Partisanerie excessive

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Pierre Jury
Le Droit

La politique fédérale souffre d'un excès de partisanerie, accuse Preston Manning. Nous ne pourrions être plus d'accord avec l'ancien chef du Reform Party.

Aujourd'hui à la tête d'un centre de réflexion sur la démocratie, M. Manning a livré ce verdict en guise de bilan de la dernière saison à la Chambre des communes. Après l'élection de septembre 2008, le gouvernement Harper s'est retrouvé vacillant après un Énoncé économique provocateur. Il a failli perdre le pouvoir aux mains d'une coalition presque contre-nature entre les trois autres partis (libéraux, néo-démocrates et bloquistes) et a été sauvé à la cloche par la gouverneure générale Michaëlle Jean. A suivi un budget pas du tout « conservateur » avec des dizaines de milliards $ en stimuli économiques, puis une spirale de déficits. Le sprint final a failli jeter le pays dans une nouvelle élection fédérale au début de l'été.

Les débats parlementaires, comme le soulignait M. Manning dans le Globe and Mail de jeudi, ont été acrimonieux. La période de questions, la partie la plus visible du travail parlementaire, est le théâtre d'échanges bien inélégants. L'ancien politicien propose aux élus une nouvelle ère de collaboration. Il avise qu'il « y a des limites à la partisanerie ». Dès qu'ils se lèvent en Chambre, les élus doivent faire des efforts pour ignorer les railleries de leurs adversaires.

Les conservateurs semblent particulièrement actifs à ce niveau ces années-ci et M. Manning ferait bien d'utiliser son ascendant sur Stephen Harper pour qu'il corrige le tir, lui et ses collègues.

Mais ils n'ont pas le monopole de la mauvaise conduite. À l'époque du gouvernement Mulroney, les libéraux du Rat Pack étaient les mauvaises langues des Communes.

Les élus de toutes les couleurs politiques qui ont recours aux insultes et aux invectives se reconnaîtront. Leurs chefs devraient être capables de les remettre à l'ordre. À défaut, le président de la Chambre ne devrait pas hésiter à les expulser pour conduite répréhensible à un élu.

Là où M. Manning erre, c'est lorsqu'il place une part de la responsabilité de ce manque de civisme sur les épaules des médias. Grosso modo, les médias reflètent l'actualité parlementaire avec justesse. S'ils ne parlent pas assez des nouvelles lois, peut-être que le gouvernement pourrait mieux les présenter aux Canadiens ? Peut-être est-ce qu'ils sont passablement occupés à traiter de toutes les bisbilles et les intrigues de couloir qui entourent le travail du Parlement ?

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