Pour le moment, il semble y avoir encore d'autres villes, d'autres pays, prêts à payer ce que M. Ecclestone exige pour accueillir le cirque de la F1 et se placer ainsi sur l'échiquier sportif mondial. Il reste à voir combien de temps cela durera.
Avançons le parallèle avec la Ligue nationale de hockey. Elle a trouvé, dans les années 1990, suffisamment d'investisseurs peu soucieux pour amener le hockey dans des villes plus petites, comme Ottawa, ou d'autres où la culture du sport nordique n'est pas assurée (Phoenix, Columbus, Tampa Bay, Miami, Nashville, Atlanta, etc.) Quand l'économie roule à plein, il y a suffisamment d'amateurs pour acheter des billets. Maintenant que tout ralentit, les billets de hockey, tout comme ceux de Formule 1, pourraient être plus difficiles à solder. À moyen terme, certaines franchises pourraient changer de propriétaires, et peut-être déménager. Québec et Winnipeg, plus petites mais plus convaincues, pourraient avoir une chance de revenir un jour dans la LNH si la flambée des prix s'essouffle suffisamment.
En F1, un scénario semblable pourrait se dérouler lorsque des villes déclareront forfait. Les prix pourraient baisser et remettre Montréal dans la mire.
Entre temps, Montréal est due pour un bon remue-méninges sur ce qui pourrait prendre la relève. Ce sera difficile à identifier. L'idée de tenir une course automobile où les vertus vertes des véhicules seraient mises de l'avant soulève de l'intérêt. Mais susciterait-elle de l'intérêt de la part des spectateurs ? des commanditaires ?
Au fil des ans, Montréal a créé sa part de festivals qui alimentent sa vie culturelle aujourd'hui : le Festival de jazz, le festival Juste pour rire, les Francofolies. En 1998, Montréal en lumière a été créé de toutes pièces pour animer la métropole en février. Tous ces événements prouvent que l'imagination est la seule frontière.
Que ce soit au plan sportif ou culturel, Montréal est capable de trouver le dynamisme pour se renouveler. En stimulant les neurones de Montréal, le coup forcé de Bernie Ecclestone pourrait bien être une bénédiction pour la métropole, le Québec et le Canada.
Solution: l'argent
Le candidat de l'Action démocratique du Québec dans Chapleau, Gilles Taillon, croit que l'argent endiguera la fuite du personnel infirmier vers l'Ontario. Il propose ainsi que les salaires soient bonifiés de 6000 $, pour presque rejoindre ceux de l'Ontario, qui seraient 8000 $ plus élevés.
Dans le camp libéral, le premier ministre Jean Charest a dévoilé, hier, un plan pour offrir 8000 $ de plus par an pour les infirmières avec 35 ans de service afin qu'elles repoussent la prise de leur retraite. Il faut espérer qu'elles aient encore le goût et l'énergie de continuer après toutes ces années sur le plancher...
Certes, les salaires s'avèrent une partie importante de l'équation. Mais il y a plus que ça. Comme les horaires difficiles, le climat de travail, les pratiques administratives, etc. Pour celles qui choisissent le travail en Ontario, il y a la langue de travail (outre l'hôpital Montfort et certaines organisations communautaires).
Payer plus reconnaîtra une partie de l'immense fardeau que le système de santé met sur les épaules du personnel infirmier. Souhaitons que ces propositions soient réalisées et aient les effets souhaités.
pjury@ledroit.com











