Saint-Paul-Le deuil

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Pierre Bergeron
Le Droit

C'est un trou béant dans notre histoire, un vide dans notre mémoire collective que l'on ne pourra combler! Les mots nous manquent pour qualifier la perte immense de l'église Saint-Paul d'Aylmer à la suite d'un incendie d'origine criminelle.

Tragiquement, le feu a fait partie de l'histoire de l'église Saint-Paul puisqu'elle a déjà été détruite ou endommagée à deux reprises en 1892 et en 1904 pour renaître de ses cendres, une "résurrection" peu probable sous sa forme d'origine après la tragédie d'hier.

En effet, la perte est d'autant plus grande qu'il est impensable d'envisager une reconstruction qui respecterait la place qu'occupait l'église Saint-Paul, non seulement pour sa communauté chrétienne, mais également pour les milliers de citoyens de la région qui ont assisté à de nombreux concert dans cette enceinte magnifique.

C'est quand frappe un sort aussi cruel qu'on réalise l'extrême fragilité de notre patrimoine et l'importance de le protéger avec toute la vigueur nécessaire. Que ce soit par le feu, par la négligence, par l'insouciance, par l'oubli ou par la désuétude, nombre de nos monuments ou de nos édifices à caractère patrimonial subissent à tous les jours l'assaut du temps, des circonstances et des changements de priorités. Ce n'est donc pas pour rien que se lèvent des défenseurs pour nous faire réaliser jusqu'à quel point notre histoire est inscrite dans la brique et le mortier, dans sa grande fragilité.

L'incendie de l'église Saint-Paul, c'est aussi la perte d'une tapisserie unique, controversée et spectaculaire, "La résurrection", de l'artiste René Derouin, commandée entre autres par Frédéric Back et André Robitaille, pour marquer la rénovation de l'église en 1967 dans la mouvance de Vatican II. Cette tapisserie murale fut restaurée en 2000.

Aujourd'hui, il ne nous reste qu'une carcasse, des cendres et des souvenirs émus pour vivre notre deuil, un deuil de foi, d'histoire, de musique et de création, un lieu de culte et de supplément d'âme.

CHUMs informatiques

On a peine à s'imaginer la complexité et les défis que représente l'informatisation des dossiers médicaux. Tant au Québec qu'en Ontario, on ne pourra cependant échapper à des projets pharaoniques dont dépendent l'efficacité et la qualité de nos systèmes de soins de santé. Quant à la facture, il semble bien que celle du registre fédéral des armes à feu, de triste mémoire, ne subira aucune comparaison.Le projet Cybersanté Ontario s'est retrouvé catapulté à l'avant-scène lorsque sa pdg Sarah Kramer a été démise de ses fonctions pour des dépenses et des pratiques administratives douteuses. De son côté, le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, a dit douter "fort, fort, fort" que le Québec respectera l'envergure de son projet initial en nombre d'utilisateurs, ses échéanciers de quatre ans, déjà reportés de 2010 à 2011, ainsi que ses budgets de préparation, d'implantation et d'exploitation.

En Ontario, le Conseil de la qualité des services de santé note dans son dernier rapport annuel que les déboires de Cybersanté minent la confiance des citoyens dans le système de santé. Selon le Conseil, "l'utilisation insuffisante de la technologie est l'un des plus gros obstacles à la qualité des soins." Par exemple, en Ontario, un médecin de famille sur quatre dispose de dossiers médicaux électroniques contre 50% en Alberta, 89% au Royaume-Uni et 98% aux Pays-Bas. Qui plus est, aucun hôpital ontarien ne possède un système de technologies de l'information entièrement intégré et moins de 20% des hôpitaux peuvent communiquer électroniquement l'information aux médecins ou aux organismes de la communauté.

L'an dernier, le vérificateur général du Québec a fait 12 recommandations au gouvernement pour améliorer la gestion du Dossier de santé du Québec. Sept des douze recommandations n'ont pas encore été appliquées.

Tant à Québec qu'à Toronto, il semble bien que les obstacles ne soient pas que médicaux, administratifs, technologiques ou financiers mais également politiques. Pendant ce temps, les retards accumulés et les obstacles de toutes sortes ne font que creuser le fossé informatique dans lequel nous sommes enlisés. Ils ralentissent d'autant notre capacité d'améliorer nos systèmes de santé.

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