Lesquelles sont les bonnes ? Lesquelles sont les mauvaises ? Lesquelles ont des coins trop carrés ? Lesquelles suggèrent le bon mélange de couleurs, ni trop éclatantes, ni trop ternes ? Et lesquelles s'imbriqueront les unes dans les autres sans forcer ?
Avant toute autre considération, le premier ministre doit former un cabinet qui saura bien mener le pays au nom de la population canadienne. En même temps, il doit s'assurer d'une juste - ce qui ne signifie pas équivalente - représentation de toutes les régions du pays, de groupes linguistiques, des groupes ethniques, etc.
Réélu le 14 octobre dernier, Stephen Harper devrait annoncer son cabinet sous peu. Depuis plusieurs jours, et pour quelques heures encore, il est confronté à ce casse-tête.
Il est des portefeuilles pour lesquels les réponses viennent facilement, comme aux Finances, où les avis vont tous dans le renouvellement de Jim Flaherty : une main stable nécessaire pendant une période instable.
Dans la région d'Ottawa-Gatineau, deux hommes devraient obtenir sa confiance. Malgré son style abrasif, John Baird a défendu avec brio un bilan déficient au ministère de l'Environnement. Il a tout fait pour obtenir un renouvellement de mandat dans ce dossier. Lawrence Cannon a porté d'une main expérimentée le portefeuille du Transport dans l'ancien gouvernement. Non seulement mérite-t-il de revenir au cabinet, mais une solide promotion en même temps. Le prestigieux poste des Affaires extérieures est libre depuis le départ de David Emerson : M. Cannon n'a pas montré d'intérêt pour ce sujet dans le passé mais gageons qu'il saurait bien succéder à la sagesse de M. Emerson.
M. Cannon est le plus solide ministre des conservateurs au Québec. Sans vouloir le diminuer, il trône au haut d'une brochette qui ne lui vient pas à la taille. Jean-Pierre Blackburn et Christian Paradis sont d'honnêtes représentants. Mais Josée Verner a mal défendu ses dossiers comme ministre du Patrimoine canadien et doit porter une grande responsabilité pour l'imbroglio en culture. Sa défense de l'intérêt public pendant l'incertitude du réseau de télévision TQS n'était pas reluisante non plus. Pire encore a été sa défense de la francophonie canadienne (on consulte, à défaut de faire quelque chose), ou son abdication devant l'abolition du Programme de contestation judiciaire. Si elle devait revenir au cabinet, il faut que ce soit dans des fonctions très superficielles.
Maxime Bernier aura livré la Beauce aux conservateurs avec une majorité plus importante qu'en 2006. Mais sa bourde autour de Julie Couillard et l'embarras dans lequel il a placé son gouvernement font en sorte qu'il ne devrait pas réintégrer le cabinet Harper. Du moins, pas tout de suite.
Un retour à Gatineau
Il ne faudra pas compter sur Claude Millette pour rehausser de façon perceptible les débats à la table du conseil municipal de la Ville de Gatineau. Il ne saura combler le vide provoqué par le départ de Louise Poirier, la conseillère du quartier L'Orée-du-Parc.
Longtemps conseiller à la défunte Ville de Hull (défait par Lawrence Cannon en 2001), M. Millette n'était pas du genre à se lancer dans de grandes envolées lyriques, ou à mener le conseil de l'époque dans de grands combats philosophiques.
Il ne s'est pas métamorphosé et ne métamorphosera pas le conseil gatinois. Par contre, une relecture des débats municipaux des années 1990 rappelle que Claude Millette démontrait une solide capacité à incarner et à défendre les préoccupations de ses commettants. Il savait toujours se mettre dans le sens du gros bon sens : il a défendu l'artère Laramée-McConnell (le boulevard des Allumettières aujourd'hui) quand peu y croyaient encore, initié le règlement anti-tabac, milité contre le projet Viabus, la fermeture des bars à 2 h, etc.
À une année de l'élection municipale à Gatineau, Claude Millette saura à tout le moins apporter une dose d'expérience à la table du conseil.












