À Gatineau, il s'agit évidemment du dossier de l'aréna Robert-Guertin. La Ville de Gatineau n'a pas suivi la procédure normale d'appel d'offres pour le projet de reconstruction de 28 millions $. Elle a plutôt signé un partenariat public privé avec le principal locataire de l'amphithéâtre, les Olympiques de Gatineau. La ministre a déjà rejeté les appels de cinq conseillers gatinois qui n'ont pas appuyé le projet municipal qui espéraient qu'une enquête publique soit déclenchée. Le 4 avril dernier, LeDroit rapportait que « la demande des conseillers sera traitée comme une plainte », une « procédure administrative ».
Tout le monde semble avoir une idée sur ce dossier qui, contrairement à ce que certains auraient pu croire, s'éternise sur la place publique gatinoise. Même l'ancien maire de l'ex-ville de Gatineau, Robert Labine, qui a qualifié toute l'affaire d'« abominable » et qui se questionne même sur la légalité de toute l'entreprise. Mais la ministre ne semble pas trop préoccupée. Sa désinvolture donne même l'impression qu'elle diminue l'importance de cette crise municipale. Sans aller à l'étape d'une enquête publique, il serait au moins souhaitable que Mme Normandeau regarde le dossier de plus près et exige du bureau de son ministère en Outaouais la plus grande diligence. De toute évidence, le maire de Gatineau Marc Bureau en a plein les bras avec cette patate chaude avec laquelle il jongle maladroitement... à six mois des élections municipales. Le maire sortant n'a pas déclaré s'il serait de la course mais il est évident que le maire, un chantre de la transparence lorsqu'il s'opposait à son prédécesseur Yves Ducharme, n'apprécie pas les accusations à l'effet qu'il n'est pas tout blanc dans cette histoire. Nous ne prétendons aucunement que M. Bureau pourrait profiter personnellement du contrat conclu avec le propriétaire majoritaire du club de hockey junior, Alain Sear. Mais nous peinons toujours à comprendre pourquoi le maire a accepté d'hypothéquer sa crédibilité pour accélérer un dossier qui fait plaisir aux Olympiques.
À peu près au même moment, à Montréal, le conseil de la métropole se débat avec le plus gros contrat de son histoire, une entente de 365 millions $ pour l'installation de dizaines de milliers de compteurs d'eau sur tout le territoire. Tous se demandent là -bas si la facture n'était pas un peu salée, et si les liens d'amitié entre l'ancien président du comité exécutif, Frank Zampino, et Tony Accurso, auraient pu teinter les négociations. Au moment des discussions, M. Zampino a séjourné dans les Caraïbes sur le yacht de M. Accurso, qui codirige à titre de président de Simard-Beaudry, le consortium GeniEAU qui a obtenu le contrat. L'autre partenaire est la société d'ingénierie-construction Dessau... qui a récupéré M. Zampino quelques mois après sa retraite politique pour le nommer vice-président, un poste qu'il vient d'abandonner compte tenu de la tempête médiatique qui l'entoure. Là aussi, la ministre Nathalie Normandeau fait la sourde oreille aux appels des critiques du contrat, comme le chef de l'opposition municipale, Benoît Labonté. La porte-parole de la ministre a pour sa part confié que « pour l'instant, le maire Gérald Tremblay a les choses en main ».
Dans un cas comme dans l'autre, les maires en ont plutôt les mains trop pleines. Une supervision attentive du ministère des Affaires municipales serait bienvenue.












