L'assermentation a été menée rondement par la greffière, Suzanne Ouellet. Ce n'est pas un spectacle de Marie Mai à la Maison de la culture, mais, comme on dit dans le métier, «ça fait la job». Et qui dit assermentation, dit serment d'office, un texte court qui n'engage pas à grand-chose, en tout cas certainement pas à une obligation de résultats. Par contre, il oblige à une certaine confidentialité qui, si je me fie à mon expérience de la chose municipale, peut se définir comme un secret, c'est-à-dire quelque chose que l'on dit dans le creux de l'oreille... à une personne à la fois. «Je m'engage à respecter la confidentialité des renseignements qui me seront communiqués dans le cadre de l'exercice de mes fonctions.» Bien sûr, l'élasticité du serment d'office s'accroît à mesure qu'on se rapproche des élections municipales.
Maintenant que les élections de Stefan Psenak (Aylmer) et de Sylvie Goneau (Bellevue) ont été confirmées, on peut comparer le nouveau conseil à l'ancien.
Franchement, je crois que ce conseil est supérieur. Je donnerais un certain avantage au groupe de Stefan Psenak, Maxime Tremblay (Plateau-Manoir-des-Trembles), Mireille Apollon (Orée-du-Parc), Patsy Bouthillette (Carrefour-de-l'Hôpital, Sylvie Goneau, Stéphane Lauzon (Lac-Beauchamp), Nicole Champagne (Limbour) et Maxime Pedneaud-Jobin (Buckingham) sur celui de Frank Thérien, Alain Pilon, Claude Millette, Richard Côté, Aurèle Desjardins, Simon Racine et Jocelyne Houle. Il y avait de grosses pointures dans ce groupe de conseillers sortants. Je crois cependant que les nouveaux apportent un bon bagage d'expérience, des idées différentes, à défaut d'être nouvelles, sans oublier une plus grande présence de femmes à la table du conseil. Une chose est assurée: la langue française et la cohérence du discours vont faire des pas de géants. Imaginez une phrase avec sujet, verbe et complément. On n'arrête pas le progrès.
Avec l'arrivée de Sylvie Goneau, qui travaillait au bureau du conseiller Georges Bédard, à Ottawa (Rideau-Vanier), j'espère que cela va faciliter et accroître les contacts avec les politiciens de «l'autre bord». C'est dans ce quartier qu'aboutit le pont Macdonald-Cartier, sur l'avenue King-Edward, principale porte d'entrée des Gatinois à Ottawa et seul accès des camions lourds vers la zone urbaine de l'Outaouais québécois.
Il faut également souligner l'arrivée au conseil de trois (Psenak, Apollon et Pedneaud-Jobin) des cinq candidats qui ont fait part d'une vision progressiste à peu près commune lors de la dernière campagne électorale. Émanant du mouvement Projet Gatineau, qui a vu le jour il y a un an, ce groupe s'est bien défendu de parler de parti politique bien que la tendance pourrait se maintenir. Ces trois nouveaux conseillers présentent un contraste marqué avec ceux qu'ils remplacent (Thérien, Millette et Houle) et leur présence se fera sentir au conseil.
Dans cette nouvelle cohorte, l'arrivée de Maxime Pedneaud-Jobin est fort intéressante. Articulé et brillant, tout le monde s'entend pour dire qu'il ne finira pas sa carrière politique comme conseiller de Buckingham. Lors de l'assermentation, l'ex-conseillère hulloise Denise Gagné est venue rencontrer celui dont on lui avait parlé comme futur maire de Gatineau. Disons que c'est un peu rapide comme évaluation... mais pas complètement dans le champ. Comme on dit dans le métier: il ne doit pas «peaker too soon». De toute évidence, l'ambition ne lui fait pas défaut, il n'est pas dépourvu d'idées et de vision. Il doit toutefois faire ses classes pour un ou deux mandats et il n'est pas seul au présent conseil à reluquer le siège de Marc Bureau. Je lui suggère de regarder du côté de Sherbrooke, où le cheminement du nouveau maire Bernard Sévigny pourrait ressembler à celui de Pedneaud-Jobin. Il ne faut pas être pressé et arriver au bon moment... et de justesse au terme d'une lutte serrée et acharnée.
Quant à Marc Bureau, il est en train de former son équipe. Je l'ai trouvé remarquablement détendu et en plein contrôle, lors de l'assermentation. Je crois qu'il a un bon réservoir de candidats pour donner des responsabilités à chacun. L'arrivée de la nouvelle cohorte lui ouvre plein de possibilités et il m'a prédit quelques surprises. Lesquelles? Comme je ne suis pas dans le secret des dieux, ces spéculations ne sont que le fruit de mon imagination. J'en cite quelques-unes, au risque de me faire des ennemis chez ceux et celles que je ne nommerai pas.
Luc Montreuil (Masson-Angers) devrait rester maire suppléant. Au comité exécutif, Montreuil et Alain Riel (Deschênes) devraient remplacer Jocelyne Houle et Richard Côté. Je verrais Denis Tassé ou Denise Laferrière à la présidence du comité des immobilisations, de la circulation et du budget. Je laisserais Alain Riel à l'environnement et au développement durable et Patrice Martin à la présidence de la STO pour cause d'importance stratégique des dossiers à piloter au cours de ce mandat. Mireille Apollon ou Stefan Psenak se retrouveront probablement à la commission des arts, de la culture, des lettres et du patrimoine. Patsy Bouthillette pourrait apporter une importante contribution au comité des Ressources humaines bien que ce comité exige une très grande disponibilité pour cause de négociations permanentes. Je nommerais Maxime Pedneaud-Jobin au comité consultatif d'urbanisme (ce qui n'est pas une sinécure, en passant) et Maxime Tremblay au comité de vérification. Quant à la présidence des réunions du conseil, c'est une responsabilité épuisante et exigeante. Patrice Martin est un naturel pour le poste en raison de sa patience angélique, mais je me demande si un changement ne serait pas bénéfique. Sylvie Goneau serait-elle intéressée? Après les réunions et les débats interminables au conseil d'Ottawa, les réunions du conseil de Gatineau vont lui sembler une partie de plaisir, d'autant plus qu'il faut certaines capacités de «traduction simultanée» pour occuper ce poste.











