La santé et la souveraineté

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Pierre Allard
Le Droit

Sauf exception, les partis politiques sont un peu poltrons durant les campagnes électorales. Les programmes et promesses sont le plus souvent élaborés en fonction de leur capacité à attirer les votes des électeurs, et non pour leur valeur intrinsèque. Ainsi des enjeux qui ont défrayé la manchette pendant des mois et des années sont temporairement relégués à l'arrière-plan pour mieux courtiser l'électorat.

Par exemple, les sondages démontrent que malgré la crise économique, la première préoccupation des Québécois demeure la santé. Et pourtant, le Parti libéral du Québec semble avoir enterré cette question, mettant presque tous ses oeufs dans le panier de l'économie. S'il n'y a pas erreur de tir des libéraux, c'est que la formation de Jean Charest n'a rien qui vaille à proposer aux citoyens.

 

Pressé de questions sur la santé, hier, le chef du PLQ n'a pu faire mieux qu'un vague engagement de poursuivre ses efforts, doublé d'un blâme à Pauline Marois pour ses réformes des années 1990. Aucune mesure précise, ni même d'annonce ultérieure d'un programme libéral en santé.

Pour l'Outaouais, cela augure mal. En juin 2007, le ministre libéral de la Santé et des Services sociaux de l'époque, Philippe Couillard, avait annoncé en grande pompe l'octroi d'un «statut particulier» à l'Outaouais accompagné d'un train de mesures précises et d'un financement estimé à 40 millions $. Or il y a quelques mois, le pdg de l'Agence de santé et de services sociaux de l'Outaouais, le Dr Guy Morrissette, faisait état de ses discussions avec l'actuel ministre de la Santé, Yves Bolduc. On apprenait notamment que le «principe» du statut particulier serait préservé mais que l'orientation à prendre pour l'avenir restait à déterminer.

L'existence même de ce statut particulier, doit-on le rappeler, témoigne des défis exceptionnels que doivent relever les établissements de santé de la région et des difficultés - pénurie de médecins, temps d'attente excessifs, etc. - que rencontrent tous les jours des milliers de résidants de l'Outaouais. La campagne électorale en cours constitue le moment idéal d'exiger des candidats et des partis des engagements précis, fermes et prioritaires en santé, ici comme partout ailleurs au Québec. M. Charest et ses candidats devront en prendre bonne note.

Pendant ce temps, le Parti Québécois, entreprenant comme le PLQ une campagne axée sur les enjeux économiques, a commodément choisi de voiler son option souverainiste, au grand déplaisir des militants «purs et durs» désireux que l'échéancier référendaire reste au coeur du débat. Flairant l'indifférence, voire une certaine hostilité, à un débat immédiat sur le statut du Québec, Mme Marois préfère l'option qui la mènera au pouvoir, plutôt que celle qui correspond à la principale raison d'être du parti, donnant ainsi au PQ une image qui évoque davantage un NPD très autonomiste qu'une formation souverainiste.

Ou le Parti Québécois a peur d'affronter l'électorat sur la souveraineté, ou il s'en éloigne tout doucement sans trop l'avouer. Quoi qu'il en soit, on ne peut permettre à Mme Marois de s'en tirer aussi facilement avant le 8 décembre.

La route 50

Sans tambour ni trompette, deux nouveaux tronçons de l'autoroute 50 - Buckingham-Thurso et Grenville-Lachute - ont été ouverts à la circulation. On peut comprendre que le gouvernement n'ait pas fait grand cas de ces importants travaux routiers. On ne se vante pas d'une autoroute qui n'en est pas une (elle n'a que deux voies), construite avec plus de 30 années de retard. De plus, les tronçons restants, qui devaient être complétés en 2010 sont maintenant reportés à 2012, une échéance qui, presque assurément, ne sera pas respectée. On s'en reparlera dans quatre ans.

Tout de même, le prolongement de la "route" 50, si incomplet soit-il, sera bien accueilli par les automobilistes et permettra de dégager quelque peu la route 148.

 

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