Oh, il y a tout de même un certain nombre de projets en chantier en Outaouais. Le centre sportif, le Rapibus et les travaux de rajeunissement du Palais des congrès ne sont pas de simples vétilles. Il y en a pour 15 millions de dollars pour ce dernier, des sommes qui ont été annoncées la semaine dernière. Dans le cas du Rapibus, ce sont 233,5 millions que versera Québec. Quant au centre sportif, le fédéral contribue bel et bien à la facture de 50 millions de dollars, mais l'engagement date de 2008. Tous ces projets datent d'avant le récent budget du ministre Flaherty.
Ce dernier avait promis - entre autres - d'engager 12 milliards pour des dépenses d'infrastructures et 8,3 milliards pour l'amélioration des compétences et la formation professionnelle. Combien pour la région?
Ce vide économique, il a été déploré ces derniers jours par Jacques Lyrette, un ancien sous-ministre adjoint au fédéral qui agit aujourd'hui comme vice-président de Développement économique Gatineau. Dans notre édition de vendredi, ce dernier se désolait qu'à Gatineau, «on n'a pas de vision et on ne met pas assez de pression sur le gouvernement fédéral».
La manne
Au cours des dernières semaines, le fédéral a annoncé - ou rappelé - une série d'investissements majeurs pour la capitale. Le jour même où le cri du coeur de M.Lyrette était publié dans LeDroit, c'était le palier municipal à Ottawa qui recevait une autre manne: pas moins de 375 millions de dollars pour payer des infrastructures, comme le prolongement du Transitway, de nouvelles pistes cyclables ou des trottoirs... Le mois dernier, le fédéral contribuait 4 millions des 18 millions de dollars nécessaires pour le futur Centre des métiers de La Cité collégiale, à Orléans, dont la construction doit commencer ces jours-ci. Une école équivalente, mais en anglais et rattachée au collège Algonquin, a reçu en avril 35 millions du fédéral. Les universités d'Ottawa et Carleton ont eu des engagements de 30 et 26 millions, respectivement.
Le vide
Pendant ce temps, en Outaouais, rien ne bouge, à l'exception de ce qui n'avait pas déjà été prévu l'an dernier, ou qui n'est pas payé par Québec et les contribuables gatinois.
Lawrence Cannon, représentant de l'Outaouais au conseil des ministres, a laissé entendre le mois dernier que des dossiers progressent. En marge du congrès de l'Union des municipalités du Québec, qui se tenait à Gatineau, il avait été évasif lorsque confronté à la grogne des maires face à la lenteur bureaucratique. «L'argent du fédéral descend. (La preuve), regardez les chantiers de construction à Ottawa...», avait-il lancé.
Hier, son collègue John Baird a été un peu plus clair. Il a laissé entendre qu'une vague d'annonces sera faite dans les prochains jours. «C'est essentiel de faire de bons investissements des deux côtés de la rivière», a-t-il confié.
Si cela se concrétise, ce sera un bon départ. Et il faut espérer qu'il y aura, en marge du béton, des projets qui créeront des emplois sur plusieurs années en Outaouais québécois. Il y a quelques années, la région salivait à l'idée d'accueillir le Musée des sciences et de la technologie, toujours à l'étroit dans ses locaux vétustes. L'idée avait été mise de côté faute d'argent. Le fruit est peut-être plus mûr maintenant. Gatineau a aussi des espaces dans ce qui devait être un parc technologique,: ils pourraient servir de base à de futurs laboratoires de recherche, encore tous regroupés à Ottawa.
Le fédéral n'a pas doté l'Outaouais d'installation majeure depuis le Musée des civilisations, il y a 20 ans. Entre-temps, on en revient toujours à la même querelle sur la part de 25% de la fonction publique fédérale qui devrait oeuvrer en Outaouais.
Et si la région osait penser au-delà de ce débat pour réclamer sa part d'activité économique à réelle valeur ajoutée, question de meubler le vide entre les tours à bureaux?










