séparation parentale, peuvent devenir de véritables cercles vicieux. Il peut en résulter une diminution de la qualité de la relation parent-enfant, ou encore une détérioration de la qualité de l'encadrement offerte par le parent, celui-ci pouvant devenir plus permissif (n'ayant plus l'énergie de faire respecter les limites) ou plus militaire (ayant peur de perdre son autorité en n'ayant plus le soutien de l'autre parent).
Mais pourquoi certaines familles sont plus touchées par ces effets négatifs de la séparation que d'autres? En fait, ce n'est pas la séparation en tant que telle qui cause tous ces impacts négatifs, mais bien de nombreux facteurs qui y sont reliés, qui peuvent varier d'une famille à l'autre.
Pour plusieurs parents, le fait de devoir assumer seul les dépenses d'un foyer entraînera une baisse de niveau de vie. Certains devront réduire certaines dépenses et vivre dans une plus petite demeure. Les déménagements peuvent également mettre au défi la capacité d'adaptation des parents et des enfants, surtout s'ils impliquent un déracinement de l'ancien voisinage, un changement d'école, la perte de l'animal de compagnie... Il va sans dire que deux des facteurs associés à la séparation qui affectent le plus les enfants sont un niveau de conflit élevé entre les parents, ou encore le désengagement total d'un des parents dans leur vie. Enfin, un autre facteur qui fait en sorte que les familles qui se séparent n'ont pas toutes les mêmes réactions est la capacité d'adaptation des parents et des enfants avant la transition familiale.
Bref, il ne faut ni banaliser, ni dramatiser les impacts d'une séparation sur une famille, puisque de multiples facteurs influenceront comment cette famille s'y adaptera. L'important, c'est de rester à l'écoute des enfants qui vivent cette situation et de maintenir une bonne relation avec eux, puisqu'ils n'ont jamais choisi de vivre la séparation de leurs parents.










