En 24 heures, de lundi à mardi soir, les villes d'Ottawa et de Gatineau ont fermé le dossier de leurs budgets pour l'année qui vient.
À Gatineau, la hausse des impôts fonciers atteindra 2,9 %. Au terme de débats animés, hier, le budget a été adopté à onze voix contre sept. Ne reste plus qu'à voir si la population réagira à l'idée d'une augmentation supérieure (quoique de peu) à l'Indice des prix à la consommation...
Comparons la situation à la Ville d'Ottawa. La hausse y atteindra 4,9 %. Des chiffres plus élevés, dans les 7 %, ont circulé, mais même à 4,9 %, le maire Larry O'Brien est mécontent parce qu'il rêvait encore à tenir son engagement électoral d'un gel des impôts fonciers. Cela n'aurait pu se faire sans imposer d'énormes coupures de service à la population : la culture, les patinoires extérieures, les places en garderie, on parle là de services qui, s'ils devaient s'amenuiser, réduiraient la qualité de la vie dans la capitale.
À Ottawa, on consulte surtout après le dépôt d'une ébauche budgétaire. Ces dernières années, comme il y a d'énormes pressions sur le budget municipal, cette étape de validation auprès de la population s'est transformée en séance de défoulement des citoyens face aux choix électoraux, face aux fonctionnaires qui ont pondu l'ébauche, et face aux élus et aux priorités qu'ils défendent. Cela donne à l'exercice budgétaire à Ottawa des airs de calamité et de fin du monde.
À Ottawa, peut-être est-ce un vieux réflexe conservateur, les citoyens espèrent des gels de taxes... C'est ce qui a porté M. O'Brien au pouvoir, même si tous les observateurs de la scène municipale prédisaient qu'il s'agissait d'une promesse impossible à tenir. Les quelques années de gels ont toujours fini, dernièrement, par des hausses supérieures au coût de la vie alors que la réalité a vite rattrapé la réalité des finances municipales.
Deux villes, deux budgets, deux hausses. Mais des manières bien différentes d'y parvenir.
La chose à faire
Bob Rae a annoncé, hier midi, qu'il se retirait de la course à la direction du Parti libéral du Canada. Il laisse le champ libre à son "ami et collègue" Michael Ignatieff, qu'il a assuré de son "appui entier et inconditionnel".
Il s'agissait de la chose à faire pour la direction du parti, même si ce n'est pas la meilleure avenue pour la démocratie partisane.
La politique fédérale est prise dans un maelström depuis le dépôt raté de l'Énoncé économique par le ministre des Finances, Jim Flaherty. Depuis, le gouvernement conservateur a retraité sur ses principales mesures (droit de grève dans la fonction publique, réforme du financement populaire des partis fédéraux). Les trois partis d'opposition ont cristallisé leur intention de former une coalition. Le premier ministre Stephen Harper a livré un discours à la nation. Le chef de l'opposition Stéphane Dion a devancé ses plans de démission. Et maintenant, les deux adversaires de M. Ignatieff ont rendu les armes.
Avec autant de bouleversements en si peu de temps, il faut se demander ce qui surviendra à la coalition NPD-PLC-BQ. Elle s'est bâtie en une semaine, on peut douter qu'elle en survive six de plus, jusqu'au dépôt du budget, prévu le 27 janvier. Surtout que M. Harper fera tout pour la torpiller d'ici là. La bonne manière de le faire, c'est de tendre la main à l'opposition pour préparer un budget pour atténuer les effets du ralentissement économique, pour le bien de tous les Canadiens, pas que celui du Parti conservateur.
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