Les gouvernements supérieurs ont indiqué leur intérêt à venir en aide à la seule grande entreprise industrielle de la ville de Thurso. Le ministre Lawrence Cannon l'a répété hier et récemment, le député québécois de Papineau et ministre responsable de l'Outaouais, Norman MacMillan, tenait un discours similaire. Son gouvernement était prêt, disait-il, à mettre des millions de dollars sur la table, mais à certaines conditions: il faut connaître les besoins et surtout, les intentions de Papiers Fraser.
On peut comprendre la réticence de Québec à subventionner l'usine de Thurso à coup de millions sans savoir si elle sera toujours ouverte dans six mois ou un an. On parle ces jours-ci d'une possible entente avec Hydro-Québec pour la construction et l'exploitation d'une usine de cogénération d'électricité à proximité de l'usine de pâte, mais ce projet s'envolera en vapeur si Papiers Fraser ferme l'usine pour de bon. Le silence actuel de l'entreprise, notamment après les concessions syndicales, est difficile à comprendre.
Un communiqué de la direction, une déclaration du président Peter Gordon, un signe de reconnaissance quelconque aurait été de mise dans les circonstances. Personne ne demande à Papiers Fraser de divulguer la teneur de ses tractations secrètes avec les gouvernements et ses créanciers (dont elle est protégée jusqu'en octobre), mais on aurait pu, tout au moins, saluer publiquement l'effort substantiel des employés syndiqués.
Les rumeurs veulent que Papiers Fraser cherche un acheteur ou un copropriétaire pour son usine de Thurso. Qu'en est-il? Rien n'a transpiré à ce sujet des bureaux du siège social, à Toronto. Le moins qu'on puisse dire, c'est que cette multinationale n'est pas douée pour les communications. Sait-on, dans la métropole ontarienne, ce que cette usine et ces emplois représentent pour la communauté de Thurso? Et s'ils le savent, en sont-ils préoccupés? Nous ne sommes plus à l'époque de McLaren, alors que l'entreprise avait pignon sur rue en Outaouais et se sentait davantage impliquée dans la communauté.
Les temps sont durs, et les papetières en arrachent. Personne ne le nie. Mais Papier Fraser peut désormais compter sur un apport important des employés et espérer un engagement financier appréciable de Québec et d'Ottawa. En attendant une reprise de l'économie, qui devrait s'amorcer d'ici la fin de l'année, disent les économistes, Papiers Fraser est en mesure de bénéficier d'appuis substantiels presque immédiats. Y a-t-il lueur d'espoir?
Encaisser l'erreur
Hydro-Québec a réalisé des profits de plus de 3 milliards de dollars l'an dernier. Le président-directeur général de la Société d'État a gagné à lui seul plus de 500 000$ en 2008. Personne ne s'en offusque. Au contraire, tous se réjouissent de l'apport financier d'Hydro-Québec aux coffres de l'État. Mais avec de tels revenus, l'entreprise publique a certainement les moyens d'encaisser ses erreurs de facturation auprès de sa clientèle.
Quelque 120 000 usagers sont aux prises avec une facture inattendue, dépassant parfois le seuil des 1000$, parce qu'Hydro-Québec a sous-estimé leur consommation d'électricité. Il s'agirait, dit-on, d'une erreur du système informatique de la Société d'État. Certains clients ont même signalé à Hydro-Québec leurs soupçons quant aux factures, mais rien n'a été corrigé. Et à la fin, vlan! Payez-nous, puisque vous avez consommé l'électricité.
Si un commerce vend des articles à un prix inférieur par erreur, il ne va pas sonner à la porte du client pour lui réclamer la différence. Il assume sa faute et le client a droit, pour cette fois, à une aubaine. Hydro-Québec devrait obéir aux mêmes règles.










