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Pierre Bergeron
Le Droit

Grâce à la présence et à l'ouverture de Barack Obama, le cinquième Sommet des Amériques à Port d'Espagne, capitale de Trinité-et-Tobago, aura été marqué par le réchauffement, jusque-là inespéré, des relations entre les États-Unis et plusieurs pays de l'hémisphère avec lesquelles les relations s'étaient grandement refroidies sous l'ère de George W. Bush.

Pour le Canada, c'est une occasion unique d'utiliser à bon escient son partenariat unique avec les États-Unis pour faire des avancées ou opérer de nouveaux rapprochements en particulier dans la région des Caraïbes.

 

Il faut se rendre à l'évidence que le leadership canadien sur la scène internationale a été fortement malmené au cours des dernières années et que le Canada a toute une côte à remonter pour mieux faire sentir sa présence dans les grands forums de la planète. Tant mieux si Stephen Harper peut profiter de l'embellie provoquée par la présence quasi charismatique de Barack Obama et sa bonne volonté à vouloir rétablir une certaine harmonie dans les relations entre les deux Amériques.

Même si Cuba ne fait pas partie de l'Organisation des états américains (OEA) et ne participe pas au Sommet des Amériques, elle a été en trame de fond des échanges et du climat qui règne à Port d'Espagne. Barack Obama a desserré un tant soit peu le noeud coulant qui étrangle Cuba depuis une cinquantaine d'années en assouplissant certaines restrictions pour les ressortissants dans leurs relations avec la mère patrie. Ce faisant, il a ouvert de nouvelles perspectives et adopté un ton d'ouverture et d'accueil qui aura des répercussions énormes sur les relations et le leadership des États-Unis auprès d'adversaires qui ne peuvent lui fermer la porte. Il en va ainsi du président vénézuélien Hugo Chavez qui appelait George W. Bush «le diable» et qui n'a pas raté une occasion de faire contact avec Barack Obama.

C'est ainsi que Washington et Caracas vont renouer leurs liens diplomatiques, coupés abruptement l'automne dernier. Avec sa déclaration de vendredi promettant un nouvel avenir dans les relations avec Cuba, le président américain a donné le ton et il faut s'en réjouir car c'est tout le climat des échanges entre les autres partenaires de l'OEA qui se métamorphose.

Pour le Canada, ce réchauffement est bienvenu puisqu'il renforce notre conviction que l'embargo américain n'a plus sa place dans la conjoncture économique et politique actuelle.

À la suite de la réunion du G-20, il y a deux semaines, et maintenant du Sommet des Amériques, on a la ferme conviction qu'un seul homme peut changer le monde par la force de ses idées, son ouverture d'esprit et sa personnalité engageante. «Je prends les conseils du Canada sur plusieurs sujets», a déclaré le président Obama. Tant mieux si le Canada peut en profiter et s'en servir pour faire passer ses propres messages. Pour un sous-fifre influent, c'est déjà un progrès.

 

Déclaration intrigante

 

Le ministre québécois de la Santé, Yves Bolduc, a fait une déclaration pour le moins intrigante en voyant comme une bonne nouvelle que les Québécois soient parmi les plus grands consommateurs de médicaments au Canada et au monde. C'est en effet ce que révèlent les dernières statistiques de l'Institut canadien d'information sur la santé. Le ministre ajoute que le Québec n'a pas un problème de "surconsommation", mais c'est le reste du Canada qui a un problème de "sous-consommation" parce qu'on n'y prend pas les médicaments qu'il faut. Il ajoute que dépenser pour l'achat de médicaments, c'est "plus économique" pour le système de santé puisqu'on prévient de cette façon les maladies, les complications et les frais associés.

Tout est dans la manière d'interpréter les données statistiques et d'en tirer des conclusions médicales, sociales, économiques ou politiques. Les commentaires du ministre Bolduc jouent sur ces quatre tableaux et soulèvent bien plus d'interrogations qu'elles n'y répondent.

 

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