Les parents sont tristes, mais en même temps, ils se disent qu'en connaissant la cause de ses difficultés, peut-être que plus de solutions s'offriront à eux. Ils s'inquiètent surtout de l'impact des échecs à répétition sur l'estime de soi de leur fils. Il pleure quelques fois durant l'heure des devoirs en disant: «Je ne suis pas capable». Ces moments arrachent le coeur de ses parents, qui tentent du mieux qu'ils peuvent de l'encourager à continuer de faire des efforts. Mais parfois, Jérémie a l'impression que les efforts ne donnent rien.
Son découragement l'amène parfois à être impatient et irritable, ce qui a un impact sur la vie familiale. Ses parents se disent qu'au-delà de l'aider à mieux réussir à l'école, il faudra probablement l'aider à reprendre confiance en lui... et en la vie.
L'estime de soi
Parfois, quand un enfant vit des échecs à répétitions, il est possible qu'il souffre d'un trouble d'apprentissage tel que la dyslexie, la dysorthographie, la dyscalculie, le trouble d'audition centrale,etc. Et le processus entre les premiers échecs de l'enfant et la fin des démarches d'évaluation qui permettent d'identifier le trouble d'apprentissage est souvent difficile et angoissant pour les enfants et leurs parents.
Mais même si ce processus est difficile, mieux vaut dépister assez tôt le trouble d'apprentissage afin d'offrir rapidement une aide personnalisée à l'enfant et ainsi éviter une répétition d'échecs qui affectera son estime. Car, effectivement, ne pas réussir à l'école peut amener un enfant à perdre confiance en ses capacités, à croire qu'il n'est bon à rien ou même stupide.
Lorsqu'elle perdure, une telle perte d'estime de soi peut même mener à un état dépressif, à des problèmes de comportements ou au décrochage scolaire.
Or, un enfant qui souffre d'un trouble d'apprentissage peut avoir de nombreux talents et être très intelligent! Un trouble d'apprentissage non identifié chez un enfant, qui ne reçoit pas une aide adaptée, peut l'amener à ne plus être conscient de ses capacités. Il est donc important de tenter par tous les moyens de protéger l'estime de soi de ces jeunes et de leur offrir des services adaptés à leur besoin le plus tôt possible dans leur «carrière» scolaire.
Des ressources
Heureusement, il existe une excellente ressource pour les enfants et les adultes qui vivent avec un trouble d'apprentissage, ainsi que pour les professionnels qui travaillent auprès de cette clientèle (enseignants, orthopédagogues, psychologues,etc.). Il s'agit de l'Association Québécoise des Troubles d'Apprentissage (AQETA). L'AQETA se donne comme mission de faire connaître et défendre les droits des personnes qui vivent avec un trouble d'apprentissage. Elle vise tout particulièrement à soutenir les parents dans leurs démarches pour leur enfant. Avec l'aide de différents organismes les CLSC et commissions scolaires, par exemple , elle offre plusieurs services forts précieux pour les familles, tels que des programmes d'entraide et des programmes de dépistage dans les garderies.
Dans le cadre de leur congrès (qui avait lieu cette semaine), j'ai donné une conférence sur l'estime de soi. J'ai été extrêmement touchée par les témoignages des parents et intervenants qui désirent soutenir ces enfants. Je ne suis pas experte des troubles d'apprentissage, mais les participants étaient avides d'informations sur l'estime de soi, le thème de ma conférence. Car, lorsqu'un trouble d'apprentissage est identifié chez un enfant, une grande étape reste souvent à franchir: reconstruire sa fragile estime de soi afin qu'il puisse à nouveau foncer dans la vie.
Un processus qui demande bien du soutien, de patience et d'amour!










