Quelles que soient les motivations de chacun, les mordus du vélo commencent à avoir des alliés de taille. Ainsi, à New York et à Détroit, on veut multiplier les pistes cyclables pour réduire la circulation automobile. Même chose à Montréal et à Sherbrooke. Cette dernière municipalité veut d'ailleurs aller plus loin encore : décourager l'utilisation de l'auto-solo à partir de 2012. Entre-temps, on consulte, on planifie et on se prépare!
Pourquoi ne pas en faire autant ici, à Gatineau et à Ottawa, deux villes où la densité de population continuer à augmenter? La construction du Rapibus se prépare. Celle du train léger à Ottawa aussi. On met donc en place tout ce qu'il faut pour encourager les gens à utiliser beaucoup plus les transports en commun pour aller travailler.
On le sait, à chaque jour, ce sont 351 000 autos qui traversent les ponts de notre région métropolitaine; 60% des travailleurs d'Ottawa et 70% de ceux de Gatineau utilisent leur auto-solo ou presque. Pas surprenant qu'en 2008, les Nord-Américains ont perdu 4,2 milliards d'heures à attendre dans le trafic!
Tout ce smog, mêlé à celui des émanations industrielles, est, selon la Fondation des maladies du coeur, responsable de 6000 décès prématurés par an au Canada. Il doit certainement exister des alternatives, plus intéressantes que des données « mortuaires «, pour convaincre les utilisateurs de l'auto-solo de remiser la voiture pendant la semaine de travail!
Tous les responsables des grandes villes dans le monde se creusent la cervelle pour régler ce problème grandissant. Partout, les campagnes continuent de se vider, les gens se dirigeant vers les villes. La Chine et l'Inde en sont des exemples récents.
Au Canada, 80% des gens vivent déjà dans des villes, lesquelles deviennent de plus en plus grosses, avec plus d'autos, donc plus polluées. Les 33,5 millions de Canadiens possèdent déjà plus de 20 millions d'automobiles. Au Québec, il y en a 5,5 millions, presqu'une auto par citoyen de plus de 18 ans. Il faut donc trouver des solutions pour retirer des autos sur les routes aux heures de pointe, ce qui aura comme effet de rendre l'air plus respirable; avec moins d'autos, les villes seront également moins dangereuses pour les piétons et les vélos. Mais ceci ne peut pas s'accomplir sans développer de bonnes stratégies pour une meilleure mobilité urbaine.
Stratégie locale
À ce niveau, votre chroniqueur ne peut pas vous aider. Ce sont les administrations municipales qui doivent initier de telles stratégies, en collaboration avec les citoyens car c'est l'affaire de tout le monde.
Est-ce qu'il faut des autobus plus petits pour pénétrer jusqu'aux confins des territoires urbains et d'autres plus gros pour les lignes de base? Est-ce qu'il faut les faire passer aux dix-quinze minutes? Est-ce qu'il faut les munir de support à vélos? Est-ce qu'il faut doubler ou tripler le nombre de pistes cyclables? Et les ouvrir à l'année longue? Est-ce que celui qui accroche son vélo à un autobus se fait donner un passage gratuit? Est-ce que l'on doit allonger ou raccourcir les circuits, les heures de fonctionnement? Doit-on développer des zones sécurisées de stationnement pour vélos sur tout le territoire? Est-ce que les vélos pourraient circuler dans les voies réservées alors que l'on sait que la plupart des automobilistes ne respectent pas les règlements municipaux à cet effet? Quel support financier doit-on donner au mode de transport par vélo par rapport au covoiturage?
Une stratégie de mobilité durable pourrait répondre à ces questions et à bien d'autres, pendant que les systèmes de transport en commun se consolident dans la région de Gatineau-Ottawa. Investir 2 milliards $ dans les transports en commun sans se soucier de les lier aux transports complémentaires urbains, c'est comme construire une maison sur les sables mouvants. Donc, contraire à toute forme de durabilité. Est-ce vraiment cela que l'on désire ici?
jmbergeron@ledroit.com











