Il serait peut-être temps, en 2008, de mettre fin à cette domination. Non pas qu'elle n'ait pas servi la région.
L'économie outaouaise s'est toujours bien débrouillée au cours de ces années, surtout en raison de la force de la fonction publique fédérale qui a assuré une base d'emplois stables et bien rémunérés à des dizaines de milliers de personnes et leurs familles.
Il est certain que l'Outaouais rural, avec sa dépendance sur le secteur de la forêt a écopé au cours des dernières années, mais les causes de la crise qui secoue cette industrie sont profondes et les réponses n'ont pas toujours leurs sources au Québec. Le gouvernement libéral tente de mieux gérer la ressource forestière, au prix d'un ralentissement de l'emploi ; des programmes de formation de la main-d'oeuvre tentent de pallier aux écueils des familles qui en ont vécu pendant des générations. Il faut faire davantage.
Dans tout l'Outaouais, la santé demeure la principale insatisfaction de la population. La situation y est plus criante et l'ex-ministre de la Santé, Philippe Couillard, a reconnu à l'Outaouais un statut particulier dont certains bienfaits sont en train d'être mis en place. Il faudra aller plus loin et le Dr Gilles Aubé, candidat du Parti québécois dans la circonscription de Hull, propose comme solution un nouvel hôpital à vocation régionale. L'idée a du mérite mais il faudra du temps avant de faire avancer un tel dossier. Il ne faudra pas l'attendre pour redoubler les efforts de recrutement de personnel médical, tant chez les médecins généralistes que spécialistes, tant chez les infirmières que les techniciens et les pharmaciens.
Les contribuables ont toutes les raisons d'être perplexes quant aux trop faibles améliorations que le secteur de la santé a connues sur le terrain. L'équipe libérale de Jean Charest a misé son élection de 2003 sur la santé et à tous les niveaux, il faut attendre. Devant cela, que faire comme électeur ? Attendre et espérer ? Ou mettre les représentants politiques libéraux aux rebuts dans l'espoir d'un renouveau ?
À l'échelle du Québec, LeDroit a conclu, hier, que l'équipe libérale de M. Charest méritait un nouveau mandat, et un mandat renforcé de gouvernement majoritaire. C'est aussi ce qu'annoncent les sondages répétés.
Dans cette logique, les représentants de l'équipe libérale en Outaouais méritent des mandats renouvelés. Il faut d'ailleurs souligner la relative faiblesse de bien des candidats à cette élection, en particulier chez les partis d'opposition. Certains ont du mérite et de longs états de service, mais leurs campagnes ont été anémiques et les libéraux ne pourront qu'en profiter. C'est le cas dans les circonscriptions aux extrémités est et ouest de l'Outaouais, Pontiac et Papineau, où les industries forestières ont fait des dégâts. C'est dans le Pontiac que la crise est la plus dommageable et Charlotte L'Écuyer a tenté de garder la tête hors de l'eau, sans grand succès. Ses adversaires n'ont cependant jamais pu prouver qu'ils pourraient faire mieux des banquettes de l'opposition. Un député libéral, tout comme Norman MacMillan, dans la circonscription de Papineau, saura mieux défendre les intérêts locaux du côté du gouvernement.
Dans Gatineau, Stéphanie Vallée représente la relève du Parti libéral : elle mérite amplement un nouveau mandat.
Dans Hull, la députée sortante Maryse Gaudreault a eu bien peu de temps pour faire ses preuves depuis l'élection partielle de mai dernier. Connaissant bien les rouages de l'État, elle doit poursuivre son travail. Mais elle devra redoubler d'énergie car le Dr Aubé, et Bill Clennett, de Québec solidaire, représentent de solides choix pour les électeurs. Tous mériteraient d'être élus.
La circonscription de Chapleau est orpheline depuis le départ du ministre Benoît Pelletier. L'Action démocratique du Québec y a dépêché son ténor Gilles Taillon dont la connaissance des dossiers et le sérieux dépassent de loin ceux de ses adversaires. Les électeurs devraient lui faire confiance afin de briser le carcan libéral de l'Outaouais.













