Son nouveau plan de lutte contre les changements climatiques calqué sur celui des États-Unis en est l'exemple probant. Par contre, à l'opposé de cela, quatre provinces canadiennes l'Ontario, le Québec, la Colombie-Britannique et le Manitoba ont développé en 2009 d'excellents plans de lutte contre les gaz à effet de serre (GES).
Deux autres provinces l'Alberta et la Saskatchewan ne peuvent pas réduire leurs GES dans les circonstances présentes parce que leur économie repose sur l'exploitation des sables bitumineux. Comme certains les appellent, ces deux «sortes» de Canada s'affrontent dans l'espace public, ce qui est inutile et contre-productif si l'on veut trouver une solution à ce type de pollution.
Pardonnez ma naïveté mais qu'y a-t-il de mal à ce que les provinces pouvant réduire leurs GES le fassent à grande échelle avec l'aide de subventions fédérales, de façon à équilibrer les émissions de GES des deux provinces grandes émettrices?
Le plan d'action du Québec pour réduire les GES sur une période de 10 ans abaisserait ces derniers d'environ 17 millions de tonnes sous les niveaux de 1990 tandis que celui de l'Ontario les ferait décroître de 26 millions de tonnes d'ici 2020. L'effort de réduction de ces deux provinces équilibrerait en quelque sorte les émissions de GES provenant de la production en pétrole actuelle de l'Alberta.
Les efforts similaires du Manitoba et de la Colombie-Britannique accompliraient la même chose pour équilibrer les émissions de GES de la Saskatchewan.
Une belle occasion
Voilà donc une belle occasion de mettre en pratique le concept «d'asymétrie», cette fois-là appliquée à l'environnement. Un bon moyen pour le gouvernement Harper de se débarrasser de son image très peu verte en environnement. Une sorte de «péréquation carbonique» annuelle qui devrait s'élever à 15 milliards de dollars (1% du PIB) et distribuée aux provinces ayant des projets à forte réduction de GES.
C'est tout de suite qu'il faut appliquer cette asymétrie. L'Ontario débute correctement son plan d'action en investissant massivement dans les énergies vertes avec un consortium coréen. Le Québec n'est pas en reste en appuyant la construction d'éoliennes ainsi que les usines de biométhanisation partout sur son territoire. Mais si ces deux provinces veulent accentuer davantage leurs actions en matière de changements climatiques, il leur faudra plus d'aide et des investissements massifs.
Et c'est là que le gouvernement fédéral pourrait exercer un nouveau rôle, se créer une nouvelle image en subventionnant l'économie verte de ces provinces qui veulent accélérer leur lutte contre les changements climatiques. Car les quatre provinces vertes du Canada sont les seules à avoir l'espace nécessaire pour réduire encore plus leurs GES après 2020 afin de neutraliser la future phase d'expansion du pétrole de l'ouest canadien qui se propose de doubler la production présente.
Ce potentiel existe bel et bien. Plusieurs des pays qui se sont réunis à Copenhague en décembre dernier étaient prêts à réduire leurs GES non pas de 20% mais de 30%, voire 40% par rapport à l'année de référence 1990, si les grands émetteurs acceptaient de les suivre.
Équiterre, Les Amis de la Terre et Greenpeace appuient de telles cibles ambitieuses et verraient sans doute d'un bon oeil que les quatre provinces ci-haut mentionnées parachèvent leurs plans d'action avec l'aide fédérale pour que les émissions de GES du Canada se stabilisent vers 2030.
À cette date, la technologie de séquestration du carbone serait pleinement fonctionnelle pour prendre la relève des Quatre Vertes et permettre enfin à l'Alberta et à la Saskatchewan de commencer à réduire elles-mêmes leurs émissions de GES. Ainsi, tout le monde aura mis l'épaule à la roue pour que le Canada respecte ses engagements officiels du protocole de Kyoto, même si c'est 20 ans en retard.
Par des investissements asymétriques en environnement, le Canada aurait démontré qu'il est possible de relever d'immenses défis écologiques quand on arrête de se chamailler et qu'on s'entraide pour rechercher des solutions acceptables pour tous.











