Deux journées qui annoncent l'amorce d'un dégel entre les dirigeants des États-Unis et de la Russie et qui, à ce titre, ont sans doute plus d'importance pour l'humanité que les hommages excessifs au roi de la pop.
Les deux pays se sont d'abord entendus pour réduire de 25% leur arsenal nucléaire (offensif et défensif) et de signer un traité à cet effet. Cette réduction aura à la fois un effet pratique et symbolique. En détruisant à court terme des centaines d'ogives nucléaires, Moscou et Washington signalent leur intention d'atténuer la menace nucléaire... et donnent l'exemple. Ce message est bien sûr destiné à l'ensemble de la planète, mais on ne peut s'empêcher de penser qu'il vise de façon plus spécifique l'Iran et la Corée du Nord, pays instables avec un appétit nucléaire vorace.
Les deux présidents ont accepté de procéder à une évaluation conjointe de toute menace nucléaire iranienne. Même en dépit du désaccord persistant sur l'installation éventuelle de missiles américains en Europe de l'Est, le président Medvedev a convenu avec M.Obama de la nécessité de contrer les «tendances négatives» en Corée du Nord et en Iran. La Russie, a-t-il dit, est prête à s'y engager. De son côté, le président américain a réitéré sa promesse de ratifier le Traité d'interdiction complète des essais nucléaires des Nations unies, en suspens depuis 1996. Il réévalue aussi la pertinence du bouclier antimissile en Europe de l'Est, un projet hérité de Bush.
Un franc succès
Mais au-delà de la réduction de l'arsenal et d'un effort conjoint pour contrer la prolifération des armes nucléaires, et en dépit d'échanges sans doute musclés sur les droits de la personne et la situation en Géorgie, le sommet Obama-Medvedev-Poutine aura permis aux dirigeants américain et russes de forger des relations personnelles plus amicales. Au lieu du ton froid, voire hostile, auquel on a été habitué ces derniers mois, MM.Medvedev et Obama ont paru souriants, se vouant l'un et l'autre un respect chaleureux. Les rapports personnels entre chefs d'État ont souvent autant d'importance que la substance des pourparlers. Si le dégel des relations entre MM.Obama, Medvedev et Poutine devait être le seul résultat du sommet, on pourrait tout de même parler de franc succès.
Il y a pourtant fort à parier que ce sommet ne sera pas la première manchette des médias. Après tout, l'hommage à Michael Jackson a été suivi par le cinquième de la planète!
Devant le roi de la pop, faut-il croire, même les présidents s'inclinent.
Femme et laïque
La nomination de MmeChantal Beauvais au poste de rectrice de l'Université Saint-Paul constitue à n'en pas douter un tournant dans l'histoire de cette institution universitaire catholique. Ces dernières années, l'Université Saint-Paul s'est distinguée par la création de programmes d'études avant-gardistes, tels l'éthique publique et l'étude des conflits. MmeBeauvais est elle-même experte en éthique et a présidé le Comité d'éthique de la recherche au Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG).
Son parcours de vie, comme femme et laïque, n'est pas le même que celui des prêtres et religieux qui l'ont précédée au poste de recteur, même si elle partage avec eux un ensemble de valeurs. Cette nomination fort heureuse s'inspire de l'esprit du concile Vatican II, qui souhaitait une plus grande collaboration avec les laïques.
Elle fait cependant, sans le vouloir, ressortir une contradiction dans cette Église qui accepte, d'un côté, de confier à une femme les rênes d'une institution de haut savoir mais qui, de l'autre, refuserait à cette même femme le droit d'accéder à la prêtrise et d'administrer une paroisse.











