L'homme des Affaires étrangères

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Pierre Bergeron
Le Droit

L'Outaouais québécois n'a pas à rougir de la présence du député de Pontiac, Lawrence Cannon, au plus haut échelon de la politique étrangère canadienne. En voyant le ministre Cannon aux commandes des Affaires étrangères, on oublie vite qu'il a succédé à Maxime Bernier, dont le passage a été davantage marqué par les potins mondains que par le rôle du Canada sur la scène internationale.

Heureusement moins flamboyant et moins superficiel que son prédécesseur, Lawrence Cannon apporte à cette fonction capitale une crédibilité, une affabilité et un sérieux qui témoignent de la place essentielle ainsi que de la réputation du Canada dans le concert des nations. En rencontre éditoriale avec LeDroit, Lawrence Cannon projette l'image d'un politicien aguerri, bien au courant de ses dossiers et conscient des défis à relever pour que le Canada reprenne du galon.

Or, comme la priorité des grands forums internationaux va à l'économie et à l'environnement, il ne faut pas s'étonner de voir d'autres ministres tenir avec Stephen Harper le haut du pavé comme le ministre Jim Prentice au sommet du G-8 à L'Aquila.

Depuis son arrivée aux Affaires étrangères, Lawrence Cannon a assisté à l'effondrement et aux efforts de relance de l'économie mondiale ainsi qu'à l'élection de Barack Obama. Il faut se rendre à l'évidence que le Canada n'est plus un joueur mineur et privilégié parmi les grands du G-8, mais un des nombreux acteurs qui ont place dans les grands forums internationaux. Ainsi, à L'Aquila, le G-8 s'est adjoint le G5 formé du Brésil, de la Chine, de l'Inde, du Mexique et de l'Afrique sud. On voit de plus en plus l'émergence du G-20 comme plateforme des discussions entre les principales économies de la planète, sans oublier les grandes organisations internationales dont, entre autres, l'ONU, la Banque mondiale et l'Organisation mondiale du commerce.

Il ne faut donc pas s'étonner que le Canada ne puisse se démarquer tant la scène est occupée par d'autres acteurs de premier plan. Les priorités de Lawrence Cannon portent essentiellement sur nos relations privilégiées avec les États-Unis et leur nouvelle administration, l'axe des Amériques, notre coûteuse et complexe présence en Afghanistan ainsi que l'affirmation de notre présence dans l'Arctique. Il est difficile d'y trouver un fil conducteur. Le ministre précise que notre rôle en Afghanistan contribue largement à fixer l'image du Canada comme peace builder plutôt que peace keeper. La formule est habile et défendable, mais les résultats concrets ne sont pas à la mesure des sacrifices et des ressources pour y parvenir. Quant à nos relations avec les États-Unis, elles sont dictées par l'arrivée d'une nouvelle administration plus pragmatique qu'idéologiqueau sein de la quelle Harper et Canon trouvent en Obama et Clinton des vis-à-vis et des partenaires aguerris qui jouissent d'un mandat très clair, chose beaucoup moins évidente de ce côté-ci de la frontière.

Lawrence Cannon ne croit pas que le Canada ait perdu de son influence sur la scène internationale. Peut-être. Du poids ? Sans doute.

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