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Pierre Allard
Le Droit

Le mépris et l'ignorance des lois et règlements doublés d'un manque flagrant de bon sens continuent de menacer la vie des conducteurs, passagers et passants sur les routes, rivières et lacs du pays.

Après les nombreux cyclistes fauchés à Ottawa et à Gatineau ces dernières semaines, après les deux victimes de surf de voiture au Québec et les innombrables accidents rapportés par les médias, rien ne semble avoir changé. Les rues et les voies navigables demeurent aussi dangereuses qu'avant.

 

La police de Gatineau en a fait l'expérience en fin de semaine sur la rivière Gatineau. Plusieurs plaisanciers conduisent leur bateau à une vitesse excessive, même au bord des quais, et s'aventurent avec un équipement de sécurité déficient. Quand ils aperçoivent une patrouille policière, ils ralentissent avant d'appuyer de nouveau sur l'accélérateur comme sur les routes. Et il y a fort à parier que bien des gens qui écopent de contraventions sont surtout malheureux d'avoir été pincés. Ils n'ont pas de remords.

De dangereux comportements

Dès que la voie semble libre, dès qu'il n'y a plus de policiers en vue, tout semble permis à certains conducteurs. Combien de fois avez-vous traversé un feu jaune et constaté que les trois voitures derrière vous avaient foncé sur le feu rouge? Combien de fois avez-vous vu des idiots faire fi d'un panneau d'arrêt, avant de frôler un piéton ou de couper la voie à une voiture qui avait droit de passage? Combien de fois, à 100km/h sur l'autoroute, avez-vous vu une voiture vous dépasser à 140 ou 150km/h? Combien de fois avez-vous vu des jeunes d'à peine 14 ans sur des cyclomoteurs, sans protection ni permis, zigzaguer à toute vitesse dans des quartiers résidentiels? Ou conduire des VTT sur des routes de campagne, dans l'illégalité la plus complète?

Selon Jean-Marie de Koninck, président de la Table québécoise de la sécurité routière, commentant les accidents de surf de voiture (des jeunes sur le capot ou le toit d'une voiture en mouvement), les parents sont les premiers concernés. Qu'il s'agisse de cascades dangereuses ou de simple conduite, les jeunes observent les parents et ont tendance à reproduire leurs comportements. À en juger par la façon dont des milliers de parents se comportent présentement, l'avenir nous réserve d'innombrables victimes.

Que faut-il faire? De l'éducation? Bien sûr, particulièrement auprès des jeunes qui n'ont pas encore pris de plis permanents. De la répression? Sans doute. Les amendes et, à la limite, des peines de prison ont un effet certain, du moins pour ceux et celles qui en écopent. Mais les campagnes de sensibilisation et opérations policières ne toucheront toujours qu'une minorité de conducteurs et on risque de prêcher aux convertis.

Au fond, le meilleur conseil qu'on puisse donner au public sensé, c'est de conduire défensivement. Il y a des fous sur les routes et les rivières, et personne ne peut vraiment les arrêter...

Assez de victimes

Plus de 125 braves soldats canadiens sont morts depuis que le Canada participe aux opérations de protection et de combat dans les zones plus dangereuses de l'Afghanistan. Ils ont toute notre admiration, comme les quelque 2800 membres du contingent canadien.

Le problème demeure le même, cependant: pourquoi sommes-nous là? Pourquoi acceptons-nous de sacrifier des vies canadiennes dans cette lointaine contrée où, selon les dirigeants mêmes de nos forces armées, aucune victoire n'est possible dans les délais que nous nous sommes fixés?

En 20l1, quand nos troupes doivent en principe rentrer au pays, l'entraînement des forces afghanes de remplacement ne sera même pas terminé. Le sera-t-il jamais, de fait?

Combien de morts additionnelles aurons-nous à déplorer d'ici deux ans? 50? 100? Plus? À quoi serviront toutes ces victimes?

Si leur présence permettait d'atteindre quelque but ou servait un idéal démocratique réel, passe encore. On pourrait patienter, même après 2011.

Mais ce n'est pas le cas et les Canadiens voient clair.

 

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