Il s'agit là d'une décision logique au terme d'un processus long, ampoulé et coûteux où les dés étaient résolument pipés au détriment de notre région et à l'encontre du bon sens le plus élémentaire. Enfermé dans son mantra de décentralisation et de privatisation, le gouvernement Harper avait voulu faire de ce projet une sorte de musée PPP pour démontrer que le privé sait faire tout aussi bien que le public et qu'un musée pouvait être installé ailleurs que dans la capitale.
Ce projet d'exposer publiquement une partie des portraits et photos entreposés à l'édifice des Archives nationales à Gatineau a vu le jour en 2001 sous l'égide du gouvernement Chrétien et avec l'appui enthousiaste de Sheila Copps, alors ministre du Patrimoine. Ce musée devait emménager en face du Parlement dans l'ancien édifice de l'ambassade des États-Unis... et ouvrir en 2005. Lorsque Stephen Harper a pris le pouvoir, il a mis un terme au projet et a d'abord tenté de l'installer à Calgary, avant de céder aux pressions et lancer un appel de propositions pancanadien. C'est ce processus, à sa phase d'évaluation, auquel le gouvernement a heureusement mis un terme.
Cette décision est plus que bienvenue car le projet allait à contresens de ce qui se fait ailleurs dans les grandes capitales. Dans son communiqué laconique, le ministre Moore souligne qu'il est important que le gouvernement du Canada gère ses propres affaires "avec prudence et pragmatisme". Prudence, on en convient dans la conjoncture actuelle ; pragmatisme, cela s'impose d'évidence. Ce musée appartient à la région de la capitale nationale non pas de droit, mais dans la logique économique et pratique puisque c'est ici que se retrouvent les grandes institutions muséales nationales et leur administration. C'est également ici que convergent des millions de touristes à chaque année pour visiter les musées et les monuments de la capitale nationale. Combien de visiteurs auraient afflué dans une tour à bureau de Calgary pour y visiter le musée du Portrait ?
Même si un musée du Portrait ne sera pas construit dans un avenir rapproché, ici comme ailleurs, il verra le jour sous forme d'expositions itinérantes conçues ici même et qui feront ensuite le tour du pays. C'est donc dire que des spécialistes de la Bibliothèque et des Archives nationales seront mis à contribution pour préparer de telles expositions et les présenter à tous les Canadiens, ce qui correspond entièrement au mandat de ces institutions.
Auto-peluredebananisation
L'expression, attribuée à l'ex-premier ministre Jacques Parizeau, décrit cette propension naturelle du Parti québécois à trébucher sans l'aide de ses adversaires. Avant de lancer la balle aux journalistes pour avoir fait la manchette de ce document du PQ sur les forces et les faiblesses de Pauline Marois, il y a lieu de se demander qui avait intérêt à le couler et comment se fait-il qu'un document aussi sensible n'ait pas été détruit après consultation par les plus hautes instances du PQ.
Pauline Marois, Jean Charest, Mario Dumont ou Françoise David ont leurs qualités et leurs défauts. Nous avons tous compris qu'ils ne sont pas parfaits et qu'ils doivent composer avec leurs limites. Ne sont-ils pas humains, après tout ? On peut bien les trouver arrogants, fendants, snobs, suffisants, incohérents ou déconnectés, ils ne se sont pas rendus à la direction de leur parti par hasard et sans de grandes qualités personnelles ou professionnelles.
Mais ils ne peuvent y arriver seuls. Leur succès repose sur une équipe qui ne sème pas de pelures de banane sur leur passage ou, comme dans le comté de l'Assomption, ne transforme pas une assemblée d'investiture en foire d'empoigne entre partisans. Avec de tels équipiers, Pauline Marois n'a pas besoin d'adversaires.











