Les élections de mars 2007 se sont déroulées dans un contexte très différent. Elles ont permis aux électeurs de signifier au parti au pouvoir depuis 2003, le Parti libéral dirigé par Jean Charest, une insatisfaction sur leur façon de gouverner d'alors, de donner une chance au chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, de se faire valoir comme chef de l'opposition et de signifier aux troupes du Parti québécois qu'ils n'étaient pas prêts à leur donner le mandat de gouverner sous la direction d'André Boisclair.
Cela a donné un gouvernement minoritaire avec 48 députés libéraux, 41 de l'ADQ et 36 du PQ. Les troupes libérales, et M. Charest lui-même, ont changé leurs méthodes et se sont alors adaptées pendant 20 mois aux pratiques nécessaires pour gouverner de façon minoritaire. Il est vrai que leur chef a délaissé un peu de son arrogance et de sa superbe que lui permettait d'afficher son statut de chef d'un parti majoritaire au pouvoir pendant les quatre années précédentes.
Par contre, le chef adéquiste, Mario Dumont, en qui plus de un million de Québécois avaient placé leur confiance, allant jusqu'à lui donner la possibilité de propulser ses idées sur la tribune privilégiée de chef de l'Opposition officielle, a déçu. S'il a prouvé ses talents d'orateur, il aura failli à démontrer qu'il avait la substance voulue, qu'il maîtrisait bien les défis qui s'ouvrent devant le Québec et surtout qu'il avait acquis la stature nécessaire pour devenir premier ministre Ses phrases clichés qui faisaient sourire auparavant et qui le rendaient sympathique ont été une arme qu'il a retournée contre lui pendant toute la dernière année, et même au cours de la présente campagne électorale. Il lui fallait plus de contenu que cela pour conserver la confiance des électeurs. L'ADQ a aussi pendant ce temps fait la démonstration qu'elle ne reposait pas encore sur une équipe assez solide, même pour assumer les responsabilités d'une opposition officielle.
Pendant ce temps, le Parti québécois s'est donné un autre chef, Pauline Marois. Elle impressionne de jour en jour. L'ex-ministre en vue dans les cabinets péquistes démontre l'étoffe certaine d'une politicienne aguerrie, maniant bien l'art de la politique, capable avec le temps de se donner une stature forte de femme de tête.
Depuis son accession à la direction du PQ, elle porte ainsi ombrage à Mario Dumont qui ne réussit pas à se hisser au niveau des deux autres.
Maintenant qu'il faut aux Québécois reconstruire le puzzle de leur Assemblée nationale, alors que les circonstances se sont terriblement modifiées, nous sommes d'avis qu'un gouvernement majoritaire sera mieux placé pendant les quatre prochaines années pour affronter les difficultés économiques qu'un gouvernement minoritaire, soumis à l'envie de ses opposants de le démettre, souvent pour des motivations politiques plus que pour les intérêts des Québécois.
Nous croyons de plus qu'il est préférable de demander au Parti libéral du Québec de diriger ce gouvernement. Son équipe est aguerrie, son chef semble avoir appris de ses erreurs passées, son idéologie politique est porteuse de continuité contrairement à celle du PQ, bien que celui-ci ait mis un peu en veilleuse sa priorité indépendantiste par voie référendaire.
Nous formulons le souhait que le PLQ, et Jean Charest, aura suffisamment appris à écouter la population québécoise pendant le purgatoire qu'elle lui a fait subir et qu'ils sauront gouverner avec démocratie, sans trop d'arrogance ; mais avec fermeté aussi et conviction pour mettre en oeuvre les projets qui permettront aux Québécois de moins souffrir des effets de la crise économique et de préparer l'avenir.
jpronovost@ledroit.com










