Cette nouvelle survient à peine deux mois après que ces employés eurent réussi à obtenir la toute première convention collective de l'histoire de Wal-Mart en Amérique du Nord. Un arbitre du travail avait alors imposé un contrat de travail à l'employeur et au syndicat qui n'arrivaient pas à s'entendre.
Afin de justifier sa décision, Wal-Mart Canada allègue qu'il s'agit d'un contrat de travail «irréaliste» qui aurait comme conséquence d'augmenter d'au moins 30 % les coûts d'exploitation de son atelier automobile. Qui plus est, l'entreprise «aurait été dans l'obligation d'augmenter à son tour ses prix aux consommateurs de 30 %». Évidemment, une telle situation ne correspondrait pas au modèle d'affaires de ce géant du commerce au détail qui se targue d'offrir les prix les plus bas.
En août dernier, les yeux étaient donc tous rivés sur le Wal-Mart de Gatineau et sur sa poignée d'employés syndiqués. Qu'est-ce que Wal-Mart allait pouvoir concocter comme réponse à cette syndicalisation tant honnie à laquelle il s'oppose systématiquement.
Deux choix s'offraient à la multinationale, soit de démontrer que le juge avait débordé de ses compétences ou soit de remettre en question la viabilité même du service avec les conditions imposées par une convention collective. La multinationale de Bentonville, en Arkansas, a évidemment choisi la solution la plus simple, la plus draconienne et la plus expéditive en mettant la clé dans la porte. Une décision qui démontre une fois de plus le peu de respect qu'elle éprouve à l'égard de ses employés, ou plutôt de ses associés appartenant supposément à la même grande famille. Pour légitimer sa décision, la direction rappelle que les Centres PLE sont des centres à faible rentabilité. Huit ont déjà fermé aux cours des dernières années et un autre en Ontario subira le même sort à la fin du mois.
Le géant de la distribution pense-t-il émouvoir quiconque avec un tel discours ? Rappelons qu'au premier trimestre 2008, Wal-Mart a enregistré un bénéfice net de 3,02 milliards $ US, une hausse de 6,9 % par rapport au premier trimestre 2007.
Malgré la décision de se débarrasser du syndicat de l'atelier mécanique du magasin du boulevard Maloney, toute la stratégie de Wal-Mart devra vraisemblablement être revue à la lumière du jugement très attendu de la Cour suprême. Le plus haut tribunal du pays doit se pencher sur le congédiement des quelque 190 employés de Jonquière en 2005 alors qu'un arbitre était sur le point d'y imposer une toute première convention collective.
Les travailleurs du magasin du Plateau dans le secteur Hull et ceux de Saint-Hyacinthe attendent également de voir le sort qui leur sera réservé concernant leurs démarches de syndicalisation. Parions que Wal-Mart saura sûrement faire preuve de beaucoup d'imagination pour leur mettre des bâtons dans les roues ou tout simplement anéantir leurs efforts.











