Malheureusement, certains d'entre eux rêvent de poursuivre leur séjour hors de la Chambre des communes en participant à une campagne électorale fédérale.
Une campagne comme le Canada a connu il y a moins d'un an, soldée par un autre gouvernement minoritaire pour les conservateurs de Stephen Harper.
Beaucoup d'eau a quand même coulé sous les ponts depuis et si certains croient qu'il est temps de défaire le gouvernement Harper, ils n'ont aucune raison valable de le faire, hormis le fait que des libéraux trépignent d'envie d'en découdre avec leurs adversaires. Mais une querelle politique pour régler quoi ? Pour faire quelle différence ?
Nous commençons à peine à réaliser combien le Parti libéral du Canada était enfoncé dans un gouffre paralysant au sortir d'une décennie sous Jean Chrétien. Ébranlé par l'héritage d'un scandale des commandites, Paul Martin n'a pu se faire justice. Et quand il a fallu lui trouver un successeur, le parti a eu peur comme la peste de se déchirer dans une autre dichotomie entre Michael Ignatieff et Bob Rae.
Il a ainsi choisi Stéphane Dion, chef timide rendu eunuque par les désastreuses finances du parti. Jamais il n'a pu agir avec force et menacer les bleus de déclencher une élection.
Il bluffait toujours et M. Harper le savait.
C'est ce dernier qui a forcé l'élection en octobre 2008, ce qui a vite fait d'écarter M. Dion des rênes du Parti libéral. Michael Ignatieff lui a succédé et redressé les finances du PLC. Depuis, il veut affirmer son autorité. Il est las d'appuyer les politiques conservatrices... craignant de passer pour un pleutre comme M. Dion. Le désir d'une élection automnale de M. Ignatieff relève donc un peu d'une simple question d'hormones mâles en mal de jeter les gants dans l'arène intellectuelle des élections.
(Les deux autres partis aux Communes, le Nouveau parti démocratique et le Bloc québécois, ont toujours voté contre les conservateurs et sont prêts à le faire encore. Comme il faut que les trois partis d'opposition votent contre le gouvernement pour le battre, personne ne veut passer pour celui qui aurait permis la survie des conservateurs.)
Une querelle inutile
Alors hormis les hormones, pourquoi aller en élection ? Pour abaisser à 360 heures le niveau d'accessibilité à l'assurance-emploi, comme le proposent les libéraux ? Ce n'est pas là un motif suffisant de déclencher des élections. Parce que les conservateurs trahissent les valeurs canadiennes en laissant croupir Omar Khadr dans la prison américaine de Guantanamo ? Peut-être, mais ce n'est encore qu'accessoire. Comme ce projet d'un train ultrarapide entre Québec et Windsor ? Parce que le déficit atteindra des records sous cette administration conservatrice qui se vantait de savoir mieux gérer que tous ?
LÃ , on se rapproche d'une bonne raison de changer de cap.
Il est sûr qu'un déficit de 50 milliards de dollars, alors que le ministre des Finances Jim Flaherty parlait encore de surplus budgétaires l'automne dernier, ça frise l'incompétence ou l'aveuglement. Mais la crise économique, au Canada du moins, se résorbe. Les dépenses des particuliers sont en hausse. Il n'y a que la récession aux États-Unis qui freine une reprise plus vigoureuse chez nous. Les conservateurs soutiendront que si nous nous en tirons bien en comparaison avec nos voisins du sud, c'est grâce à leur dernier budget, aux dépenses d'infrastructures qui étaient incluses, et aux milliards qu'ils ont distribués à l'industrie automobile.
Le hic pour Michael Ignatieff et ses libéraux, c'est qu'ils étaient d'accord avec le budget Flaherty et que le leur n'aurait pas été différent.
Que pourraient-ils dire de plus qui convaincrait l'électeur ? Sur quel enjeu galvaniser l'opinion publique ? Franchement, nous n'en voyons pas.
À défaut de quoi, il faut conclure qu'une élection automnale n'est pas nécessaire, voire superflue. À moins que les choses changent drastiquement...











