Mais cela n'est qu'une illusion, avise Françoise David, la co-dirigeante de Québec Solidaire (avec Amir Khadir) qui participait à une rencontre éditoriale au quotidien LeDroit, hier.
Le PQ n'est pas encore vraiment revenu à gauche, à son avis. Par exemple, Mme Marois n'a pas rejeté d'emblée le rapport Castonguay sur la place du secteur privé dans le domaine de la santé au Québec. Pour Québec Solidaire, la réponse était claire et nette : c'était non. Et le PQ parle aujourd'hui d'explorer le potentiel pétrolier dans le golfe du Saint-Laurent, ce que rejette Mme David, par conviction environnementale.
Pourtant, le fractionnement des forces de la gauche n'est pas à son avantage. Avec grosso modo 30 % d'appuis au PQ, 7 à 8 % pour Québec Solidaire et 3 à 4 % pour le Parti vert, il y aurait dans ces mouvements divergents de quoi faire une chaude lutte à Jean Charest et son Parti libéral, dont les appuis lors des derniers sondages tournent autour de 40-41 %.
Les ouvertures à des discussions sur le flanc gauche ont eu lieu, assure Mme David. Le Parti vert les a refusées, le PQ ne répond pas.
Il y a un autre niveau où la gauche peut faire sentir son influence, et c'est en participant au débat public, en y amenant des propositions qui vont dans le sens d'une plus grande justice sociale. La présence même de Québec Solidaire, lors de cette campagne électorale, va en ce sens. QS propose entre autres que Québec s'occupe collectivement des achats de médicaments pour tout le réseau de la santé, plutôt que laisser chaque institution s'en charger. Mme David avance que ce pool d'achats permettrait des économies qu'elle estime entre 1 et 2 milliards $, une somme importante pour un ministère où tout ne fait qu'augmenter.
Le Parti libéral du Québec ferait bien d'emprunter cette idée à QS ; il ne s'en est pas gêné en pigeant chez l'Action démocratique du Québec l'idée de payer pour les deux premières tentatives de fécondation in vitro. Idem avec l'idée de créer une société d'assurance-médicaments, propriété de l'État. Le Québec en a profité avec l'assurance-automobile ; le même modèle pourrait valoir en santé.
En attendant de faire élire ses premiers représentants à l'Assemblée nationale, Québec Solidaire peut contribuer de belle façon au débat public en offrant ses idées aux partis au pouvoir.
Du pareil au même
Le député libéral Peter Milliken a été réélu à la présidence de la Chambre des communes, hier, au terme de cinq tours de scrutin. Les campagnes des députés d'Ottawa-Vanier, Mauril Bélanger, et d'Ottawa-Orléans, Royal Galipeau, n'ont pas porté fruit.
La présidence la Chambre est un poste prestigieux accompagné de sa part de privilèges. Mais surtout, aux yeux des Canadiens, le président de la Chambre est celui qui est chargé de la discipline et du décorum dans nos débats parlementaires. À ce chapitre, il semble qu'il y ait eu une nette dégradation depuis plusieurs années déjà. M. Milliken met cela sur le dos des gouvernements minoritaires. Le ton revanchard et partisan de certains députés qui ont vu leur parti l'emporter aux élections ne fait rien pour aider. Deux députés conservateurs de la région, John Baird et Pierre Poilievre, gagneraient à être plus humbles dans la victoire.
Ceux qui se complaisent à invectiver leurs adversaires et à passer outre aux règles parlementaires obéiront-ils davantage à Peter Milliken lors de la nouvelle session qui s'amorcera aujourd'hui avec le discours du Trône ? On le souhaite, mais il est permis d'en douter...
pjury@ledroit.com











