Chacun sortira sa petite auréole d'occasion et promettra, la main sur le coeur, de codifier et de respecter les plus hautes normes d'intégrité. Et l'immense majorité tiendra parole. Pourtant, le public demeurera méfiant. Pour bien des gens, politique demeurera un mot sale.
Le problème reste, et restera toujours le même. Comment doit-on s'y prendre pour faire respecter les normes d'éthique sur lesquelles nos élus finiront bien par s'entendre? Les lois ont plus de dents. Toute violation devient un délit dont les tribunaux peuvent être saisis, et les contrevenants encourent des peines... de l'amende à l'emprisonnement. L'éthique, pour sa part, met davantage en jeu des valeurs et des nuances, des zones grises qui laissent beaucoup de place à l'interprétation.
Un rapport intéressant
À cet égard, le Groupe de travail sur l'éthique en milieu municipal dirigé par Florent Gagné a fait du bon boulot. Dans son rapport remis mardi, il formule une vingtaine de recommandations qui permettront d'abord aux municipalités et au gouvernement du Québec d'entreprendre un débat de fond sur la forme que pourraient prendre les codes d'éthique et les moyens de les faire respecter.
Si le ministre donne son aval à ces recommandations, Québec et les municipalités, y compris celles de l'Outaouais, devront envisager d'adopter des codes d'éthique qui guideront le comportement et les actions des élus avant, durant et après leurs mandats. Les membres des conseils recevront une formation en éthique et devront prêter serment de se conformer au code d'éthique. Quant aux grandes villes on inclut ici Gatineau , elles devront nommer un commissaire à l'éthique.
Le Groupe de travail demande aussi aux élus de déclarer leurs intérêts personnels et ceux de leur famille, propose d'interdire à un ancien conseiller municipal de tirer un profit indu de ses fonctions antérieures, et d'obliger les entreprises liées par contrat à une municipalité à respecter elle aussi le code d'éthique en vigueur.
Les gens de Montréal se sentiront particulièrement visés, sans doute avec raison, mais Gatineau et les MRC environnantes pourront aussi en tirer des leçons.
Ce rapport fait ce qu'il devait faire. Il trace les grandes lignes d'un cadre au sein duquel le dossier pourra progresser. Il démarre une discussion qui mènera à l'adoption de codes d'éthique un peu partout au Québec.
Le rapport parle peu de sanctions en cas de violation, et peut-être est-ce bien ainsi. Le sujet reviendra sur la table avant la fin du débat.
Une chose est sûre, cependant: sans normes, sans châtiments, la confiance ne se rétablira pas de sitôt entre le public et ses élus.
Qui a raison ?
La décision d'imposer un visa aux Tchèques et aux Mexicains pour pouvoir visiter le Canada a soulevé un tollé en Europe.
Le Mexique reconnaît qu'un grand nombre de ses ressortissants ont profité de voyages de tourisme pour demander l'asile au Canada sans motif valable.
La République Tchèque, cependant, est furieuse. Prague a même rappelé son ambassadeur et saisi l'Union européenne du dossier. Qui a raison?
Il est vrai que les demandes de statut de réfugié par des visiteurs de ces deux pays ont beaucoup augmenté depuis quelques années, mais Ottawa devait-il agir ainsi?
Pourquoi avoir choisi le milieu de la saison touristique pour annoncer une telle mesure, alors que l'économie peine à se relever de la récession? Pourquoi ne pas avoir préparé le personnel des ambassades, apparemment débordé par un flot inattendu de demandes urgentes de visas?
Cette décision semble pour le moins improvisée.










