Fragile coalition

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Caroline Barrière
Le Droit

Le couronnement attendu de Michael Ignatieff à la tête du Parti libéral du Canada (PLC) annonce un virage important sur la Colline. Au-delà du changement de garde amorcé après le départ du chef démissionnaire Stéphane Dion, la nouvelle dynamique politique oblige tout un chacun à revoir leurs stratégies respectives.

L'arrivée de Michael Ignatieff permet d'entreprendre la reconstruction d'un parti désorganisé et vacillant depuis le scandale des commandites.

Les libéraux doivent dorénavant concentrer leurs efforts au renouvellement de leur parti et de leur programme, tout en redorant leur image au moment où les coffres sont à sec. La prorogation tant honnie par les opposants du premier ministre Stephen Harper donne, dans les faits, un sursis aux libéraux et à son nouveau chef.

 

M. Ignatieff tend la main à Jean Charest et aux Québécois. Il veut rétablir les ponts entre libéraux du PLC et du PLQ en tablant sur la perte de popularité du Parti conservateur au Québec, une province qui a refusé de se laisser tenter par les efforts de séduction des conservateurs lors du récent scrutin fédéral.

Michael Ignatieff donne l'impression d'être en contrôle, une qualité qui faisait cruellement défaut à son prédécesseur. Reconnu pour ses talents d'orateur, il inspire la confiance. En politique depuis à peine trois ans, il manque d'expérience sur le terrain et sur les questions économiques.

Et c'est justement l'énoncé économique qui a mis le feu aux poudres et précipité le projet de coalition, puis l'arrivée d'un nouveau chef.

Michael Ignatieff dit n'écarter aucune possibilité en attendant de voir ce que le ministre des Finances proposera lors du dépôt du budget à la fin janvier. Mais bien des libéraux n'apprécient guère l'idée de partager le pouvoir avec les néo-démocrates, surtout avec l'appui du Bloc.

Levier de négociations

C'est pourquoi le nouveau chef parle «d'intérêt national», se gardant ainsi une marge de manoeuvre pour voter en faveur du budget, et ce au détriment de la coalition.

Il doit remettre son parti à flot et préférera laisser aux conservateurs le soin de se dépêtrer avec la récession.

Toute cette situation ramène donc les projecteurs sur le premier ministre Stephen Harper, qui devra trouver des compromis s'il veut survivre aux éventuels votes de confiance et continuer à gouverner en 2009.

La coalition est un outil de négociations, un levier pour forcer le premier ministre trop peu repentant à laisser la partisanerie de côté en ces temps difficiles.

Ce front commun qui lui pend au bout du nez n'est qu'un outil de négociations. Harper devra désormais faire des concessions en se rappelant qu'il n'est pas majoritaire à la Chambre des communes.

 

Pont sans solution

 

La fermeture complète du pont des Chaudières s'est transformée en un véritable cauchemar pour des milliers de personnes. Sa réouverture partielle constitue une excellente nouvelle.

Il est aisé de comprendre pourquoi les ingénieurs de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada (TPSGC) n'ont voulu prendre aucun risque. L'effondrement du Viaduc de la Concorde à Laval a démontré la nécessité du principe de précaution en pareilles situations.

Malheureusement, la décision de TPSGC sent l'improvisation. A-t-on été trop frileux ? Il serait intéressant de savoir à quel point les conditions météo et la grève à OC Transpo ont fait pencher la balance en faveur de la réouverture du pont par opposition à l'extrême prudence des premiers jours.

Le ministère fédéral a failli à son mandat en ne proposant aucune solution de rechange.

Il faut aussi déplorer son manque de transparence, lui qui s'est fait peu loquace en laissant la population dans l'ignorance.

La Société de transport de l'Outaouais mérite également une très mauvaise note. Elle a trop attendu avant de bouger. Au lieu d'être à la remorque des événements, elle aurait dû faire preuve de plus d'initiative.

cbarriere@ledroit.com

 

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