En tant que citoyen et cochon de contribuable, je soumets bien humblement que c'est moi et quelques dizaines de milliers de vos concitoyens, qui payons pour ces innommables enfantillages, poursuites, procrastinations, sabotages, déclarations intempestives, et autres escarmouches de vos guéguerres. J'en ai jusque-là! Je n'arrive pas à comprendre le pourrissement pandémique qui semble infecter à ce point les relations de travail qu'on se livre à des tactiques qui visent à déstabiliser, saboter, faire payer et paralyser ma ville, notre ville!
Dans ses nouvelles nominations, Marc Bureau a nommé Denis Tassé (Touraine) au comité exécutif et l'a chargé d'y être le porte-parole des ressources humaines. Le flou artistique qui a entouré cette nomination me laisse un peu perplexe, car je n'arrive pas à bien cerner ce que cela veut dire. Est-ce un mandat ou une désignation? Est-ce une responsabilité ou une courroie de transmission ou un porte-voix? Le maire a déclaré que cela avait pour but de garder les ressources humaines au cours des réunions de l'exécutif. Soit. Si j'étais Denis Tassé, je poserais quelques questions qui se résumeraient à ceci: que voulez-vous que je fasse? Par exemple, quelle a été son implication dans la mise en demeure servie hier au président du syndicat des pompiers.
J'irais encore plus loin et je formerais un comité de citoyens éminents, comme Michel Légère, Marcel Beaudry et Nycole Turmel, pour servir de facilitateurs entre les syndicats et la «partie patronale», c'est-à-dire nous autres. Tiens, une autre suggestion: pourquoi pas Tony Cannavino? Il me semble que la situation a assez duré et qu'il faut mettre les parties devant leurs responsabilités à l'endroit des citoyens. Rappelons-nous tous qui va payer la facture.
À la dernière réunion du conseil, une délégation de cols blancs s'est présentée pour poser des questions au maire. Je comprends l'impatience des cols blancs, car cela fait plus de trois ans qu'on planche sur la question des classifications de poste à la suite de la fusion. Il semblerait que ce dossier perdure en raison du manque d'effectifs aux ressources humaines.
Par contre, je dois vous avouer que je suis drôlement interpellé par les interventions du président du syndicat des pompiers, Stéphane Noël, la semaine dernière dans l'affaire de l'incendie de l'église Saint-Paul. Comme façon d'attiser le feu dans les négociations de son syndicat avec la Ville, il est difficile de trouver mieux. Je ne suis donc pas étonné que la Ville ait servi cette mise en demeure, hier, au président du syndicat.
En semant une série de sous-entendus, d'inquiétudes et d'affirmations en demi-teintes, il a réussi à semer le doute sur la réponse du service des incendies à cet incendie d'origine criminelle. Résultat? La compagnie d'assurance Mutuelle Inter-Ouest envoie à la Ville, c'est-à-dire à nous autres, vulgaires contribuables, une mise en demeure de 3,8 millions$. Et la Ville envoie une mise en demeure au président du syndicat des pompiers pour avoir brisé le lien de confidentialité et les règles d'éthique. Pour sa part, le porte-parole de la compagnie d'assurance, Ted Beauparlant, prend la parole du chef syndical comme du cash pour la simple raison que cela fait son affaire.
Ces interventions soulèvent plusieurs questions. Les négos entre la Ville et ses pompiers et ses policiers sont dans un état lamentable. Sans oublier les cols blancs et les cols bleus. Je comprends que la patience de nos pompiers et policiers, et de tous les syndiqués, a été mise à rude épreuve et que rien ne justifie l'état lamentable de ces négociations. Je m'interroge toutefois sur la responsabilité morale d'un professionnel de la lutte aux incendies, ci-devant président de syndicat, de provoquer ainsi une panique appréhendée. Quel objectif poursuit Stéphane Noël? Faire payer la Ville? Faire peur aux citoyens? Faire avancer les négociations en utilisant la tactique du chéquier du contribuable?
S'il y a problème de pression dans le secteur Aylmer, il ne s'est pas matérialisé le soir du 10juin dernier. Il existait bien avant. Les normes sont-elles respectées? Si elles ne le sont pas, elles ne l'étaient ni le 9juin, ni le 10, ni le 11. Si la convention collective avait été signée, serait-il intervenu de la même manière? Et s'il était alors intervenu, aurait-ce été à titre de professionnel ou de président de syndicat? Où finit le mandat d'un président de syndicat et où commencent ses responsabilités professionnelles à l'endroit de son employeur, nous autres? Où étaient les compagnies d'assurance qui ont pourtant réussi à faire plier le gouvernement et à lui faire imposer aux villes de nouveaux schémas de couverture de risques à des coûts astronomiques pour les vulgaires contribuables?
Le président du syndicat des pompiers peut bien allumer tous les incendies médiatiques qu'il voudra; au bout du compte ce n'est pas lui qui aura à les éteindre ou en payer la note, à moins, bien sûr, qu'il ne soit, comme nous tous, un vulgaire contribuable. Et Gatineau peut bien poursuivre ce dernier, au bout du compte, on va se ramasser avec la facture. Il me semble que ça finit toujours au même endroit, ces tristes histoires. Y a-t-il quelqu'un quelque part pour ramener tout ce beau monde à de plus justes perspectives?











